MUSIQUE ET MUSICIENS RUSSES
Airs ei concertos* — Vienawskt. — Glinka, — Antoine Ru
Einstein. — A. de Kontski. — Chœurs. — A
<i danses populaires* — Séroff. — Rhnski-k toff. —
Dargomyski. — Barcewitz. — Moniusko [\).
L'hospitalité donnée par la France à ceux qu'on appelait jadis nos amis les ennemis a été généreuse, cordiale, sans réticences, et telle qu'on la pratique en Russie à l'égard des artistes français. Je ne sache pas qu'aucune des séances de musique étrangère données au Trocadéro ait scellé plus ostensiblement la pacifique alliance de deux peuples.
(i) Salle des fêtes du Trocadéro. — Concerts russes sous la direction de Nicolas Rubinsteiu (septembre 1S7S).
Notre œil est peu fait aux noms qui figuraient sur les programmes : pourtant ceux de Glinka et de Rubinstein ont depuis longtemps supprimé les frontières. L'éducation de noire oreille est également à faire. Non qu'elle soit froissée par ces dissonances cruelles à la mode en Allemagne! L'école russe ne les recherche pas outre mesure. Mais nous nous sentons un tantinet déroutés par le parti pris du mode mineur, qui fait le fond de la tonalité russe, et par certain accent de tristesse et de désespérance qui s'en dégage avec une intensité souvent importune.
Si vous avez imaginé que la musique russe était chose barbare, offensante aux oreilles policées, détrompez-vous : c'est, au contraire, une grande dame, d'une instruction supérieure, qui a fait le voyage d'Italie; elle a soigneusement écouté ce qu'on y chantait, de Venise à Naples; elle a retenu les molles cantilènes des lagunes et les mélodies ensoleillées du golfe, et elle les murmure dans son traîneau, les mains enfouies dans sa zibeline, en regardant trottiner sur la neige son couple de petits chevaux noirs.
C'est sur Glinka que l'influence italienne a particulièrement rejailli. L'ouverture de son opéra de Rousslanet Ludmila, sujet féerique d'après une légende varègue, offre de frappantes réminis-