ACTE III. — SCENE III
nuis É ï s ,
sans bouger, les bras pendant sous les voiles.
Ne m'attendais-tu pas, Hylas? Je suis venue Ainsi que je l'avais promis.
En vain la route est ténébreuse, En vain le lourd portail de l'ombre s'est fermé, Rien ne peut détourner les pas de l'amoureuse
En chemin vers son bien-aimé.
HYLAS
s'efrbrçant de sortir d'alarme.
C'est toi! Je sens mon cœur charmé
S'ouvrir comme une fleur heureuse!
Il s'avance, passionnément, pour enlacer Briséïs; elle a laissé tomber son long voile. Hylas s'arrête, et :
Mais que vous êtes pâle, aujourd'hui, ma chère âme !
b r i s ï: ï s C'est qu'aux lieux d'où je viens il n'est couleur ni flamme.
HYLAS
Dans vos yeux où riait l'azur
Je vois comme une aurore sombre!
brisé ï s
C'est que mes yeux sont pleins de l'ombre D'un sommeil lourd et très obscur.
HYLAS
Entre mes mains ta main glisse, glacée et roide !
C'est qu'elle a soulevé vers toi la pierre froide.
HYLAS
Ta voix est comme un chant plaintif et solennel !