XVI INTRODUCTION
toujours comme « ne demandant rien à personne et attendant tout de son infatigable activité » indique lui-même les moyens qu'il emploie pour « débaucher ses futurs juges » ; il raconte plaisamment que ceux-ci « n'ont cessé de se disputer pour décider quels seraient les heureux concurrents », et c'est dans les termes les plus pressants qu'il supplie Bretonneau de le recommander « avec une bonne petite phrase tranchante » et dans une lettre « qui devrait avoir l'air d'être écrite pour un autre motif ». Quant à Trousseau, ses lettres sont plus désolées encore. Il demande à son maître de plaindre la vie d'un pauvre jeune homme « qui voit devant lui d'insurmontables barrières, parce qu'il n'est pas dévot et que l'école est dévote ; parce qu'il n'a jamais fait le singe , et qu'il faut faire le singe ; parce qu'il faut être jésuite, et qu'il est libéral ; parce qu'enfin il est pauvre ».
Arrivés aux titres de professeurs et de juges, devenus les dispensateurs de toutes les places que sollicitent les candidats au bureau central ou à l'école, Velpeau et Trousseau seront à leur tour en butte aux récriminations de ceux qu'ils auront ajournés. Et de nos jours il en est de même, tant il est vrai que l'heure de la justice immanente n'a point encore sonné !
Combien cependant restent dignes les paroles adressées par Bretonneau à son impatient élève , et comme elles prouvent la sérénité d'âme avec laquelle