XIV INTRODUCTION
féconde activité, Trousseau n'a jamais pu admettre les lenteurs interminables apportées par Bretonneau à la rédaction de ses œuvres. C'est avec une extrême vivacité qu'il lui exprime parfois l'irritation que lui cause « cette manie de suivre les préceptes de Boileau et de limer incessamment ses écrits pour n'y point laisser le plus léger pli ». On comprend, on approuve même ce langage, qu'atténuent tout aussitôt les nombreux témoignages de déférence que prodigue l'élève reconnaissant au maître toujours bienveillant et affectueux. Et si l'on a plus de peine à excuser la passion avec laquelle, déjà arrivé au faîte des honneurs, Trousseau juge des hommes qui s'appelaient Pariset et Chomel, on reconnaît toujours cependant, dans ses appréciations, la sincérité qui les a dictées.
Dans cette volumineuse correspondance , deux séries de lettres semblent avoir été écrites pour répondre aux préoccupations qui se font jour, depuis quelques années, aussi bien dans les conseils de l'instruction publique que dans la presse médicale. Je veux parler de l'importance que pourraient prendre, si on les organisait sur de nouvelles bases, les écoles secondaires de médecine et de l'influence qu'exerce sur l'issue des concours l'autorité prépondérante des maîtres appelés à les juger.
Elevés à Tours, instruits par Bretonneau avant d'arriver à Paris, Trousseau et Velpeau étaient bien placés pour apprécier l'utilité d'un enseignement