‹ BriséïsChapitre 60 sur 109 · LE VIEUX MARIN · texte numérisé non relu

LE VIEUX MARIN

Mais moi, le soir d'hier, dans les ténèbres, J'ai vu deux grands corbeaux S'élever d'entre les tombeaux Vers les astres funèbres.

Tandis qu'un sinistre bruit d'ailes

Palpitait dans les airs, Ils laissaient choir sur les marbres déserts Comme une neige en deuil de tristes asphodèles.

Un silence pendant lequel les vieillards ont eu l'air de se consulter entre eux. Un assombrissement dans l'orchestre,... et le vent s'est levé, faisant, au fond, trembler et s'enfler les voiles. — Le vieillard continue de parler :

Et... tenez'... dans l'air obscurci Court un vent froid...

Le vent redouble, éteignant les torches.

...soufflant les torches au passage!...

Le vieux marin, dans le noir d'une baie, lève le bras au ciel :

Et les deux grands corbeaux planent !

Les vieux remontent vers lui, pendant que les jeunes gens effrayés se groupent plus étroitement sous les torches éteintes.

en des chuchotements.

Sombre présage.

H Y l a s , qui veut les retenir.

Elle viendra! Restez ici !

Vous rirez et boirez dans la maison en fête!

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