‹ Bretonneau et ses correspondants, ouvrage comprenant la correspondance de Trousseau et de Velpeau avec BretonneauChapitre 43 sur 94 · LETTRE CCXXXVII · texte numérisé non relu

LETTRE CCXXXVII

DU MÊME

« Août 1834.

« Je suis nommé, mon cher Maître! ma joie ne peut se peindre, mon cœur n’a jamais rien éprouvé de semblable, toutes mes idées se confondent, tout est bouleversé dans mon âme, je ne puis vous dire que ce mot. Demain le calme me permettra de vous écrire en détail 1 . <r Adieu, je vous embrasse mille fois. »

demandé à Bretonneau. On trouvera à la fin du volume la réponse du médecin de Tours.

Paul Dubois a exercé une grande influence sur la science des accouchements, qu’il s’attacha à dégager des théories dont elle était encombrée pour la ramener à l’étude d’un phénomène naturel, d’une fonction normale et physiologique. Son enseignement, très suivi par les étudiants et les médecins, était remarquable par sa clarté et sa précision. Il fut un admirable professeur, et c’est lui qui a engendré cette féconde et savante lignée d’accoucheurs qui se sont succédé en France depuis trente ans et ont porté si haut le renom de l’art obstétrical français. — T.

1 Le concours pour la chaire de Clinique chirurgicale, laissée vacante par la mort de Boyer, s’était ouvert au mois de juin. Les concurrents étaient Bérard jeune, Blandin, Guerbon, Lepelletier, Lisfranc, Sanson et Velpeau.

Le concours fut extrêmement brillant et s’éleva à la hauteur du mérite et de la réputation des candidats. Mais Velpeau, désigné d’avance par la notoriété que lui avaient acquise ses nombreux travaux, par le talent dont il avait fait preuve dans les précédents concours, par les services qu’il avait déjà rendus à l’enseignement et à la science, ajouta à ces titres une telle supériorité dans ses épreuves quelle lui valut la majorité des suffrages. — T.

LETTRE CCXXXVIIP

DE BRETONNEAU A VELPEAU

« Tours, 7 septembre 1834.

cc Mon ami, j’ai été si heureux d’être délivré de mon cauchemar, de voir ce que j’avais prévu, oui, prévu, quoi que vous en disiez, non pas le jour de votre départ pour Paris, mais bien peu de temps après votre arrivée dans la capitale! Bien des fois j'ai dit : Il succédera à Boyer et il ira au delà de son prédécesseur. Mon ami, j’ai été enivré de vos glorieux succès, j’en ai été aussi heureux que si j’en avais été surpris, et j’ai été touché de votre empressement à m’apprendre l’heureuse nouvelle. Que je vous remercie de n’avoir pas attendu qu’elle me fût apportée par mon ami !

<r Voici le fils aîné de M. Herpin, depuis trois ans premier élève interne à l’hôpital. Son nom le recommande, et il est bien autrement recommandé par son goût et son aptitude pour l’étude, par son instruction, la régularité de sa conduite, et surtout par son caractère; je ne vous- demande point de T accueillir favorablement, je laisse tout le mérite d’une gracieuse et bonne réception à la bonté de votre naturel1.

1 Le jeune étudiant que recommandait en ces termes Bretonneau a accompli une des plus belles et des plus honorables carrières de la médecine en province, et est aujourd’hui le vénéré et sympathique doyen du corps médical de Touraine.

Félix Herpin, né en 1812, commença à Tours ses études médicales

DUMÉRIL A BRETONNEAU

« Ma femme , qui n’a pas oublié plus que moi la visite nocturne que vous lui avez faite au moment où elle était affectée d’une si grave pneumonie, n’a pas été moins heureuse que moi en voyant qu’enfin on vous avait rendu justice.

« Mille tendresses et bien sincères félicitations en ménage.

« Votre sincère ami. »

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