NOTRE COMMERCE EN TEMPS DB GUERRE
Mais me direz-vous, même si nous n'avons pas une marine- marchande en haute mer, nous n'en faisons pas moins un commerce considérable sous le pavillon anglais ou le pavillon étranger.
Et ce commerce, l'Angleterre le protège.
N'oubliez pas» qu'en temps de guerre,
ce n'est pas le ballot de marchandise qu'on attaque mais le pavillon qui le couvre, — pas le pavillon du pays de provenance mais le pavillon du pays ou le navire est enregistré.
LE PROJET DE LOI SAVALE
J'ai déjà touché à ce point. J'y reviens pour vous rappeler un incident qui prouve qu'à l'avantage de faire partie d'un grand empire s'ajoute quelque inconvénient.
A l'une des conférences de LaHaye, ©b a discuté la neutralité du commerce des nations belligérantes. Les Etats- Unis ont demandé vigoureusement la reconnaissance de ce principe. C'eût ete le couronnement de l'œuvre de civilisation que les nations européennes cherchent à accomplir depuis cinquante ans, en dépit de leurs armements mons-
Si l'on eût fait adopter ce principe, de même qu'aujourd'hui la marchandise des pays en guerre peut passer sous an drapeau étranger, elle eût pu être transportée sous le drapeau même des belligérants, pourvu que ce ne fut pas de la contrebande de guerre.
Le Canada y eût trouvé un avantage énorme.
Quelle fut la nation qui s'y objecta?
L'Angleterre, — l'Angleterre qui, se croyant encore maîtresse des mers, jugea qu'en cas de guerre elle avait plus à gagner qu'à perdre par le vieux droit de recherche. L'Angleterre sans nous consulter fit maintenir le droit de recherche et repousser le principe proposée par les Etats-Unis de la neutralité du commerce des belligérants.
Ici encore, nous avons le droit de dire qu'elle a pensé à elle avant de penser à nous. .
Certes, je ne l'en blâme pas. Mais pourquoi n'agirions-nous pas de même ?