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MEYERBEER

ET LE P iRDON DE PLOERMEL

Le PI ' esl une délicieuse

peinture de la Bretagne Faite par un juif allemand venu toul exprèsde Berlin, pour Levpr, à sa façon, le plan en relief de cette province. C'est le privilège du génie de supprimer ainsi, par sa seule force de projection, tous les obstacles de nationalité qui semblent s'opposer à ses pacifiques eonquêtes. El qui, plus que Ueyerbeer, a jamais joui de cette souveraine faculté de l'assimilation?

GvX\' à Meyerbeer, la Bretagne n'attendit pas longtemps son musicien. Le Pardon de Pl<>

; e^t du l avril 1859, et la découverte de la Bretagne ne date guère que de 1830. Elle fit irruption dans les arts avec le romantisme.

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Auparavant, je ae sais quelle fée maligne avait élevé entre elle et le reste de la France une sorte de muraille de la Chine infranchissable. (Et laissez-moi vous dire, à propos de cette dernière muraille, qu'elle n'esl point en porcelaine, comme M. Jouvin l'a prétendu.) Mme de Se vigne, qui >c piquait d'aimer la nature, s'intéressait aux ch delà Bretagne; mais la génération pour laquelle elle écrivait ne comprit pas ce goût, qui parut entaché de bizarrerie. Se figure -t-on Versailles échouant au milieu du pays de Cornouaille-, avec son bagage mythologique? Non, cela eût manqué de gazons découpés, d'ifs taillés en brosse, de cascades écumant artificiellement sous les Tritons et les Neptunes barbus. On eût envoyé Le Notre en avant pour civiliser le terrain.

Au commencement de ce siècle, la pompeuse personnalité de Chateaubriand pénétra dans les sphères officielles, comme un reflet des fidélités bretonnes. Le passé que défendait Chateaubriand avait pourtant coûté cher au coin de terre où il était né! Jusqu'ici, la Bretagne ne se dessine point comme un élément du beau. Gendrillon se tient coite près de l'àtre, en tète à tète avec le grillon domestique, triste, douce, résignée, jusqu'au jour où la fantaisie des artistes et des poètes la chaussera de la pantoufle de verre.

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i vers 1830, poui e (i mtinuer ju qi jours, que ta circulation intellectuelle entre la Bretagne el le tronc gauloi . avec lequel elle Bemblail jouer i la bra nche morte. A Ira les acres el lourds parfums du \i\r siècle, une fraîche odeur de genôl bénil se fraj a pa précédant la marche d'une poétique nouvelle, d' un caractère intime el pénétrant. Comme on voil ces lies flottantes qui descendent, toutes fleuries, .m ni de l'eau des Amazones, on \ii la vieille Axmorique rompe,' avec ses assises de granil i I entreprendre son tour de France.

Pensive, elle \ inl s'asseoir au chevel du p el du romancier, elle vint s'accouder au ch du peintre.

Son ombre se projette sur la philosophie. Lamennais, son enfantj s'échappe des fourrés du mysticisme catholique et gagne les clairières de la libre pensée. Moins hardi que lui, Maurice de Guérin n'emporte de son séjour à la Ghesna que des croyances confuses, partagées par sa sœur Eugénie.

Brizeux, le doux poète, chante, dans ses vers tout embaumés des senteurs de la lande, le bon curé d'Arzanno, le bois de Ker-Malô, le moulin du Teir, le limpide courant du Scorff: puis le voici qui conte ses printanières amours dans son tendre

poème <l»1 Marie, plein d'ébats dans les bruyères cl de rendez-vous oîi l'on ne se dit rien, près des ponts, sous les bouleau*, derrière les pierres, partout. Dan- sa rustique épopée des Bretons, il rimera les émotions de la veillée, les hasards de la récolte, les travaux d'automne, les fileries des Rieuses et les jeux des lutteurs. Le souvenir de son pays le poursuit, énergique et vivace, à travers les bruits du grand Paris; il se mêle impérieusement aux impressions de son voyage d'Italie. Un autre Breton, La Morvonnais, trouvera, lui aussi, des accents émus à la suite de Brizeux. Ceux-ci, comme Jules Janin et Pitre-Chevalier, écriront l'histoire pittoresque de la Bretagne; ceux-là, comme Emile Souvestre et La Villemarqué, étudieront ses coutumes curieuses et réuniront ses chants populaires. Un inconnu d'alors, Corentin Féval, qui deviendra Paul Féval, commencera sa réputation de conteur par des scènes de la vie bretonne que ses longs romans de cape et d'épée n'ont pas fait oublier.

Du livre, la Bretagne saute à pieds joints sur la toile. Une petite pièce de Brizeux, le Paysagiste, marque bien l'étonnement que causèrent, parmi les gars de sa commune, les premiers rapins qui violèrent l'entrée du paysage breton.

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i » in i le clocher et le dou* crois de pi< i Bi bien que le clocher, quoique rap I But "m papier maudil Bemblait avoii

>n prudent , Mel m approche

u'ii.i tout entier bous une grande roche, Puis, comme un écureuil, sautillant dans V - bo

II monta sur un chône en criant : Je \ \

Ce peintre était Eugèm Guieysse. Au fond, il Bfappelai< Légion. 11 précédait Adolphe Leieux, qui engendra Luminais, qui engendra Fortin, qui engendra Penguilly l'Haridon, qui engendra Guéranl, Fischer, Gustave Brion, Yan d'Argent, Jules N >ôl... la légion des Bretons bretonnants enfin! Ce fui alors une enrégimentation de moissonneurs et de faucheurs, de sonneurs de cornemuse et de bombarde, de lutteurs et de joueurs de boules; un interminable défilé de foires tumultueuses, de cabarets enfumés, de noces arrosées de genièvre et de cidre, tout cela croisé par des fêtes paroissiales, des enterrements déjeunes lilles, des pèlerinages aux bonnes Vierges, des haltes à la porte des églises, des communions en masse et des ports de viatique.

Pendant un bon tiers de ce siècle, le Finistère

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et le Morbihan ont gémi son- Le talon des peintre-. Ils Boni passés à l'état d'articles de mode. Une fois, Paul de Saint-Victor s'esl fâché tout rouge contre cette tyrannie du pinceau, contre

Cette canalisation de la nature. Mais en vain.

Meyerbeer, à son tour, arracha la Bretagne de sa couche virginale, et la transporta, palpitante, sur la scène.

Ce fut comme un viol. Nul compositeur, avant lui, n'avait seulement frôlé cette fleur sauvage. Il la prit tout d'un coup et tout entière.

Meyerbeer préméditait l'audace; ses coups de main étaient calculés pendant dix ans. Il y avait de la stratégie dans l'élaboration de ses idées. Il se lançait dans un sujet, non comme dans une aventure, mais comme dans une expédition loin-; taine, où l'intendance militait autant qu'un régiment.

Quand il composa le Pardon de Ploërmel, il était las de l'épopée lyrique, et voulait se retremper dans le drame champêtre. Il mena Pégase au vert. Non que Pégase se sentit fourbu ! — mais l'herbe drue le tentait. George Sand s'est traitée de même avec la Petite Fadette, la Mare au Diable et François le Champi, qu'elle s'imposa comme une villégiature de l'esprit.

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Depui i 1851, Mej erbeer i ecbercbail y< ilonl l.i solitude. Ses détracteur i edoublaienl d< le n ce Ceux d*AJlemagn6 rai aienj mi honti écho ;i ceux de Fram

Voici ce que Richard Wagner, le commensal et ' l'ami de Louis de Bavière, écrivait ajoi Meyerbeer, dans une \'<>\\e diatribe dirigée conl les compositeurs juifs en général. Comme maraud de lettres parle des dieux ■

i La faculté de tromper est si grand

artiste, qu'il \pe lui-même } el peut-être

veut-il aussi bien par rapport à lui-même que p rapport au public. Nous croyons, en effet, «pi voudrait bien créer des œuvres d'art et qu'ti mit qu il n'est pas en '-fat de le faire ; pour sortir de ce pénible conflit contre sa faculté et sa volonté, il compose des opéras pour Paris e1 les l'ait ex cuterdans les autres pays, — ce qui est de nos jours le moyen le plus sur d'acquérir la gloire d'artiste suis être artiste. Quand nous le voyons ainsi accablé par la peine qu'il se donne pour se tromper lui-même, il nous apparaît presque comme un personnage tragique ; mais il y a chez lui trop d'intérêt personnel en jeu pour qu'il ne s'y mêle pas beaucoup de comique; d'ailleurs, le judaïsme qui règne dans les arts, et que ce

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compositeur représente dans la musique, se distingue surtout par son imÀ i de nous

émouvoir.*, et par le ridieul lui est inhé-

rent. » El dans un autre passage, en forme de conclusion : « Les éléments artistiques qui répondent à la nature du juif doivent donc, jusqu'à la trivialité et au ridicule, porterie caractère de la froideur et de ï 'indifférence , et nous sommes obligés de désigner la période du judaïsme dans l'art musical moderne comme celle de la plus complète impuissance de produire, de stabilité qui mène à la décadence Ht •»

Meyerbeer s'inquiéta peu de savoir à quelle congestion des méninges cérébrales il fallait attribuer les opinions singulières de Wagner, et passa outre. Le penseur avait peu à peu envahi le musicien. Ce qui le tuait, c'était le conflit de sa patience de philosophe et de ses révoltes d'artiste. Les médecins lui ordonnèrent le séjour de Spa. Il s'y rendait chaque année, et chaque année il s'y isolait déplus en plus, se recueillant, allant au-devant de la mélancolie.

Sa gloire était faite : Robert le Diable, les ffuguenots et le Prophète ceignaient son front d'une triple couronne. Par un phénomène commun à presque tous les grands génies, il revenait de

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lui même à s"M point de dépai I \ pi les Influences italiennes el fj polite se réveillai! toul i coup homme du Nord La tradition de Weber, qui avail nouri i l'enfant tressaillait encore une fois dans l'âme <lu vieillard. La nature, mère féconde el généreuse, reprit en lui son éternelle chanson, que le hasard avait interrompue.

Le Pardon de Ploërmel est 1*' Fre '• de Meyerbeer. C'est un Freischûf* à l'aquarelle.

Quel compositeur français eût pu imprimer au Pâ le Ploërmel un tel caractère de grandeur

et de simplicité'? Qui eût pu saisir sur le vif ai autant d'autorité cette magnifique couleur locale dont toute l'œuvre est empreinte? Qu'on cherche et qu'on réponde.

Originairement, le livret du Pardon de Ph mel n'avait qu'un acte. Le sujet, ainsi condensé, ne manquait pas d'une certaine originalité. Par malheur, Meyerbeer s'avisa de le trouver élastique.

Meyerbeer, en ménage avec ses collaborateurs, avait l'art souverain de tirer les couvertures à lui. Il savait dissimuler l'égoïsme du musicien et se donner des librettistes en pâture.

Séduit par les développements lyriques auxquels la petite pièce de MM. Carré el Barbier prêtait le flanc, il intervint dans le jeu des autour-, brouilla les cartes, biseauta, tricha èl fil perdre la

pailie à ses partenaires.

Le Pardon de Ploërmel, de MM. Carré et Barbier, était une idylle poussée au noir, une légende rustique enluminée à la litharge. Celui de Meyerbeer devient un drame quasi fantastique en trois actes, avec chèvre obligée, orage et torrent d'eau naturelle. Sur le tout broche un rôle comique. Un compatriote d'Hoffmann est passé par là.

L'intrigue du Pardon de Ploërmel est ténue comme un fil de la vierge. Sur cette base fragile, Meyerbeer a posé trop de choses : il Ta tendue outre mesure, en la surchargeant dehors-d'œuvre de son cru, et Ta rompue en mains endroits, Mais c'était un forceps que cet homme. Il fallait que tout cédât à sa volonté ! Par lui, ce qui était monotone a été rendu obscur; ce qui était obscur, merveilleux ; ce qui était merveilleux, inintelligible. Malgré les coupures faites par la direction actuelle de l'Opéra-Comique et la suppression complète de la scène du second acte entre Claude et Loïc, le Pardon est encore d'une longueur démesurée. Le monologue de Corentin dans sa

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chaumière, au premier acte, a été fail pour met) en relief le talent mimique de Sainte I Sainte-Foj manquant, le monologue i li-

dieux.

Les propos de Hofi] el <i«i Corentin, dam tout le cours de l'action, Bont, pour la plupart, Ino h rents et mal en poinl , .i<i laisse de i ftté les nombreuses invraisemblances dont ils sont sem< n'en veux relever qu'une, parce qu'elle va servir à l'intelligence du livret.

Boel, penché à une Fenêtre de la chaumière du cornemuseux Corentin, désigne du doigt la clbserie des Herbiers, en lui disant: o il y aura demain un an qu'elle était la proie des Bammes... C'est là qu'habitait le père de ma fiancée. Nous étions partis avant l'aube, entourés de nos amis et chantant les cantiques de Notre-Dame... Je conduisais Dinorah à la chapelle à laquelle on devait nous marier après le pardon; tout à coup un orage épouvantable éclata sur nos tôtes, et la foudre mit le feu aux Herbiers. » A la suite de cet accident, Hoël quitte le pays. Dinorah, folle de désespoir, abandonne sa maison et s'enfuit par les prés, par les rochers sauvages, dans son costume de fiancée. Cette vie errante dure une année entière, au bout de laquelle la pauvre fille est précipitée du haut d'un pont, dans un torrent

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d'où die esl retirée par Hoêl, les vêtements lacérés et souillés de boue. Elle a'en est pas moins prête à reprendre sa place sous le dais de fleurs des mariées, le long des sentiers qui mènent à la chapelle nuptiale.

Je voudrais, pour l'honneur du cérémonial, qu'on lui donnai le temps de se changer.

Le Pardon de Ploërmel parut sur la scène de rOpéra-Gomique le 4 avril 1859. Le rôledeHoôl

était confié à Faure, qui le créa d'une façon magistrale. Marie Gabel interprétait Dinorah. Sainte- Foy prêtait à Corentin ses mines effarouchées, son expérience consommée de la scène, sa voix factice et stridente ; Mmes Bélia et Breuillé faisaient les deux pâtres. Mraes Dupuy et Decroix, les deux chevrières. Barielle, une basse d'un fort beau timbre, chantait l'air du braconnier, et Warot, celui du faucheur. Enfin, deux petits rôles parlés, Claude et Loïc, aujourd'hui retranchés, empruntaient à Lemaire et à Palianti, leur joyeuse physionomie. En octobre 18oi, le Pardon fut repris avec une autre distribution qui ne fut pas du goût de tout le monde. C'était M"6 Wertheimber qui jouait Iloël, abaissant per fas et nefas au diapason du rôle son contralto caverneux. Mlle Monrose succédait à Marie Gabel. Je n'ai pas

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besoin de faire i e isortir ce qu'il j

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mettre el dérouta ses contempteui , ( In él lil ' bitué à le voir souffler dans des trompettei béi ques, et, au moment où l'on craignait pour I murailles de Jéricho, on s'attendait peu & l'entendre Bonner de ta musette dans les buissons de houx bretons. <m l'accusail de rester sourd à la douce voix de la nature, de se complaire dans les catastrophes d'hommes, dans les éboulements d'édifices, dans les complications extrêmes des passions humaines. On le vil tout à coup humer fortement les senteurs de la lande, enfler un biniou homérique, nue cornemuse shakespearienne, et entonner à pleins poumons le chaut des bardes armoricains.

On disait : Meyerbeer ne vit que par l'harmonie, par l'éclat des ensembles, par l'échafaudage des masses chorales. Il marche appuyé sur l'histoire, adossé à l'archéologie, aux traditions religieuses. Le camp et le cloître, voila les deux pôles de son talent. Et Meyerbeer, piqué, répondit à ceux-là : Venez avec moi sous les vertes feuillées, je veux vous montrer les drames nés sous les toits de chaume, les pieuses prières du paysan, et les colères du ciel; les clartés décroissantes du cré-

puscule, les Fugitives ombres de la nuit et les fraîcheurs de l'aube matinale.

Une expression mélodique, pleine de sincérité, des chants d'un slyle toujour> nuble et toujours pur, une admirable entente du pittoresque, une orchestration d'une richesse et d'une ingéniosité incomparables, un coloris instrumental aussi juste à l'esprit que flatteur à l'oreille, telles sont les qualités primordiales du Pardon de PloërmeL Ce n'est pas un opéra comique, en ce sens qu'il excède souvent le cadre restreint du genre; ce n'est pas non plus un drame lyrique, car il contient une partie comique importante, jusqu'à présent proscrite de l'opéra. C'est une œuvre à part qui ne correspond à aucune définition musicale et pour laquelle il faudrait créer le nom de drame pittoresque.

Très touffue dans l'ensemble, la partition brille en même temps par le détail. De plus, Meyerbeer s'y est taillé des apartés qui sont de véritables morceaux d'éloquence et sur lesquels il me faudrait m'appesantir longuement : je parle de Youverture et de Y intermède pastoral du troisième acte.

Ordinairement, le maître ne développe pas ses ouvertures : ici, il déroge à ses habitudes. L'introduction symphonique coupée par le chœur

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chanté derrière le rideau e I une pi forme <i<i prologue, ot les violons el le petite Dûtes, associés dam de gamme chromatiq dissonantes , simulent avec un i éalisme tout moderne l'orage qui détruil la chaumière de i)i aorah. J'ai une envie folle <lc citer tons les morceaux du premier acte : Vintrod i d'un

rythme si franc, el <iu,> relève encore la jolie villanelle des deux chevrières, Oui Ion lai le citatifei l'air un peu précieux de Dinorah près de sa chèvre; les couplets comiques de Gorentin, le cornemuseuz, saturés de curiosités instrumentales

Dieu doua donne à chacun en partage Une humeur différente ici-bas ;

le duo mouvementé dans lequel Corentin se croit aux prises avec la reine des Korigans; le fameux air d'Hoël, un des plus beaux qu'ait écrits Meyerbeer et qui soient au théâtre ; sa magnifique phrase fondue dans les moules d'airain de Weber:

Si tu crois revoir ton père expirant;

et enfin le trio final dont l'agencement vocal semble tripler la sonorité, tout en dessinant admirablement le caractère de Corentin. Ce premier

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acte n'est pas toujours exempt de longueur-, ainsi que le second. Les frayeurs de Corentin y tiennent peut être une place trop grande, d'autant plus que le maître les a nôtres dans un style

uniformément syncopé qui frise parfois la monotonie.

Le second acte est très musical. Il renferme néanmoins deux morceaux qui me semblent audessous du niveau élevé où se maintient le reste de la partition. Je désigne ici la petite chanson de contralto ajoutée après coup par Meyerbeer, et la romance de Dinorah :

Le vieux sorcier de la montagne,

conçue dans le goût archaïque. Mais le chœur des bûcherons au lever du rideau, toute la scène de l'ombre, la valse et le finale dramatique qui clôt l'acte, sont autant de morceaux complets.

Quant au troisième acte, c'est celui que je préfère. Je n'y vois pas une note à retrancher et je ne connais rien de plus grandement bucolique que l'épisode du chasseur, du faucheur et des deux pâtres perdus dès l'aurore dans les bruyères, et réunissant leurs voix pour envoyer à Dieu l'humble supplique des pauvres gens. La touchante romance d'Hoël aux côtés de sa fiancée

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évanouie ; le duo qui la uit, bI la cène Qnale du Pardont dans lequel revient la mâle prièr< tendue i l'ouverture, forment le i • "',!' d'une pathétique pérorai ton,

Beaucoup d'artistes se sont succédé dans les différents rôles du Pu le PloërmeL Le sou-

venir le plus vivace qui me soit resté de ces interprétations, c'est Lhérie descendant un jour de son piédestal de premier ténor pour chanter Corentin, un trial de force. Ce sacrifice d'amourpropre lui a porté bonheur. Il donna aux Frayeurs du cornemuseux un relief extraordinaire, mettant à tout une accentuation juste, et montrant dans dos répliques où la mesure est constamment à cheval sur des syncopes, un imperturbable aplomb de musicien.

De plus il apporta au dialogue, souvent insipide. une intelligence qui confinait a l'humour. Sainte- Foy était le paysan de Levassor : Lhérie fut celui de Balzac.

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