LA BANNIÈRE
AR RANNIER. UANNER.
On peut citer quelques contrées où Tantique ferveur catholique n’est pas plus éteinte qu’en Bretagne, qui attachent aussi une importance extrême au culte extérieur, et dont la foi se manifeste surtout par l’éclat des cérémonies et l’amour des processions; mais, nous le répétons, il n’en est pas qui ait plus libéralement livré le ciel à des saints indigènes, et qui leur y ait fait une plus large part de droits et d autorité. On vient de voir quelques bizarres résultats de cette toute-puissance ; eh! bien, ce que nous avons dit n approche ])as de ce que nous avons à dire. On croira que c est un conte ; nous l’avons cru long-temps.
L’église, et non la maison commune, étant le centre et comme le capitole des clans bretons , la bannière religieuse est naturellement à leurs yeux d’un bien autre prix que la bannière politique. Aussi le drapeau blanc et le drapeau tricolore l’ont-ils emporté tour à tour l’un sur l’autie sans le s émouvoir beaucoup. Mais dès qu’il s’agit de leur bannière patronale, s’il leur faut conquérir les faveurs du ciel en faisant un rempart de leurs corps au saint dont elle offre l’image, comme d.\i pardon de saint Hervé, alors éclate toute leur énergie orageuse, alors reparaissent tout entiers ann iad kaled eaz Armorlk ^ les hommes de fer de 1 Armoiique ! Ce pardon de saint Hervé a lieu sur les confins du Finistèic et du Morbihan. Les Vannetaiset les Cornouallais s y rendent en foule, non seulement pour prier et v déposer leur olïrande, mais encore, mais surtout, pour se
disputer la ])anuière qu’on y porte à ia procession, et qui
assure à celui des deux pays dont les cliampions s’eu emparent, une riche et a]}ondaute récolte de hié noir! Il n’est pas de ruses auxquelles on n’ait d’abord recours de part et d’autre pour arriver à la conquête de la bienheureuse bannière, et si par hasard, soit les Cornouaillais , soit les Vannetais s'en rendent ainsi les maîtres, elle est soudain mise en pièces, et c’est à qui en emportera quelque parcelle comme une sainte et puissante relique ! Mais on en appelle plus souvent encore à la force qu’à l’adresse, et d’ordinaire, le penn-baz finit par résumer toute la stratégie des deux camps. Venez ! voici la procession qui s’avance ! Ces Celtes liaptisés, munis de leur arme terrible, y marchent, à cette homicide procession, comme on marche au carnage! De temps en temps, ils brandissent leurs- menaçantset croyant chanter des cantiques, poussent des rugissements qui, seuls, annonceraient le duel près de s’engager entre la Cornouaille et la Venétie. Le moment de la lutte est venu !... tout-à-coup les deux partis, ivres d’une dévotion sauvage, se précipitent sur la liannière et l’entourent d’une horrible mêlée, où ne s’entendent plus, au lieu de prières, que des imprécations et des cris de mort; où ces sanglants pèlerins cherchent à mériter jusque par le meurtre les lambeaux et les faveurs de saint Hervé ! Ainsi que leur ardeur dévote, les femmes partagent leur ardeur batailleuse. Elles ne se contentent pas, dans leur pieuse anxiété, de faire des vœux pour l’issue du combat; elles y jouent un rôle aussi actif que possii)lc en animant les leurs de la voix et du geste, en leur
a])portain des cailloux à pleins tabliers. Cependant le sort a prononcé!... et les femmes du parti victorieux, rayonnantes d’une joie hideuse, se jettent à leur tour sur le butin sacré. Aucune ne trouve trop payés ces débris de ban-
dcrolle, que la victoire leur livre tachés de sauf! et
pourtant les vainqueurs ainsi que les vaincus ont presque toujours des blessés, des morts à emporter du champ de bataille!... mais qu’importe aux fidèles croyans de saint Hervé quelques bras rompus, quelques crânes brisés! ces
petits malheurs ne sont-ils pas compensés larg-ernent ?.. . la vénérable bannière leur est restée, et ils auront cette année une abondante récolte de blé noir !
Se peut-il, dira-t-on, que le clergé tolère un pareil abus des choses sacrées? se pcut-il qu’il se prête à ces processions meurtrières ? On aura encore peine à le croire : il a
\ ainemciit cherche a les abolir. Un cure, il y a quelques années, déclara positivement que la procession n’aurait pas lieu. 11 avait trop présumé de son autorité; car il est à remarquer que les Bretons n’obéissent aveuglément à leurs prêtres que lorsque ceux-ci se montrent esclaves eux-mêmes de leurs antiques croyances. La bannière fut prise d assaut dans la sacristie, et le curé dans son presbytère, et celui-ci, garotté et porté sur une civière, consacra malgré lui, par sa présence , la procession qu’il voulait empêcher et la bataille qui de temps immémorial en est le complément obligé. Ses confrères se sont donc rési-
gnés a 1 abus qu’il avait inutilement essayé de combattre.
et c’est à tort. On une liabitude que 1
n’extirpe pas toujours du premier coup es siècles ont profondément enracinée;
mais ce n’est pas une raison pour renoncer à la détruire , pour souffrir qu’elle s’éternise. Du reste, si quelque chose est propre à faire vivre celle-ci, c’est l’inqualifiable mesure d’exiger, avant la sortie de la procession, le prix de la bannière qui doit J être mise en pièces. IN’est-ce pas là autoriser en quelque sorte la coutume barbare à laquelle on voudrait mettre un terme ? si une pareille prévoyance ne mérite que des éloges sous le rapport fiscal, en méritet-elle autant sous tous les autres ?
On voit ici la procession en marche : les belliqueux pèlerins frappent l’air, en attendant mieux, de leurs redoutables penn-baz, qui s’y agitent par centaines. Des gendarmes, soutiens impuissants de l’ordre public, se sont placés sur la route que parcourt la procession. Leur présence est à peine remarquée^ et soit qu’ils restent, soit qu’ils partent, il ne s’en donnera pas un coup de plus ou de moins. Incapables de faire respecter la loi, ils ne pourront que la venger. Sur le premier plan, une tente de res* taurant vous invite à boire et à manger; cet amas d’assiettes et d’écuelles, cette marmite aux larges flancs, cette cuisinière enfin, qu’à son costume et à l’air d’importance avec lequel elle éventre un poulet, vous reconnaissez, pour une cuisinière citadine, disent assez que voilà le principal restaurateur du pardon. Deux Cornouaillais marchandent l’un une bouteille de vin, et l’autre un maquereau. Ils veulent prendre des forces pour le combat, bien que l’air farouche du dernier particulièrement, annonce qu’il n’a pas besoin de s’y exciter.
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AKSÎOKCE DÉFRICHEMENT.
KftilîANN F.l'R MARRAIUR,
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Nous avons déjà dit deux mots du mutueJlisme l)reton ; mais on n’a vu que sur de faibles propoitions le tableau d’une de ces fêtes laborieuses, dont les scènes vont se dérouler sur une plus vaste échelle, et qui se terminent par ce qu’on pourrait appelerles jeux Olympiques de la Bretagne.
Le principal cultivateur de la paroisse de Cofentin doit ensemencer cette année un de ces vastes terrains en friche, qui s’étendent par centaines d’hectares dans notre pays si riche et si ignorant de sa richesse, si fécond et si délaissé ! Ce défrichement, ou plutôt cette marrer /è, nom qu’a reçu le travail dont il s’agit, de l’espècé de houe appelée marre
qui y est employée, sera assez considérable pour nécessiter un grand renfort de bras , et faire faire un appel général au ban et à l’arrière-ban d’auxiliaires que peut fournir le canton. C est en effet à l’occasion des marreriez qu’a lieu particulièrement cette espèce de conscription volontaire; qu’une foule d’étrangers, réunis par des travaux organisés en parties de plaisirs, deviennent momentanément une grande et joyeuse famille, et que 50 ménages épars ne forment plus soudain qu’un seul et vaste ménage sociétaire.
La première chose dont s’occupe naturellement le cultivateur qui veut ainsi pendant quelques jours se faire le chef d une colonie agricole, c’est d’y attirer par la publicité les colons qui doivent faire disparaître son improductive nudité. Cette publicité est celle d’un peuple dans l’enfance; il ne s’agit pas ici des mille voix de la presse ,
niais (le la voix uiii(|ue d’un valet de ferme, ({ui môme pour lui donner quelque retentissement utile, est oblige; d’attendre la foire prochaine. Car, lorsqu’il est question d’un intérêt paroissial, c’est du pied de la croix que part , après la messe, l’avis qu’on veut répandre , et cela sulTit; mais si cet avis doit franchir les limites de la commune, on est réduit à en différer la publication jusqu’à l’une de ces foires renommées, où accourent de toutes parts des chalands et des oisifs. Là, à l’heure où il y la foule, le héraut du tournois champêtre commence à y circuler, précédé du biniou et delà bombarde^ et portant, en guise d’enseigne, au haut d’une fourche, les rubans, mouchoirs et chapeaux promis aux vainqueurs de la fêle. Le voilà arrivé à l’extrémité du b ourg; il vient d’y répéter son avis au public^ et pendant que les deux musiciens s’en font comme les échos joyeux, il laisse, avec un air de vanité satisfaite, examiner, admirer les prix attrayants que la magnificence de son maître fait offrir à la force et à l’adresse. Plusieurs des curieux qu’a rassemblés autour de lui le Ihacas de son annonce, ne jettent qu’un regard indolent sur les objets qu’il leur étale ; mais en dépit de cette apparente froideur, on peut être sûr qu’ils ne manqueront pas au rendez-vous. De tout côté, du reste, l’attention est vivement excitée. Là, un couple à cheval qui allait se remettre en route pour sa commune lomtaine, a soudain suspendu son départ; ici, racheteur d’une vache (ju’avait effrayée le bruyant cortège, a vigoureusement saisi la bête par une de ses cornes, l’a ramenée à une immolnlité complète, et il est maintenant tout oreilles. Corentin et Marie ne sem-
hk'iit occupés qiu‘ d’eiix-mémcs , niais ie sont par conlrccouj) (le la fête qui se prépare : ils se proinetleut })ien d’y être l’on et l’autre, et heureux du présent, ils en jouissent dans l’attente d’un bonheur plus vif encore , ce qui est la volupté suprême; aussi rayonnent-ils tous les deux d’une joie douce et sympathique. Corentin, fidèle aux usages amoureux de l’Armorique, qu’il trouve fort à son gré, tient les mains de Marie pressées dans les siennes; et ces mains, qui, à la ville, se contracteraient comme la sensitive à la moindre atteinte, lui sont abandonnées avec une (■andeur, une ingénuité baptismale, qui vaut bien la pudeur un peu fardée de nos salons. On remarquera, en passant, que cette manière traditionnelle de se faire la cour parmi la jeunesse du pays, montre assez qu’il ne fut jamais soumis à la loi salique, dont une disposition condamnait l’homme qui pressait la main d’une femme à une amende de 15 sous, et de 30 sous, s’il lui touchait le bras. Deux personnages complètent le groupe de Corentin et de Marie, (pii, à lui seul, est tout un drame. C’est d’abord la servante, la confidente de Marie, dont l’air d’indifférence et la figure presque sans vie, contrastent avec les traits de sa maîtresse, si animés et où se révèle si bien le sentiment qui l’agite ! C’est ensuite le vieux mendiant que nous avons déjà vu épiant leurs amours, dont il se promet de tirer bon parti ; mendiant expérimenté, s’il en fut, qui sait dans quelles situations on est surtout charitable, et range les amoureux dans la première catégorie de ceux (pii prodiguent sans rétlexion l’aumône.
I! y a, certes, beaucoup à reprendre dans la civilisation
que SC sont faite les Bretons, et qu’ils défendent si opiniâtrement encore contre les empiétemens de la nôtre ; mais elle a aussi du bon, et renferme sous plusieurs rapports les germes d’une organisation sociale aussi forte, aussi parfaite qu’on en puisse trouver ailleurs. Nous en citerons pour exemple, cet usage des grands travaux exécutés en commun, ainsi que le système d’associer dans les campagnes les arts industriels aux arts agricoles. Combien ce système ne l’emporte-t-il pas en effet sur celui des fabriques à proportions colossales? Comparez les fruits de l’im et de l’autre î La population de nos fermes manufacturières est remarquable par son aisance et ses habitudes d’ordre et de moralité. Y en a-t-il, au contraire, de plus corrompue et de plus misérable que celle des grandes fabriques? y en a-t-il qui soit plus prompte à écouter les apôtres de l’anarchie? y en a-t-il enfin, qui, à cette époque de liberté, soit moins libre, soit plus honteusement esclave? Ce sont les serfs d’une nouvelle féodalité, de la féodalité industrielle ! et les hauts barons d’un
autre temps ne furent jamais aussi cruels que ceux de ces gigantesques fabriques d’Angleterre, où des milliers d’enfants travaillent depuis trois heures du matin jusqu’à dix heures du soir! et combien gagnent-ils ?cinq sous et demi par jour, pour être tenus à l’attache pendant dix-neuf heures, surveillés par des contre-maîtres qui, un fouet à la main, frappent tout enfant qui s’arrête ! Quel spectacle dégradant pour riuimanité, et que l’âme est rafraîchie à l’aspect de ces travaux pleins de charmes, où nos Bretons se prêtent si fraternellement une assistance réciproque !
IiES PRÉPARATIFS.
Aü/,ini('i',zoi:.
Tî!K piiÉPAan IONS.
Le vieux proverbe l’a dit : « Il n’y a rien de nouveau sous le soleil ; » en voici une preuve de plus. Depuis un dena i- siècle , une fouie de systèmes se sont disputé le monde , et tour a tour ont prétendu résoudre victorieusement les questions que l’esprit d’examen a soulevées en
politique, en morale et en religion. Au milieu de ce bruit, de cette tempête de théories et de chimères, ce qu’il y a eu de plus ingénieux, c’est, sans contredit , la théorie sociétaire de Charles Fourrier , génie méconnu qui sera un jour célèbre comme le Chiistoplie Colomb de tout un monde social. Mais, de même que l’Amérique ne fut peut-
être découverte que sur quelques indices de voyages antérieurs, peut-être aussi l’inventeur des associations domestiques-agricoles, en a-t-il puisé l’idée première dans les antiques usages de notre Bretagne. Ce qu’il y a de certain , c’est que le mutuellisme breton contient en germes le système qu’a si heureusement développé Charles Fourrier.
Frappé de l’hostilité égoïste que l’isolement familial et le travail parcellaire ont créée dans la société actuelle, Charles Fourrier se demanda s’il était bien dans les vues
de la providence , cet esprit d’antagonisme et de lutte perpétuelle, ce pêle-mêle, ce sauve si peut commercial, qui résulte de l’ordre ou plutôt du cliaos civilisé ? Il arriva a cette conclusion, que c’était outrager Dieu, que de lui attribuer un état de choses qui consacre ces doels de la concurrence, où l’on écrase si l’on ne veut être écrasé;
un élal de choses où l’on ne peut guère se laisser aller à ses désirs, sans se Taire tort à soi-même ou à autrui ; où le travail et la vertu sont rarement des voies de fortune , où enfin, il faut qu’il y ait beaucoup de pauvres pour (ju’il y ait quelques riches, ce qui est une source incessante de désordres et d’agitations , ce qui fait du mécanisme civilisé un véritable volcan à éruptions périodiques! mais il ne suffisait pas de blesser à mort le système de concurrence indéfinie, comme il ne suffit pas de dire ; les gouvernemens doivent travailler pour le bonlicur des gouvernés ! c’est là un principe , et non une science : et cette science, où était-elle? sur quelle brillante étoile s’orienter pour la découvrir? devait-on la trouver dans les associations révolutionnaires et dans le programme ridiculement appelé les droits de Cfiornme? Charles Fourrier démontra facilement tout ce qu’ont d’abord de faux, de contradictoire et de stérile, et puis de hideux et d’atroce, des théories qui créent un monde à rebours, donnent à l’homme une souveraineté idéale en oubliant de lui donner du pain, et dont le dernier mot est nécessairement le vol et l’assassinat! Devait-on la trouver dans le Saint-Simonisme, dans la secte d’Owen ou quelque autre? Pas davantage, car toutes attaquent l’esprit de propriété, cet esprit inhérent à la nature humaine. La solution du problème appelait donc des procédés sociétaires diamétralement opposés aux leurs, et tels qu’ils pussent avant tout absorber les intérêts individuels dans les intérêts collectifs, et extirper cette gangrène d’antagonisme qui rongiî au cœur notre société. C’est ce résultat que promet
(l’atteindre Charles F(jurrler par son r<:''ginie de société ou travail coinhiné, à grandes réunions et à grands moyens économi(]ues , et f|iH existe en partie dans notre Bretagne de})uis un temps immémorial. Mais voici un rapprochement plus frappant encore.
Dans l’ordre civilisé , point de travail , la plupart du temps, sans les yéliiculcs du besoin, de la raison ou de la contrainte. On a cru l’encourager par la hausse des salaires ; mais améliorer la situation du pauvre, c’est le pousser à l’oisiveté! Le pcu{)Ie, parvenu à l’aisance, ne veut travailler (pa’un ou deux jours par semaine, et d’un autre côté, la moindre instruction qu’on lui donne l’éloigne du travail manuel. D’où vient qu’avec de si bonnes intentions notre philanthropie n’obtient que de si malencontreux résultats? De ce que le travail est organisé à contre-sens; de ce que, dans l’ordre civilisé, l’ennui y est aussi invariablement attaché que la ruine l’est au plaisir; en un mot, de ce qu’une plülosophie sacrilège plaçant Dieu audessous de riiomme, a prétendu qu’il est inférieur à Solon ou à Mirabeau, qu’il n’a pas su comme eux faire un code pour les relations sociales, et que l’humanité, inca- })ahle d arriver à la vertu si elle ne suit leurs lois, doit réprimer l attraction, Oi'acle de Dieu , fausser les caractères et étouffer les instincts qu’il a mis en nous, pour atteindre aux harmonies morales de la liberté, l’égalité, la fraternité ou la
mort! (Jiaries Fourrier est donc allé à la racine du mal, et donnant 1 attraction pour clef de voûte à son édifice sociétaire , il a substitué au travail qui répugne, le travail qui attache ! Fli! bien, ce système d’industrie attrayante, cette
Iransformalion de tous les travaux en jouissances aussi vives que des fêtes, ne se trouve-t-elle pas encore dans le mutuellisme breton? N’cst-ce pas là la base antique des Dervezhras'^Weèl vrai que le Newton de l’attraction morale a poussé à leurs dernières conséquences, des principes que tenaient de la nature seule les peuplades de l’Armori- ([ue. C’est ainsi qu’après avoir admis un progrès réel dans rencliaînement des quatre sociétés connues, sauvagerie, patriarcbat, barbarie et civilisation, qui, du reste, ne doivent être considérées que comme les quatre phases de l’enfance humanitaire, il fait briller dans tout son éclat sur leurs ruines, V ordre harmonique ^ où toutes les passions, même les plus rebelles, comme l’amour et l’ambition, concourent sans qu’on ait à invoquer la voie coercitive des gibets, tribunaux, philosophes et autres l’ouages impuissans, concourent, disons-nous, à la richesse et au bonheur individuel et général ; où la production se répartit forcément avec équité, suivant le talent, le travail et le capital ; où l’idée neuve et belle des séances courtes et variées, conformes au besoin de changement qu’éprouve l’homme, peiunet tous les progrès de l’industrie et, par conséquent, la division extrême du travail, division qui, actuellement, conduit à l’abrutissement du travailleur’, et fait de la plus noble créature, une machine à fabiûquer des pointes de clous et des têtes d’épingles; où enfin tout est bien-êlre, sécurité, jouissance, et digne du nom de cet ordre de choses, ordre harmonique \
Mais toujours est-il que la Bretagne, qu’on dit si arriérée, présente en germes toutes ces merveilles du système le plus avancé de répocpie !