‹ Bretonneau et ses correspondants, ouvrage comprenant la correspondance de Trousseau et de Velpeau avec BretonneauChapitre 57 sur 94 · LETTRE CCLXV · texte numérisé non relu

LETTRE CCLXV

DU MÊME

« 2" janvier 1842.

« Nous avons enfin des détails précis des tracasseries que vous avez éprouvées pour l’établissement de votre école. Elles ont été grandes, et la pauvre école y a perdu son plus beau fleuron ; à Tours , une école de médecine sans vous semblait chose impossible. On a triomphé de la difficulté, à ce qu’il paraît; mais de loin cela ressemble assez à l’enseigne des cabaretiers : la Bonne Femme sans tête. Puissiez-vous n’avoir pas quelques remords de pareille anomalie. Ce que j’ai appris avec plaisir, c’est que M. Frédéric avait la chaire qu’il souhaitait, dans laquelle ses études de prédilection doivent lui donner d’agréables succès. J’espère qu’il ne pense plus au Texas *.

1 C’est cependant au Texas ou dans une région voisine qu’il retourna dans sa vieillesse. — T.

BÉRANGER A BRETONNEAU 393

« Quant à moi, mon cher ami, je suis assez souvent souffreteux, et, chose qui m’affecte un peu, je m’aperçois d’un grand changement que l’âge vient d’opérer dans ma constitution : l’hiver a été longtemps une époque de santé pour moi ; à présent, le froid, sans que j’y sois beaucoup plus sensible extérieurement , agit avec rigueur sur les entrailles, l’estomac et la tête, au point que voilà près d’un mois que je garde la chambre, ce que j’aurais dû faire plus tôt et ce dont je me trouve bien. Le malheur, c’est que je suis reclus, sans pouvoir aligner deux vers. Ce qui est encore l’opposé dés effets que le froid produisait sur moi, qu’il me mettait en bonne disposition de rimailler. Au reste, j’ai beaucoup travaillé depuis un an, et j’aurai un assez fort volume à laisser à mon libraire, si rien ne vient me forcer à une publication de mon vivant; à cet égard, je résiste à toutes les sollicitations, tant j’ai peu de goût aujourd’hui pour ce public dont jadis j’ai tant désiré les suffrages.

« Et vous, cher ami, travaillez-vous comme vous vous l’étiez promis? je l’espère, car on me dit que vous négligez un peu Palluau. Vous ne venez plus à Paris? la mort d’Hainguerlot nous fera-t-elle ce tort, que rien ne pourra vous amener auprès de nous ? Mais j’entends notre ménagère ; il faut finir, chargez -vous de toutes nos amitiés pour Mme Leclerc et M. Frédéric et M. et Mme Florentin, et, si vous en avez le temps , donnez -moi des nouvelles de toutes les personnes qui nous sont chères et que nous n’oublions pas.

« A vous pour la vie.

« Judith vous embrasse de cœur. »

LETTRE CGLXYP

« 14 mai 1842.

« Mon bon ami ,

« Vous ne pourrez pas refuser. Le ministre voulait vous écrire. M. Gouin va se mettre à vos trousses. Pour l’anatomie, on oppose Charcelay à Dupré ; ce n’est pas bien. Ayez Dupré, il est bon, vous en serez content. Ils appellent Crozat 1 le Moreau de la Touraine! Un mot, je vous prie, et que je sache à quoi m’en tenir sur vos décisions.

« Mille tendresses filiales. »

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