LU N I
ronces et les buissons épais qui rctenoient auparavant le monde toutcourt, portoient deux à deux dans un hamac, qui est une toile de coton faite comme des rets de pêcheur , les officiers lassés ou indisposés, et les officiers malades ; ils marquoient les embuscades, les menoient en lieu où les ennemis estoient surpris et tués. S’il se falloit battre en rase campagne , les Portugais estoient certains de perdre la vie s’ils ne se sauvoient ; car ces Tapayos et Brésiliens acharnés vouloient mesme tuer ceux qui les retenoient prisonniers ; aussi jamais cela ne se faisoit que rarement, et de soldats à soldats en l’absence des autres. »
Ce curieux passage fait connaître quel fut, dès l’origine, le caractère de cette guerre , et quels étaient les secours qu’on pouvait obtenir avec de si terribles auxiliaires. Sans entrer dans le détail des sièges et des batailles qui se succédèrent .dès l’origine, avec une prodigieuse rapidité, nous dirons qu’en dix-sept ans , et aidés par d’excellents soldats , dont la plupart étaient Français , les Hollandais conquirent près cle trois cents lieues de côtes , et que, grâce à l’habileté des Viliekens,des Yan Dort, des Sigismond Schop, des Nassau, ils s’emparèrent successivement du territoire de Pernambuco dans toute son étendue, du Siara, du Piauhy, du Rio-Grande do Norîe, des forteresses du cap Saint-Augustin, de Porto-Calvo , du Rio San-Francisco , et même du Maranham. Des la seconde année de leur arrivée sur les côtes du Brésil, la ville de San-Salvador était tombée en leur pouvoir ; mais , grâce à l’énergie de ses habitants , au courage de l’évêque Marcos Teixeira, et à l’habileté de D. Fadrique de Tolède , cette ville avait été établie de nouveau comme la capitale de l’ Amérique portugaise , et tout le sud lui appartenait.
Sans entrer ici dans une discussion de droit, sans reproduire avec tous leurs détails les justes récriminations des Portugais , nous dirons que la conuête des Hollandais fut bien loin ’être sans influence sur le développement moral et industriel du Brésil.