‹ Bretonneau et ses correspondantsChapitre 90 sur 95 · LETTRE CXVI · texte numérisé non relu

LETTRE CXVI

« Décembre 1825.

(( Je suis quitte de tous les préliminaires de mémoire et me voilà bien entré dans mon sujet. J'ai fini mes lectures et mis de côté mes in-folio; il faut être dans un fier engouement pour dévorer un pareil radotage. Je suis très content de M. Maurand, mon premier élève ; c'est un autre Velpeau. Je tâcherai de te le mener une fois. La plupart des nouveaux élèves ont fait de bonnes études latines, cela promet pour l'avenir; puisque je ysuis condamné à les enseigner, je veux y trouver quelque intérêt et quelque profit. Je fais rédiger par les plus avancés des histoires particulières des maladies ; l'élève chargé de ce soin lit son observation à la leçon; quand le malade succombe, j'écris, avant de faire procéder à l'ouverture du corps , mon opinion précise sur la nature de la maladie et la cause de la mort. J'ai eu jusqu'ici l'audace d'indiquer jusqu'au degré de l'altération qui serait trouvée , et je n'ai pas reçu la millième partie d'un démenti. J'ai fait la semaine dernière une opération de cataracte avec le plus merveilleux succès. Tout cela est le résultat d'expériences sur de pauvres animaux vivants, etc., etc.; et consigné sur un gros registre après

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revue et correction. Aussi je ne reviens guère de l'hôpital avant midi , quoique je parte a six heures. Je voudrais bien , avant de retourner à mes écritures , te dire un mot du pauvre jardin, j'espère l'aller voir bientôt; peut-être te mènerais-je M. L..., que tout ce désordre d'affaires rend bien triste et bien malheureux. Une femme de chambre de Mme de W... me retient pour quelques jours ; j'ai promis de l'assister dans ses couches; si elle n'en prend pas son parti, je la confierai à M. Mignot.

« Je me sentirai bien allégé et je ne ferai plus de semblable entreprise. Chère amie bonne, que je serai heureux de me retrouver un moment à Chenonceaux ! »

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