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SERONS-NOUS CONSULTES

M. Borden, naturellement, ici encore, vint au secours de M. Laurier; et il déclarait bénévolement l'autre jour qu'il croyait qu'à l'avenir l'Angleterre nous consulterait avant de faire la guerre.

(1) Rapport de 1» conférence, déjà cité, page 84.

L'Angleterre cousuîtera-t-elle les grandes colonies, dans un avenir plus ou moins lointain? C'est ce que nous examinerons tantôt. Elle ne pourrait le faire, en tout cas, sans une révolution complète de tout son système impérial et colonial.

Mais en attendant cette révolution, je crois que la consultation se bornera à des procédés comme ceux auxquels on a eu recours en 1899, quand Ai. Chamberlain, ayant d'ores et déjà décidé la guerre d'Afrique, envoyait à Ottawa un employé salarié de la "South African Chartered Company", du nom d'Allen. Ce plénipotentiaire iuteriope prépara dans l'ombre un voeu d'adhésion à la politique de M. Chamberlain, le fit couver à Rideau Hall, sous l'aile de lord Minto, le glissa subrepticement dans la main de sir Charles Tupper, lequel le fit couler doucement dans la poche de la redingote de sir Wilfrid Laurier, qui le déposa à la Chambre un vendredi soir, le fit prendre en délibération le lundi et voter en deux heures.

Et lorsque le lendemain, je demandais à M. Laurier pourquoi il avait fait

adopter ce vœu sans plus d'avis ni de délibérations, il me répondait, en esquissant son sourire le plus doux: "J'ai profité du temps où les petits rouges de Québec n'étaient pas à la Chambre." Ce qui n'empêcha pas les petits rouges de Québec de s'aplatir alors, comme ils l'ont fait depuis, et de suivre aveuglement le premier ministre dans toutes ses évolutions.

La consultation de3 colonies, au moins sous le régime qui gouverne aujourd'hui l'empire britannique, est impossible.

Elle ne nous offre aucune garantie. Et l'argument qu'on en tire est aussi puéril que celui que les journaux ministériels trouvent dans les articles de ce projet de loi qui permettent la convocation des Chambres.

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