ACTE 111. — SCENE III
C'est qu'elle vient du fond du silence éternel.
Ah ! le souffle ardent de ma bouche Ranimera tes yeux et ton front qui pâlit ! Vierge épouse, voici la nuptiale couche...
b r i s É ï s Non! ce n'est pas ici ma maison ni mon lit.
H Y LA S
Où donc est-elle ta demeure?...
bris É ï s
Elle est lointaine, elle est paisible, elle est meilleure
Que tout logis humain; Et je viens te chercher pour notre nuit d'hymen.
Dans la solitude sacrée, Là-bas, vers le vague horizon, De bronze et de marbre murée, Il est une maison.
C'est là qu'habitent les silences Et le pâle oubli du terrestre jour, Et c'est là qu'enfin tu commences, Immortel amour!
Au delà de la porte obscure, Dans la crypte que l'ombre emplit, Fait d'une pierre étroite et dure, Il est un calme lit.
C'est là que s'endorment les fièvres De la vaine chair prompte à s'apaiser, Et que s'éternise sans lèvres L'infini baiser!