ACTE III. — SCENE III
Briséïs! Vision dont le souffle m'effleure Qu'es-tu donc maintenant?
b ri s e 1 s
As-tu peur de me suivre, Hylas, vers la demeure De l'hymen permanent?
HYLAS
Vers la vie ou la mort, vers la nuit ou l'aurore, Femme ou fantôme, je te suis!
Il te faut devenir d'abord tel que je suis ; O mon Hylas, écoute encore.
Te rappelles tu que tu me jetas, Une nuit d'été, des roses en tas,
Pour m'avertir à la fenêtre?
Après ton départ je les ramassai,
Et, de mon souffle caressé,
J'ai vu le cher bouquet renaître.
Je te donne à mon tour un bouquet, mon amant. Non pas de lys, non pas de roses, Elle tire une touffe pale d"entre ses voiles.
Mais de livides fleurs à l'arôme endormant Qui près de mon lit sont écloses.
Ces tristes fleurs, Sans couleurs, Sœurs de ta fiancée, Prends-les, Hylas, et mêle à mes baisers les tiens.