‹ BrindillesChapitre 17 sur 40 · L'OCEAN ET LE RUISSEAU · texte numérisé non relu

L'OCEAN ET LE RUISSEAU

C'était un clair ruisseau, né tout près de la plage ;

L'Océan daigne un jour lui tenir ce langage :

« La Nature a pour toi vraiment bien des rigueurs :

Tu vois le jour à peine et dans mon sein tu meurs !

Pitoyable destin! J'ai grand'part à ta peine.

Filet d'eau qu'un zéphyr sécherait d'une haleine ! »

Le Ruisseau répliqua :

» Ne plains pas tant mon sort.

Si je trouve à cent pas de mon berceau la mort. Si mon flot est petit, du moins il est paisible: Le tien toujours s'agite, inquiet, irascible. Heurtant sur les rocs durs dont est semé ton sein Les marins trépassés dont il est l'assassin.

— Qui règne sur ce flot est maître de la terre !

— Il est amer à tous, et le mien désaltère.

Si mon bord ne voit pas le grand trois- mâts allier. L'enfant y fait flotter ses bateaux en papier : Et je suis si petit que ses deux jambes nues Encadrent aisément mes deux ri\es menues;

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l'oint d'ancre qui déchire et de monstre marin :

La mousse »'t le cresson s'endorment sur moo sein.

Et l>icu qui t'a conçu, comme il m'a mis au monde,

^ mire mieux son ciel que dans ton eau profonde.

\ussi tu peux gronder et de tes Ilots puissants.

Sans répit, nuit et jour battre les continent-.

Je ne jalouse point ton onde- tourmentée,

Kt la paix me suffit dont la mienne est dotée. »

C'est pour les tout petits nue mon Ruisseau pur/a : Si simple soit la tâche ici -bas, aimons- la !

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