L'OCEAN ET LE RUISSEAU
C'était un clair ruisseau, né tout près de la plage ;
L'Océan daigne un jour lui tenir ce langage :
« La Nature a pour toi vraiment bien des rigueurs :
Tu vois le jour à peine et dans mon sein tu meurs !
Pitoyable destin! J'ai grand'part à ta peine.
Filet d'eau qu'un zéphyr sécherait d'une haleine ! »
Le Ruisseau répliqua :
» Ne plains pas tant mon sort.
Si je trouve à cent pas de mon berceau la mort. Si mon flot est petit, du moins il est paisible: Le tien toujours s'agite, inquiet, irascible. Heurtant sur les rocs durs dont est semé ton sein Les marins trépassés dont il est l'assassin.
— Qui règne sur ce flot est maître de la terre !
— Il est amer à tous, et le mien désaltère.
Si mon bord ne voit pas le grand trois- mâts allier. L'enfant y fait flotter ses bateaux en papier : Et je suis si petit que ses deux jambes nues Encadrent aisément mes deux ri\es menues;
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l'oint d'ancre qui déchire et de monstre marin :
La mousse »'t le cresson s'endorment sur moo sein.
Et l>icu qui t'a conçu, comme il m'a mis au monde,
^ mire mieux son ciel que dans ton eau profonde.
\ussi tu peux gronder et de tes Ilots puissants.
Sans répit, nuit et jour battre les continent-.
Je ne jalouse point ton onde- tourmentée,
Kt la paix me suffit dont la mienne est dotée. »
C'est pour les tout petits nue mon Ruisseau pur/a : Si simple soit la tâche ici -bas, aimons- la !