UN SUICIDE! UN CRIME
Mais, messieurs, j'invoquerai encore une parole devant laquelle sans doute les amis de M. Brodeur et les partisans du ministère s'inclineront avec quelque respect:
"Ce serait UN VERITABLE SUICIDE pour le pay3 que de se lancer dans le gouffre des dépenses où les nations européennes, Y COMPRIS L'ANGLETERRE, ont été entraînées par les besoins d'armements formidables. Quelle est la situation respective de la Grande-Bretagne et du Canada? La Grande-Bretagne est l'une des premières nations de l'univers, la première peut-être sous plusieurs rapports, le centre du plus puissant empire de nos jours, du plus grand empire depuis la chute de l'empire romain. Par là même, elle est obligée de maintenir une nombreuse armée permanente. La Chambre sait combien la nécessité d'entretenir une armée permanente a toujours répugné an peuple anglais, comment celui-ci s'est toujours révolté à cette idée, mais il a dû se plier aux exigences de la situation et entretenir constamment une armée sur pied. La plus grande partie du budget de l'Angleterre est dévorée par les dépenses navales et militaires, et l'honorable député (M. Maclean) voudrait nous mettre dans une pareille position et nous faire partager ces dépenses! Toute autre est la situation du Canada. C'est un immense pays, ayant une population de cinq millions et un tiers d'habitants disséminés sur une étendue de trois mille milles de l'est à l'ouest. Quels sont les plus lourds articles de son budget? Les travaux publics, la colonisation, la construction de voies ferrées et le creusement des ports et de voies de transport. Voilà le champ où doit s'exercer notre activité, et ce serait un CRIME de détourner une partie des deniers nécessaires à l'accomplissement de ces travaux pour acheter des canons, des fusils et des munitions de guerre." (1)
J'aurais hésité à prononcer le mot * ' crime ' '. Si je l 'emploie aujourd 'hui, si je n'hésite pas, dans cette ville de Montréal, à qualifier de criminelle la politique de sir Wilfrid Laurier, c'est
<a) "Débats de la Chambre des Commu-
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parce que sir Wilfrid Laurier, "l'idole du peuple ' ' définissait en ces termes violents, le 15 avril 1902, la politique qu'il devait préconiser le 12 janvier