MOYENS D'ACTION DE M. CHAMBERLAIN
Examinons un instant par quelles méthodes M. Chamberlain s'efforce de faire accepter ses projets aux colonies.
Il commença par faire miroiter à leurs yeux l'appât d'un zollverein impérial. Mais, ainsi que je l'ai dit tantôt, il dut abandonner ce terrain devant l'attitude hostile des contribuables anglais. En dépit de sa grande ténacité, le secrétaire colonial ne se cramponne pas aux idées qui n'ont aucune chance de succès. Il ne lâcha pas celle-ci, cependant, avant d'avoir cherché à obtenir des gouvernements coloniaux une promesse de contribution à l'armée et à la marine anglaises. Car c'est là, n'en doutons pas, la base du système : tout le reste, réciprocité commerciale, représentation politique, appel judiciaire, ne sont que les accessoires destinés à faire accepter le principe et en assurer le développement et la stabilité. L'Angleterre
(1) Voir pièces justificatives, chapitre VII. : /. Congrès, des chambres de commerce — Congrès de jçoo.
veut des soldats et des marins ; et pour induire les colons à les lui fournir, elle emploie toutes les forces d'attraction possibles.
Avec cette audace qui touche parfois au génie, M. Chamberlain posa la question brusquement aux premiers- ministres de toutes les colonies autonomes, réunis à Londres au grand jubilé de 1897. ^e moment était bien choisi. Dans une période oratoire qui restera classique et qui rappelle vivement Tune des plus belles pages de Macaulay, celle où le grand historien décrit les apprêts solennels du procès de Hastings à la chambre des Pairs, sir Wilfrid Laurier a fait la peinture de ce déploiement fastueux de pompe impériale, destinée surtout à éblouir les sujets coloniaux de Sa Majesté. (1)