‹ Bretonneau et ses correspondantsChapitre 14 sur 95 · LETTRE IV · texte numérisé non relu

LETTRE IV

DE S A V I G N Y « Paris, ce 29 pluviôse an X (18 février 1802 .

« Tu dois donc nraccuser d'ingratitude ou au moins de négligence , mon cher Bretonneau : notre ami commun , Duméril, n'a point reçu la lettre que je lui adressais pour toi.

« J'avais toujours conservé l'espoir de te retrouver à Paris. Ton goût pour les sciences, tes talents, ton génie, une réputation prochaine, tout me semblait devoir t'y fixer. C'eût été pour moi une bien douce jouissance, après une absence si longue , si pénible , de te revoir enfin , de t'embrasser , de te presser contre mon cœur. J'ai appris que tu étais marié, parle de moi à ton épouse. Tout ce que tu aimes m'est bien cher. Comme elle doit être heureuse !

« Puisse -t- elle te rendre toi-même aussi heureux que tu le mérites.

« Donne-moi vite de tes nouvelles. Songe bien que tu es toujours mon meilleur, je dirais presque mon unique ami. Je t'embrasse de toute mon âme1. »

1 Savigny (de), naturaliste français, né en 1777, mort en 1851, se lia avec Bretonneau à l'École de santé (1794), fut attaché en qualité de zoologiste à l'expédition d'Egypte ( 1798), et chargé de rédiger, dans la magnifique collection consacrée à la description de ce pays, YHistoire naturelle des êtres intervertébrès.

Membre de l'Institut d'Egypte, de l'Institut de France et de la plupart des sociétés savantes de la France et de l'étranger, il a publié de nombreux travaux spéciaux. — T.

Page 1