LE RENOUVELLEMENT DES VAISSEAUX
Personne, sauf M. Monk, n'a encore parlé du renouvellement de ces vaisseaux. Les flottes passent, et passent vite, même en temps de paix. Et elles coûtent de plus en plus cher.
Le chef de l'opposition, M. Borden, toujours désireux dans les circonstances difficiles de venir au secours du gouvernement, s'est empressé de dépasser M. Laurier dans la course à l'impérialisme. Non content des quatre cuirassés protégés, modèle "Bristol", du croiseur, modèle ' '. Boadicée * \ et des six contre-torpilleurs que le premier-ministre met à la disposition de l'Angleterre, il dit: "Faisons mieux: donnons un dreadnought."
Je respecte l'autorité de M. Laurier et celle de M. Borden. Mais il existe dans la vieille Angleterre quelques hommes qui, sur les questions de marine, sont presque aussi compétents que nos politiciens canadiens. Voici l'opinion d'un homme qui s'y connaît:
3e veux parler de sir William White, longtemps directeur des constructions
(1) Rapport de la Conférence, page 35.
navales du gouvernement britannique.
Que dit-il, sur ce point?
"Il n'y a pas d'arrêt définitif dans la conception de nouveaux modèles de vaisseaux de guerre, et comme le modèle des dreadnoughts n'a pas reçu l'approbation d'un grand nombre d'experts, on peut être assuré que ce genre de vaisseaux ne restera pas toujours en faveur et ne sera pas en usage aussi longtemps que ses partisans le prétendent". (1)
Cette opinion de sir "William White n'est, du reste, que le résumé de l'histoire des flottes de guerre depuis qu'elles existent, et surtout depuis que l'application de la vapeur, de l'électricité et des armements modernes ont transformé la guerre maritime. L'histoire des peuples modernes est là pour nous enseigner qu'une flotte de guerre dure vingt ou trente ans, même si le pays a été en paix. A la fin de cette période, il faut la mettre au vieux fer et la remplacer par des modèles nouveaux.
Je ne développerai pas davantage le côté purement financier de la question.
Le député de Jacques-Cartier, M. Monk, l'a très bien exposé dans un discours mémorable qu'il prononçait à Lachine il y a quelques semaines. Il a parlé le langage de la raison, alors que tant»
d'autres ont perdu la tête.