‹ Bretonneau et ses correspondantsChapitre 41 sur 78 · LETTRE CCLX · texte numérisé non relu

LETTRE CCLX

<r Mon bon ami,

« 7 mai 1841.

d Vous voilà bien ébouriffé pour une peccadille: jadis, quand je prenais au vif certaines choses, vous vous moquiez de moi, et vous aviez raison; aujourd’hui, je ne me moque pas de vous, mais je vous blâme de vous tracasser pour si peu.

ce En seriez-vous à savoir ce dont les hommes sont capables, certains hommes surtout, quand leurs intérêts sont en jeu? ménagerie que Ton est convenu d'appeler société! Est- ce autre chose qu’un amas de tigres ou de pourceaux, au beau milieu desquels il faut vivre et s'amuser? Faire ce qui me plaît sans nuire au bien général, en évitant leurs griffes ou leurs museaux, voilà, cher Maître, quelle est ma philosophie à moi. Bref, songez-y bien: Sans vous point d'école à Tours.

« Après tout, je connais votre caractère, et ne suis pas d’humeur à vous conseiller ce que je ne ferais pas moimême. Si donc cette besogne ne vous sourit point, renoncez-y. Dans le cas contraire, bouchez-vous les oreilles et allez votre train. Rien n’est encore fait. Un mot sur votre décision l.

d C’est l’enfant qui endoctrine le père. »

1 Voir la Biographie au sujet des difficultés que rencontra Bretonneau dans l’organisation de l’École de Tours dont il avait été chargé (p. 154). Les froissements qu’il ressentit vivement le conduisant à refuser défi-

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