INTRODUCTION XV
préparatoire de la médecine dans un milieu moins encombre' que nos hôpitaux parisiens.
« Ce que je vois ici, écrit Velpeau, me fait sentir le prix des avantages que présentent les hôpitaux de province à ceux qui veulent se donner la peine de travailler ; car réellement il est difficile dans la capitale d'apprendre autre chose que des théories, à moins d'être interne quelque part. » De son côté, recommandant à Bretonneau de garder le plus longtemps possible près de lui ses deux élèves, Gouraud et Bassereau : « Faites -leur surtout bien entendre, ajoute Trousseau, qu'ils ne pourront presque rien faire s'ils viennent de trop bonne heure ici. En vérité, je crois impossible d'étudier utilement à Paris si l'on n'a pas encore étudié ailleurs. »
Que nos étudiants de province feraient bien s'ils écoutaient ces sages conseils ! Que renseignement et l'étude de la médecine gagneraient à cette division du travail, qui permettrait de diminuer à Paris l'encombrement des pavillons où l'on dissèque si peu et des cliniques où l'on voit si mal !
Quant aux concours incessants auxquels prenaient part, pour obtenir le titre envié de professeur, des médecins déjà célèbres, leur sincérité était alors, comme aujourd'hui, l'objet des commentaires les plus malveillants. « Dans ces adjudications de places, dit Velpeau, la faveur joue un grand rôle, » et le laborieux et énergique savant qu'on nous représente