‹ Bretonneau et ses correspondantsChapitre 62 sur 95 · LETTRE LXVIII · texte numérisé non relu

LETTRE LXVIII

DU MÊME A LA MÊME

« 28 juillet 1821.

« Chère amie , ce travail est fort avancé ; il y a cependant encore beaucoup à faire; j'écris à Duméril. Je projette de lire à la séance du 7 août, d'arriver chez lui dimanche à cinq heures du soir, à sa maison de campagne, grand colloque; lundi je me prépare, mardi je lis, et mercredi je pars pour Marseille. Tu verras que je m'y serai bien fait attendre, par les lettres que je confie à ton amitié. Tu verras aussi bien de la souplesse, bien de l'amabilité et, ce qui me va surtout au cœur, bien de l'inclination pour ma bonne et excellente femme.

« Mon amie bonne, de cette façon j'abrégerai bien mon absence ; mais il m'est plus triste et plus pénible que je

ne le puis dire de partir sans te voir. J'ai encore bien à piocher tout le traitement. Il a fallu perdre quelques moments avec Etienne. En vérité c'est un supplice de dépêcher sa vie de cette façon -là.

« J'embrasse mon amie bonne de toute mon âme. Je joins ici des dispositions testamentaires, telles, à peu près, qu'elles m'avaient été indiquées par M. Brachard. Mon amie bonne est trop raisonnable pour en éprouver une impression de tristesse. Si je ne la connaissais pas aussi bien , j'aurais laissé cette pièce dans mon secrétaire.

« Chère amie bonne , quelle liberté ! quel fardeau de moins quand ce malheureux mémoire sera lu et imprimé ; cela me prendra bien encore quelque temps, mais, pour le coup, ce ne sera plus un travail assommant.

« J'espère que nous nous reverrons; j'espère que les greffes auront leur tour. Malgré moi, je te vois faire une petite mine triste en faisant le testament, et je serais tenté de le remettre dans mes fouillis; mais à coup sûr il y serait encore égaré, comme le modèle que j'ai perdu.

« Ma reine bonne, écris -moi au moins deux fois; à coup sûr je te répondrai au moins une. »

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