B RÉ
Que dire d’un pays où les hommes s’occupent faiblement de l’agriculture , et où la capitale , qui porte le nom de cité, n’est encore qu’une bourgade dont tous les souvenirs se réduisent à pouvoir rappeler qu’elle a été brûlée par les Hollandais en 1637. Ce qu’il y a de plus remarquable sans doute dans ce pays , c’est que la vanille y croît spontanément et en assez grande abondance, sans qu’on se soit avisé de la recueillir pour l’utiliser ; du moins était-ce ainsi il y a une vingtaine d’années. Les habitants de cette province ont une fâcheuse réputation dans le reste du Brésil, et surtout dans les contrées adjacentes. Il y a même un proverbe qui les caractérise, et il faut convenir que la sagesse populaire aurait encore raison cette fois, si ce qu’un magistrat fixé dans le pays raconta à l’abbé Ayrez de Cazal est vrai.
Il lui affirma qu’il y a une quarantaine d’années, au bout de deux années d’exercice , il ne comptait pas moins de deux cents assassinats dans le pays soumis à sa juridiction. Il y avait longtemps, il est vrai, que ce fait s’était passé ; mais, en une seule semaine, on avait compté douze crimes de ce genre dans une seule paroisse. Si ces documents sont exacts, ce coin du nouveau monde serait à coup sûr celui de l’Amérique où il se commettrait le plus de délits , eu égard à sa population.
Le Rio San-Francisco. La cascade de Paulo-Affonso. Inondation.
Innombrable quantité d’oiseaux.
Sur les confins delà province de Seregipe, et comme on va pénétrer dans le pays d’ Alagoas , on rencontre l’embouchure du Rio San-Francisco, l’un des fleuves les plus majestueux et le plus heureusement situés de cette portion de l’Amérique méridionale. En effet, sans le Rio San-Francisco , la vaste province que nous allons parcourir, et ta partie septentrionale de celle de Bahia seraient isolées de l’intérieur. Grâce à ce beau fleuve et à ses affluents, deux capitaineries opulentes de la côte peuvent recevoir encore les richesses du centre.
Pour avoir en quelques mots une