‹ Britannicus, tragédie. Avec commentaires choisis des meilleurs commentateurs français. Augmentés de remarquesChapitre 85 sur 87 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

AGRIPPINE, BURRHUS, ALBINE

ALBINE

Ah, madame! ah, seigneur! courez vers l’empereur1);

Venez sauver César de sa propre fureur:

Il se voit pour jamais séparé de Junie.

AGRIPPINE

Quoi! Junie elle-même a terminé sa vie?

ALBINE

Pour accabler César d’un éternel ennui,

Madame, sans mourir elle est morte pour lui.

Vous savez de ces lieux comme elle s’est ravie2):

Elle a feint de passer chez la triste Octavie :

Mais bientôt elle a pris des chemins écartés,

Où mes yeux ont suivi ses pas précipités.

Des portes du palais elle sort éperdue.

D’abord elle a d’Auguste aperçu la statue:

Et mouillant de ses pleurs le marbre de ses pieds,

Que de ses bras pressants elle tenait liés:

,, Prince, par ces genoux, dit-elle, que j’embrasse,

Protège en ce moment le reste de ta race :

Rome, dans ton palais, vient de voir immoler

A) La consonnance des deux hémistiches est plus excusable ici qu’ailleurs dans un vers que l’on remarque à peine. L . H.

2) Cette faute est si grave, selon L. H ., que l’on souhaiterait voir ce vers rayé de cet ouvrage: rien ne peut faire passer l’impropriété du mot s'est ravie . On se dérobe, on s'échappe, etc. de quelque endroit, mais on ne peut se ravir d’un lieu.

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