TARIF IMPERIAL
Cette agitation se manifestera surtout dans l'Ouest, où, comme le disait, d'une façon pittoresque, le secrétaire
LE PROJET DE LOI NAVALE
d'Etat, M. Murphy: "Ce qu'on veut, ce sont des "box-cars" et non des "dreadnoughts".
Dans la même région, on consentirait volontiers à une taxe militaire pourvu que le contribuable anglais y répondît par un impôt sur le blé étranger.
Mais le contribuable anglais ne consentirait à taxer son blé qu'à la condition de recevoir une compensation "adéquate" sous forme de faveur réelle à ses produits industriels.
Et le manufacturier d'Ontario ou de Québec, comme le personnage de Dickens, veut bien sacrifier "les parents de sa femme" à la grandeur de l'Empire, mais il n'entend pas abandonner les bénéfices de son industrie au fabricant de Sheffield ou de Manchester.
Je ne veux pas ce soir discuter au mérite cette question du tarif impérial.
Je ne crois pas à la possibilité de cette politique; et à ceux qui veulent étudier à fond ce problème économique, je recommande la lecture d'une brochure très bien faite, dont l'auteur n'est pas un Canadien-Français ni un politicien, mais l'un des économistes les plus distingués de notre pays et de l'Empire, M. Adam Shortt, autrefois professeur de sciences politiques à l'Université de Kingston, appelé, depuis, par le gouvernement fédéral à faire partie de la Commission du service civil.
Si vous croyez encore à la possibilité d'un tarif de faveurs réciproques dans l'Empire ; si vous ignorez encore que cette politique "de l'avenir" n'est pas nouvelle, mais qu'elle n'est, sous mne nouvelle forme, à peine déguisée, que l'ancienne politique de Georges III et de lord North, cause de la révolte des colonies américaines, lisez la broebure de M. Shortt.
Je ne veux envisager ce soir que la conséquence ultime.