DE DE VILLENEUVE
« Chenonceaux, 19 juillet 1848.
« Dans quel siècle vivons -nous? Sommes-nous en France ou au milieu des peaux-rouges, des cannibales ou des Français nos frères? Quel funeste aveuglement, et comment sortir de cette lutte que des doctrines subversives alimentent et encouragent sans cesse? Quel courage et quel noble sang répandu de part et d’autre ! car c’étaient héros contre héros, et plus, le génie du mal contre le génie du bien.
1 Lamoricière, élu par la Sarthe représentant à l’Assemblée constituante, avait été nommé ministre de la guerre, le 28 avril 1848, par Cavaignac, chef du pouvoir exécutif. — T.
« Mon neveu Léonce, qui a combattu à l’attaque du Panthéon , me mande que pendant une heure il a marché dans le sang, les semelles de ses hottes couvertes; que l’empoisonnement n’est que trop vrai, quoiqu’on dise le contraire. Il y a un peu de répit, ce qui montre qu'il faut un sabre à la tête du gouvernement.
«Je vous embrasse de tout mon cœur, et voudrais bien causer un moment avec vous ; mais cela ne se peut , vous ne vous appartenez pas.
« A vous de cœur. »
LETTRE CCCIXe
DE BÉRANGER
<c Passy, 23 septembre 1848.
«Je croyais que vous aviez là-bas l’excellente Mme Récamier, qui allait consulter à Tours je ne sais quel oculiste qu’on lui a vanté. Je l’avais suppliée de ne recourir audit oculiste qu’après vous avoir consulté. Elle voulait une lettre pour vous, mais je lui ai dit que M. Pasquier et Mme de Boignes étaient des recommandations suffisantes; que d’ailleurs elle n’avait qu’à vous dire du bien de moi, ce qui suffirait pour la mettre bien dans votre esprit. Il y a un peu de fatuité là dedans, mais c'est que je voulais qu’elle vous fît plaisir et vous plût tout d’abord.
€ J’ai fait connaissance conrplète avec cette dame au-
TROUSSEAU A BRETONNEAU
près du lit de mort de Chateaubriand, et j’ai regretté de ne l’avoir pas mieux connue plus tôt. En voilà une qui a traversé toutes les hautes sociétés depuis 96 , sans y avoir altéré les qualités de son cœur, cœur bienfaisant, attaché, tendre, et sans cesse occupé des autres1.
((Je la croyais donc à Tours; des souffrances nerveuses l’ont retenue à Paris. Si elle va vous voir, prenez ses pauvres yeux en pitié, je les crois perdus sans remède. Oh! mon cher ami, il fallait voir cette pauvre aveugle auprès de son ami mourant, qui ne parlait jdIus depuis deux ou trois mois !
<r Adieu, cher ami, le papier me manque, je suis tout à vous. »
LETTRE CCCXe
DE TROUSSEAU
« Ce 14, mardi, 1848.
« Cher Maître ,
« Louis a les plants depuis lundi ; je les verrai dimanche en allant à Bonneveau. Merci mille fois, en
1 Ce jugement de Béranger confirme celui que tous les contemporains ont porté sur cette personne unique qui reste la plus séduisante , la plus aimable et la plus douce incarnation de la femme dans la société française.
Elle ne survécut guère à Chateaubriand, et mourut peu de temps après la lettre de Béranger. — T.
attendant que je sache sur quoi portent mes remerciements.
« J’en arrive à mon croup, Maître! Leur gorge, leur luette , étaient garnies de fausses membranes , Maître ! La dernière petitè fille, qui se porte bien aujourd’hui, a eu sa plaie et un bête de vésicatoire appliqué au col, et le haut du sternum recouvert de fausses membranes tenaces, se renouvelant pendant quatre jours, nonobstant le calomel, nonobstant les plus énergiques cautérisations. Depuis quatre ans, voici treize opérations, sans autre chose que la cravate, et j’ai cinq enfants vivants. Les gredins m’ont appelé pour ouvrir le cou des scarlatineux, des morbilleux; un autre plus fort que les autres voulait faire la trachéotomie d’un patient étouffé par le ballonnement d’un étranglement intestinal. Je suis bien bête, mais pas encore de cette force -là.
« Ils avaient l’angine maligne. Or, quoi que vous en écriviez aujourd’hui, vous avez dit, et vous pensez encore que la diphthérie n’est nulle part plus tenace qu’à la peau, nulle part moins tenace qu’aux bronches. Certes, on peut, pour la ténacité, lui assigner le rang suivant : peau, gencives, nez, pharynx, trachée. De bonne foi, n’ont -ils pas presque tous le larynx débouché dix ou douze jours après la trachéotomie, lors même que l’on n’a rien fait ni de haut en bas, ni de bas en haut? Dans les autopsies que j’ai faites après la trachéotomie, dans celles que l’on fait si souvent, si toujours, après les trachéotomies de l’hôpital des Enfants nous trouvons des pneumonies lobulaires, diphthéritiques , je l’avoue; mais les grandes bronches sont libres de concrétions, tandis que le larynx, le pharynx en sont tapissés.
(( Votre reproche ne me touche pas, parce que je ne
TROUSSEAU A BRETONNEAU
vous ai pas été infidèle de gaieté de cœur. Sous mes yeux, Laugier, Gerdy, Monneret , Hardy, Boniface, Jobert, Robert, Desprez, opèrent in extremis des enfants diphthéritiques, et trop évidemment diphthéri tiques.
« Ils ne font rien, rien, rien, et je les vois guérir, et vous voulez que ce fait ne me frappe pas? cela n’était pas possible. J’essaie, et j’en perds plus que par la cautérisation; l’idée de la cravate me vient et j’obtiens des succès que je n’avais jamais eus, et vous voulez que ce fait ne me convertisse pas? Je vous le répète, le pharynx et la luette étaient là pour témoigner de la diphthérie , outre que l’imminence de l’asphyxie parlait aussi bien haut. J’ouvrais la trachée et je retirais un, deux, trois jours de suite, des fausses membranes larges et demitubulées, des morceaux bifurqués de vermicelle cuit, et ce n’était pas de la diphthérie? Et dans la même famille, un enfant était mort auparavant ou mourait plus tard diphthérique , et je m’étais trompé? Mon cher Maître, c’est impossible !
<c Dites-moi maintenant que, parmi ceux que j’ai perdus, j’en aurais sauvé si j’avais cautérisé, c’est possible, pourtant je ne le crois pas. Je ne compte pas avec vous : j’ai ouvert cent cinquante et un cous depuis 1827; je ne parle donc pas de l’expérience du nombre. Dans vos trente trachéotomies , vous avez mieux vu , mieux regardé surtout que moi; or, vous avez su bien souvent juger de l’issue de votre opération quelques heures après l’avoir faite. Ils meurent donc, les pauvres enfants, de je ne sais quoi, mais très certainement d’autre chose que de la propagation nouvelle de la maladie. Ils sont tués ou quasi tués, et les cautérisations n’y feraient pas grand’chose.
« Que je suis énergique quand il s’agit d’arrêter le mal dans le pharynx, ou dans le nez, ou à la peau ! mais que je suis mou maintenant quand le mal est dans le larynx!
« Notre jeune houzard est sur le tableau d’avancement. Lamoricière m’a promis une promotion prochaine, je n’y compte guère, car si ce drôle de Bonaparte est nommé, Lamoricière donnera sa démission, et dans un mois nous n’aurons pas notre lieutenance.
« Mille tendresses. »
LETTRE CGCXI
« 29 mai 1849.
« Cher Maître,
« Il est bien entendu qu’il vient se mettre à la traverse de notre choléra1 parisien quelque chose qui sent la fièvre nerveuse, que les adorateurs de Broussais ont appelée méningite cérébro-spinale. J’en suis tout déconcerté. En voilà deux qui, après un choléra fort simple, se cambrent comme des acrobates, avec beaucoup de fièvre, de la paraplégie, des contractures dans les membres, tout cela faisant les gros yeux, mais cédant au sulfate de qui-
1 Le choléra, qui depuis le mois de février 1848 sévissait en Angleterre, où il était arrivé par la ville d’Hambourg, avait franchi la Manche et gagné Paris au mois de mai 1849. — T.
TROUSSEAU A BRETONNEAU
nine avec une facilité bien étrange, bien que rien d’intermittent ne se fût mis de la partie1.
« Cependant, depuis deux mois, en voici quatre autres, sans choléra préalable , venant à l’hôpital avec les mêmes symptômes. Est-ce de l’influence, est-ce un mélange de deux affections spécifiques? Je m’y perds; je n’avais encore jamais rien vu de pareil, et s’il y a là dedans quelque chose d’étranger au choléra, j’en aurai le cœur net, parce que je suis furieux de mon ignorance. Décidément cela est plus amusant que la politique.
« J’attends de vous que vous me disiez quelques petites rubriques à l’endroit du choléra; je crois leur être venu en aide. Déjà en 1832 j’avais pris pour l’opium une haine vigoureuse ; cette antipathie m’a suivie en 1849, et je suis convaincu que j’ai dû quelques succès à la répugnance invincible que j’ai pour l’opium (dans le choléra, bien entendu). Cette épidémiotte dont nous faisions fi a déjà tué, de compte fait, six mille cent personnes depuis le 1er mars. Il est peu probable qu’elle nous tienne quittes pour moins de douze mille. Or, 1832 n’a enlevé que vingt-deux mille habitants de Paris2. Tous les jours je vois tomber autour de nous quelques gens que nous connaissons. Heureusement personne ici n’a peur, ce qui n’empêche pas une grande et sévère prudence. J’ai souvent mes entrailles détraquées : le régime et le bismuth m’ont jusqu’ici toujours remis à flot, Dieu fasse qu’il en soit encore ainsi pendant trois mois. Je voudrais rester
1 Ces accidents étaient dus à des réactions violentes se manifestant du côté des centres nerveux, et ayant la plus grande ressemblance avec les signes de méningo- encéphalite. — T.
2 II y eut en France cent douze mille victimes. Cinquante -quatre départements furent atteints. — T.
encore quelque temps. Il faut que ma Jane et que mon Georges soient en bon lieu, et puis je ne regimberai plus contre le Dehemus morti nos nostraque.
« Adieu, cher Maître. Je vous embrasse bien affectueusement de la part de toute la colonie, qui s’installe à Bonneveau dans huit jours. »
LETTRE GGGXIP
DE BÉRANGER
« Cher ami ,
« 5 juin 1849.
« Un de nos voisins, jeune homme de quatre-vingtneuf ans, a pris, suivant son habitude à cette époque de l’année, quelques gouttes de ricin, et, en effet, nous l’avons enterré hier après une vingtaine d’heures de souffrances peu violentes, mais cholériques, dit -on. Oh! l’heureux homme, avoir vécu quatre-vingt-neuf ans, sans esprit , mais avec le goût des arts et l’amour du travail jusqu’au dernier moment, faisant encore ses quatre ou cinq lieues, et mourir sans infirmités et sans trop savoir ce qu’il faisait? Des gens que j’ai connus vieux, c’est le
seul qui m’ait fait envie
« J’ai donc promis, mon cher docteur, de me soumettre
DE BERANGER A BRETONNEAU
à vos prescriptions; mais j’ai déclaré que si je n’avais pas réponse avant cinq jours, et que le mal augmentât, je recourrais à l’eau de Sedlitz ou à la magnésie , en dépit des démentis que le choléra donne à l’air salubre de Passj, où on avait la prétention de pouvoir s’en moquer. J’ai pu voir hier, au cimetière , qu’il va assez vite en besogne; cela n’empêche pas Judith de se bien porter et de n’avoir pas peur pour elle; notre petite Picarde était, je crois , moins rassurée. Elle vient de nous quitter pour quelque temps; j’en ai été content, car la peur est plus de la moitié du mal. Marie m’a écrit que vous aviez trouvé un curatif excellent pour cette maladie indienne; elle voulait que je vous demandasse votre secret, je m’en garderai bien : votre médecine est parfaite quand vous êtes là, la médecine c’est le médecin. Avec les livres d’Hippocrate dans la tête et dans la poche , on est encore un âne.
« Dans ce moment, je lis les lettres très amusantes de Guy Patin. Malgré tout son esprit, a-t-il assez déraisonné comme docteur? C’est le maître de Broussais; et quel entêtement contre les nouveautés sans vouloir même les soumettre à l’examen ! Qu’est-ce donc que le médicament des roses pâles, dont il est si entiché? Je voudrais bien goûter aux roses pâles, cela doit sentir meilleur que le ricin de mon vieux voisin1.
« A vous et aux vôtres de tout cœur. »
1 Béranger n’a vu dans Patin que le médecin traditionnaliste défendant contre les nouvelles idées la vieille thérapeutique de la Faculté. Il a rempli, en effet, ce rôle avec éclat, et, en se reportant à l’époque où il écrivait, il est permis de se demander si au fond ses préférences pour la médecine grecque et romaine ne furent pas justifiées, et s’il n’était pas plus raisonnable d’adopter les quaternités humorales de Galien que les
LETTRE CCCXIII6
DE TROUSSEAU
« 8 juin , cinq heures du matin.
« Cher Maître ,
<r Vous oublierez certainement la recommandation que je vais vous faire, et je veux pourtant vous la faire.
« J’avais été voir au voisinage de Palluau, pour une pauvre phtisique de ma clientèle, une jolie maisonnette. J’avais dit au propriétaire que je la retenais provisoire-
ferments de Sylvius en vigueur de son temps. Aujourd’hui, la réponse à cette question ne saurait être douteuse.
Quant à la thérapeutique, il est bien vrai que, conséquent avec la doctrine de l’humorisme, qu’il préconisait, il la réduisait à une extrême simplicité, selon l’axiome qu’il aimait à répéter :
Ad bene medendum, quam pauca, sed selecta, et probata remedia.
Était -ce un défaut dans un temps où avaient cours les médications les plus bizarres, telles que le mithridate, le cardimelech et autres préparations engendrées en parties égales par le charlatanisme, la sottise et l’ignorance? Qn comprend bien, en face de ces arcanes de la polypharmacie, de ces longues et pédantes formules incompréhensibles, ces simples médecines de roses pâles et de fleurs de pêcher qui faisaient rêver le poète... Mais ce n’est pas seulement le traditionnaliste, le disciple humoriste de Galien qu'il faut voir dans Guy Patin; son intéressante figure est plus complexe... C’est aussi et surtout l’illustre doyen qui représentait si fièrement et parfois si arrogamment la savante et ombrageuse compagnie dont il était le chef; c’est l’érudit, qui cultivait avec un égal succès toutes les branches des connaissances humaines, et qui était en commerce de lettres avec tous les savants de son temps; le profond et spirituel écrivain, dont la mémoire évoque les sujets les plus divers et dont la langue incisive et mordante a été formée à l’école des meilleurs écrivains de l’antiquité; c’est aussi le praticien soucieux de la dignité de son ministère, portant très haut la fierté de la profession médicale, et faisant entendre souvent cette admirable exclamation : « Je suis médecin, j’ai cet honneur, j’ai ce bonheur. » — T.
TROUSSEAU A BRETONNEAU
ment, et que je lui donnerais avis de ma détermination vers la fin de la semaine.
u Soyez assez bon pour dire à Rose de prévenir votre voisin que ma dame ne viendra pas à Tours; elle veut, en ce temps d’épidémie, rester à Paris au milieu de sa famille menacée.
« Le choléra fait d’affreux ravages , les cas sont foudroyants depuis huit jours. Hier, 7 juin, soixante-douze décès ont eu lieu dans le 1er arrondissement; cela suppose six à huit cents morts dans Paris1. Je suis tranquille depuis que Jane et sa mère sont à Bonneveau. Je vais aussi emmener mon Georges, que je vous recommande si je suis atteint. Jusqu’ici je suis admirablement portant : mes entrailles ne me laissent plus rien à désirer depuis dix jours; je ne me fatigue pas inutilement, je ne risque rien, et j’espère passer ce temps sans encombre.
<l Adieu, cher Maître. Je vous embrasse bien tendrement.
« P. -S. Je voulais aller chez Mme de Tillet; Mlle Tardy m’a conté qu’elle n’était pas à Tours. »
1 L’épidémie de choléra dont parle Trousseau est celle de 1848-1849. Gomme l’épidémie de 1832, elle eut son point de départ dans l’Inde, où elle n’avait cessé de régner. En 1845, le choléra pénétra en Tartarie, en Perse, en Egypte, par Bagdad et la Mecque, gagna la Russie en 1847, puis la Pologne et la Hollande, et l’Angleterre en 1848 par Sunderland.
La France est à son tour atteinte par Calais , comme dans la première épidémie; et, de là, le choléra envahit Lille, Dieppe, Fécamp, Rouen, et enfin Paris le 7 mars 1849. La lettre de Trousseau est du 8 juin, et on voit les ravages qu’elle faisait à cette époque dans la capitale. Il y périt, pendant les neuf mois qu’elle dura, seize mille cent soixante-cinq victimes.
Après Paris, la France entière fut envahie, puis l’Italie, tous les ports de la Méditerranée, les côtes d’Afrique et, de là, l’Amérique. — T.
LETTRE CCCXIV6
« Vendredi soir, 9 juin 1849.
« Mon cher Maître,
« Pendant que le choléra ne nous a pas encore tués, dura vitâ fruimur, profitons des moments de causerie. Voilà Bernard qui vient de faire des expériences qui ne sont encore connues que des amis , et qui , en vérité , sont plus curieuses que tout ce qu’il a fait.
« Vous savez le curare , cet abominable poison, quintessence des serpents à sonnettes et des trigonocéphales du nouveau monde? Bernard en a gros comme un œuf; c’est plus qu’il n’en faudrait pour tuer les trois millions de socialistes que la France possède. Il en délaye gros comme la moitié d’une tête d’épingle, pique un gros chien avec une aiguille, et voilà la bête morte après quelques minutes. Or voici l’ingénieux : il dissout deux ou trois grammes de curare dans de l’eau , y place un endosmomètre revêtu de sa membrane muqueuse; l'endosmomètre se remplit, et le liquide , s’il vous plaît , n’est pas plus vénéneux que du lait.
« Il met gros comme un haricot de curare dans l’estomac d’un chien, et l’animal ne s’en porte que mieux. Fontana le savait bien. Il prend avec le bout d’une lancette un atome du liquide encore retenu dans l’estomac, il pique un animal de même force, il meurt à l’instant.
TROUSSEAU A BRETONNEAU
Il plonge des graines clans du ferment, les graines restent inattaquées ; il perce avec une aiguille le péricarpe , et la fermentation s’établit tout de suite1.
« Combien les excoriations doivent faire jour aux ferments morbifiques !
ce Décidément Bernard fera de la physiologie médicale Je l’attends à certains agents thérapeutiques.
« Que disent donc les journaux sur le choléra de Tours? Il n’y avait rien dimanche.
<r Mille tendresses. »
1 Claude Bernard, qui suppléait à cette époque Magendie dans sa chaire du Collège de France, venait d’inaugurer ses célèbres recherches expérimentales , dans lesquelles le curare , considéré comme moyen d’investigation physiologique , jouait un si grand rôle. ( Claude Bernard et Pelouse. — Recherches sur le curare , in comptes rendus de l’Académie des sciences. Octobre 1850.)
Né à Saint-Julien (Rhône) le 12 juillet 1813, mort à Paris le 10 février 1879, Claude Bernard, après quelques essais de littérature, se détermina à étudier la médecine. Interne des hôpitaux en 1837, préparateur de Magendie en 1841, docteur en 1843, il fut appelé en 1854 à la chaire de Physiologie générale, qui venait d’être créée à là Faculté des sciences. Il remplaça Joseph Roux à l’Institut en 1854, et Magendie, dont il était le suppléant au Collège de France, pour la chaire de médecine expérimentale, en 1855.
On connaît les célèbres travaux de Claude Bernard. Ses œuvres les plus importantes sont , en dehors d’un grand nombre de notices et de mémoires insérés dans les journaux et les revues du temps, ses Recherches expérimentales sur le grand sympathique (1854); ses Leçons de physiologie expérimentale appliquée à la médecine (cours du Collège de France, 1855-1856); son Mémoire sur le pancréas et le suc pancréatique dans les phénomènes digestifs (1856); ses Leçons sur les substances toxiques et médicamenteuses (1857), sur la physiologie et la pathologie du système nerveux (1858), sur les propriétés physiologiques et les altérations pathologiques des liquides de l’organisme (1859), sur la nutrition et le développement (1860); son Introduction à la médecine expérimentale (1860). — T.