Acte II, Scène III
Ce n’est point par leur choix que je me détermine.
C’est à moi seul, madame, à répondre de vous ;
Et je veux de ma main vous choisir un époux.
JUN IE
Ah, seigneur! songez-vous que toute autre alliance Fera honte aux Césars, auteurs de ma naissance?
NÉRON
Non, madame, l’époux dont je vous entretiens Peut sans honte assembler vos aïeux et les siens1);
Tous pouvez, sans rougir, consentir à sa flamme.
Et quel est donc, seigneur, cet époux?
NÉRON
Moi, madame 2).
trouvons toujours Titus , tandis que Corneille et Bossuet écrivent toujours Tite ; et évidemment en vers Titus a plus de grâce. Comme on n’a point de règle certaine sur cet usage de la forme latine dans les noms propres grecs et latins, nous nous bornerons 'a dire qu’on ne doit donner la terminaison française qu’aux noms célèbres; cependant il y a des exceptions. Corneille, qui les francise tous, est le seul qui ait dit, Romuley Agrippe, Brute , Crasse. On dit les Gracques , Cornélie mère des Gracques , et il faut dire nécessairement Tïbérius Gracchus. On dit Pyrrhus , Porus , mais Tacite ; Antoine et non pas Antonius; Phidias , Epaminondas , mais Pythagore et non pas Pythagoras ; Clio , Calypso , mais Didon , Strabon , Cicéron , Corbulon ; ce qui prouve que, pour le choix d’une forme latine ou française, on doit consulter son oreille et l’usage. Claude et Claudius se donnent également bien comme noms de baptême.
•) Assembler est pris ici dans le sens de unir , réunir avec une idée de comparaison, car au propre on réassemble que des êtres ou des objets de la même espèce ou s’ils sont divers, ils sont assemblés dans un même but.
2) Cette réponse trop fi ère "dans la bouche d’un amant est très-caractéristique pour Néron.
Vous!