‹ Brochures diverses (volume 2)Chapitre 271 sur 289 · LES DEUX TEXTES SE VALENT · texte numérisé non relu

LES DEUX TEXTES SE VALENT

Dans la province de Québec, les hérauts et les organes attitrés du ministère répètent à l'envi que l'amendement projeté a la même valeur et produira les mêmes effets que l'article 16 du projet de loi. Ils nous citent, à l'appui de leurs affirmations, les attaques q u ey les enjiem i^ des écoles, jséparées coutTuTtelît de diriger contre le.

ministère en dépit de sa nouvelle attitude.

A ceci, je répondrai tout d'abord qu'aux yeux de ceux qui prétendent que les nouvelles provinces devraient recevoir du parlement une juridiction absolue en matière d'instruction publique, l'amendement Sifton — je crois pouvoir le désigner ainsi — est aussi condamnable nue l'article 16. Il n'est donc pas étonnant qu'ils persistent dans leur opposition.

Quant aux fauteurs de désordre, à ceux qui ont entrepris de soulever les provinces anglaises, et mus particulièrement l'Ontario, au cri de tl Sus au Tape, à l'épiscopat et aux bandes' françaises de Québec! " nulle concession que le ministère pourra leur faire ne les arrêtera en si belle voie. Les passions qu'ils déchaînent ne rayonnent pas et ne s'occupent guère des textes.

Loin de voir dans la persistance des attaques que subit le ministère un argument favorable à l'adoption de l'amendement, i'v trouve la preuve de l'inutilité de cet acte de faiblesse. Même en se plaçant au point de vue le plus étroit que puisse prendre le partisan politique le plus zélé, les véritables amis de sir Wilirid Laurier auraient grand tort de permettre à ses collègues de l'entraîner dans la voie des concessions. Ils trahiraient la justice sans aucun avantage pour leur parti.

Je pourrais répondre au plaidoyer' des" ministériels, qui cherchent une excuse à leur défection dans les discours du docteur Sproule et du colonel Hughes, dans les lettres de M. Haultain et dans les diatribes du "World" et du "JSiews". par une thèse du même genre, et dire que si M. Sifton, qui a démissionné parce qu'il ne pouvait accepter l'article i6, agrée l'amende-, ment pro;eté, il est difficile de croire que les deux textes ont la même valeur et la même portée. Mais je reconnais volontiers que ces deux arguments se valent et qu'il /ne faut pas

attacher trop d'importance aux dires et aux "estes d un bon nombre de politiciens, plus occupes de ce temps-ci à sauver leur peau et à faire les affaires de leur parti qu'à défendre des principes. Je préfère discuter le mérite intrinsèque des propositions dont la Chambre est saisie.

Page 1