II
démie de diphthérite dans le Loiret, le Cher, etc. Trousseau aussi, je n’en doute pas. Pour moi, j’en suis très fâché, attendu que vous ne manquerez pas une si belle occasion de nous lanterner encore une année avant de finir votre mémoire.
cc Une épidémie du même genre paraît régner aux environs de Vichy. M. Girodet m’écrit que les antiphlogistiques n’ont point eu de succès 1 ; l’alun et le pistolet ont fait leur jeu, les malades sont guéris, et notez que c’est un Broussaisiste qui me parle ainsi.
« A Paris, Guillon m’assure en avoir traité douze ; je crains qu’il ne m..., ou se trompe. Ils sont si promptement guéris que... Puis, j’en ai vu moi-même quelquesuns; mais les taches des amygdales étaient loin de présenter tous les caractères que vous savez , et les sangsues avec quelques gargarismes en ont facilement triomphé. Je crains que ces gens ne nuisent à la vérité en voulant la servir.
« Vous savez que votre bon ami M. Boulon est mort. Hélas! il faut que tout le monde y passe. Et la dothinentérie, il n’en sera donc plus question? Que vous êtes détestable ! sachez que maintenant mon rôle est d’être chirurgien et accoucheur plus que médecin, c’est-à-dire que je veux couper et trancher. Il ne fut oncques un homme plus déterminé; j’ampute bras et cuisses, je fais composer les chirurgiens d’hôpitaux depuis que je suis au bureau central, et, hier encore, je vous ai extirpé la plus belle tumeur que vous ayez jamais vu dans le creux de l’aisselle. Dubois, Boyer, Roux et Dupuytren ne sont plus que
1 Médecin de Tours, à qui l’on doit une bonne histoire de la Touraine. — T.
TROUSSEAU A BRETONNEAU
de misérables enfants ; ils ont parcouru leur cercle ; leur étoile doit pâlir devant les astres qui s’élèvent; et après nous s’il en reste...
« C’est pour vous dire que les travaux qui auront besoin du bistouri devront à l’avenir m’être adressés, vous entendez bien?
« Adieu, finissez -en. »