‹ Brochures diverses (volume 2)Chapitre 18 sur 289 · FAUSSE POSITION DE M. CHAMBERLAIN · texte numérisé non relu

FAUSSE POSITION DE M. CHAMBERLAIN

I<a position de M. Chamberlain dans les rangs de ses alliés se trouva radicalement fausse. Il aurait voulu transporter de sa forteresse de Birmingham au parlement tout l'attirail socialiste qui l'avait fait le prophète et l'espoir des corporations ouvrières. Il se heurta à l'obstination de ses collègues torys. Il voulut alors chercher dans les questions étrangères un champ favorable à son activité. Désireux de faire oublier au peuple anglais l'échec de ses projets de réforme sociale, il chercha à soulever l'orgueil de la nation. Proche parent des démagogues de la politique américaine, il eut tôt fait d' acclimater en Angleterre le ton et les arguments de la presse jaune. Profitant de ce que ses disciples appelèrent la pusillanimité sénile de lord Salisbury, à l'issue de la guerre sino-japonaise, et des projets gigantesques de M. Cecil Rhodes, il fit miroiter aux yeux éblouis des jingos la perspective d'un empire africain du Cap au Caire. Ses écarts de langage lors de l'incident de Fachoda effrayèrent à bon droit ses collègues et la saine opinion publique. On lui ferma la porte du ministère des affaires étrangères. C'est alors qu'il se jeta tout entier dans le mouvement impérialiste qui devait attirer sa nature agressive et tyrannique. Il crut y trouver sa voie et il avait raison.

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