‹ Britannicus, tragédie. Avec commentaires choisis des meilleurs commentateurs français. Augmentés de remarquesChapitre 58 sur 87 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

AGRIPPINE, BURRHUS

Oui, madame, à loisir tous pourrez vous défendre1): César lui-même ici consent de vous entendre 2),

Si son ordre au palais tous a fait retenir,

arriver dans un troisième acte, et Néron et la pièce marchent du même pas. — Dans l’intervalle de cet acte au suivant, Burrhus exécute l’ordre qu’il a reçu, et le spectateur attend quelle en sera la suite.

1) Cette suite de discours, dit L. R ., fait connaître que Burrhus, qui a reçu ordre d’arrêter Agrippine, et qui ne la quitte point, depuis que Néron lui a dit, répondez-m’en, a engagé Néron à accorder une audience à sa mère. Il amène Agrippine à cette audience; et faisant l’office de médiateur, il tâche de justifier Néron, en disant que s’il a fait arrêter Agrippine, c’est peut-être à dessein de l’entretenir. Il répète à Agrippine les conseils qu’il lui a déjà donnés; mais la fière Agrippine ne paraît pas les écouter, et le renvoie avec mépris sitôt qu’elle aperçoit Néron, qui, selon Tacite, ne l’allait voir qu’accompagné, et lui rendait une visite très-courte: post brève osculum discedens. Elle obtient ici une audience secrète.

2) La différence entre consentir à et consentir de est peu sensible, mais comme elle existe et que nous rencontrons un exemple de cette seconde forme peut être moins en usage que la première, nous croyons devoir la donner. Consentir à s’emploie lorsqu’il s’agit d’une action que l’on consent à faire; mais de est préféré , lorsqu’il est seulement question de ne pas défendre, ne pas empêcher.

Br itanni eu s,

C’est peut-être à dessein de vous entretenir.

Quoi qu’il en soit, si j’ose expliquer ma pensée,

Ne vous souvenez plus qu’il vous ait offensée;

Préparez-vous plutôt à lui tendre les bras;

Défendez-vous, madame, et ne l’accusez pas.

Vous voyez, c’est lui seul que la cour envisage.

Quoiqu’il soit votre iils, et même votre ouvrage,

Il est votre empereur. Tous êtes, comme nous,

Sujette à ce pouvoir qu’il a reçu de vous.

Selon qu’il vous menace, ou bien qu’il vous caresse,

La cour autour de vous ou s’écarte ou s’empresse1).

C’est son appui qu’on cherche, en cherchant votre appui.

Mais voici l’empereur.

AGRIPPI N E.

Qu’on me laisse avec lui 2).

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