LETTRE CCCXXIX
DU MÊME
«27 mars 1851.
« Cher Maître,
ce Je me rappelle que Le Gallois, le fils du physiologiste votre contemporain , étant en même temps que moimême à la maison des fous de Charenton, voulait absolument faire la trachéotomie chez un pauvre diable qui mourait étouffé par le développement excessif de gaz dans ses intestins qu’un iléus étranglait. C’était en 1826. Babet, dont je parlais sans cesse *, lui tournait la tête, et je venais de couper la gorge à la fille d’un maréchal ferrant de Charenton; et la pauvre enfant, que le croup suffoquait, n’avait pas été guérie. Le Gallois rêvait de canule.
« Les voilà aujourd’hui qui, après m’avoir dit mille injures depuis trois ans, injures auxquelles je n’ai jamais répondu, suivant une vieille habitude, s’ingénient d’ouvrir la poitrine de tous les pleurétiques , sous prétexte que l’eau s’en va plus vite par une champelure que par les veines absorbantes. Ils nous gâteront cette paracentèse de la poitrine. Je la veux quand l’épanchement est excessif, menaçant; ils la font en guise de vésicatoire.
« Ils nous ont fait la même chose pour le fer. Quand, arrivant de l’hôpital de Tours, j’ai à moi tout seul, à Paris,
Mlle Élisabeth de Puységur, la première opérée de Bretonneau. — T.
prescrit plus de limaille que toute la grège broussaisienne réunie , on a crié, et jusqu’en 1835 ou 1836 il m’a fallu lutter avec votre autorité; maintenant les brutes en donnent des boisseaux , et ils font bien des phtisies galopantes chez des jeunes fdles mal nées, qui sont pâles, mal réglées, et que l’appauvrissement de leur sang exempte peut-être pendant quelques années du tribut qu'elles doivent payer à l’hérédité tuberculeuse.
Pastillos Rufillus olet, Gorgonius hircum.
((Je vous enverrai dans huit ou dix jours, la quatrième édition de ma Thérapeutique. J’ai entièrement refondu la belladone, et indiqué avec les détails les plus minutieux tout ce que vous m’avez dit pour l’épilepsie , la coqueluche, la constipation, l’incontinence nocturne de l’urine, la paraplégie.
« Le quinquina a été refait de fond en comble ; j’avais jadis analysé Sydenham dans son ouvrage même , et j’avais omis ses lettres. Or sa méthode, dans les années 1665-1670-1675, est seulement en germe et fort incomplète ; mais, dans la seconde édition qu’il fait de ses œuvres, il publie la fameuse lettre ad R. Brady , lettre datée de 1685, où il expose sa nouvelle méthode avec une minutie de détails qui m’a ravi d’admiration.
« Ma foi, j’ai tout bêtement imprimé textuellement deux ou trois pages de son latin , avec la traduction à l’usage de ceux qui ne se souviennent plus de leur de Viris. J’en ai fait de même pour Torti. Je vous ai cité aussi, et j’ai fini par indiquer trois méthodes : 1° méthode romaine ou de Torti , 2° méthode anglaise ou de Sydenham , 3° méthode française ou de Bretonneau. Si , avec les