LETTRE XXII
DU MÊME A LA MÊME
« Le 9 décembre 1814.
« J'ai vu toute l'aimable famille de Gloquet, et j'en ai été reçu comme tu peux l'imaginer; je n'ai pas besoin de te dire combien on m'a parlé de toi. Nous avons déjeuné dimanche chez Hippolyte. Duméril ne s'est pas trouvé trop bien de ce déjeuner-là. Il est cependant bien, très bien ; il a été dix fois plus content que moi de Y éminemment satisfait. J'aurais aussi bien fait de m'établir tout de suite chez lui; j'y passe la plus grande partie de mon temps. Le 14, je subirai le cinquième examen, et il ne restera plus que la thèse ; je suis encore un peu poursuivi de ma manie de lecture ; mais, ma foi, celui-là passé, je compte bien un peu m'amuser et badauder, si toutefois j'ai de bonnes nouvelles de ma reine Blanche.
« J'ai pour ma thèse un rapport très favorable et je puis la faire imprimer ; heureusement que , malgré toutes ses occupations, Duméril prend les trois quarts de tous mes embarras, car je suis devenu une machine à lecture. Il est bien temps que cela finisse ; à force de lire des sottises, je ne laisse pas que de faire dans ce sens-là d'assez grands progrès. Jamais je ne me suis senti plus gauche et plus distrait. Adieu, chère amie, j'espère que
si je te reviens un peu plus bête, je resterai une bonne bête, la plus attachée de toutes les bêtes, oui, plus même que M. Nitte ». »