PAS DE PRÉCÉDENT
On a tenté de calmer nos appréhensions en nous promettant que l'action du ministère ne servirait pas de précédent. Mais au décret comportant cette réserve, le secrétaire colonial a répondu, remerciant le Canada d'avoir assumé sa part des fardeaux de l'empire ; et nos
(1) Voir pièces justificatives,, page gxxx-
(2) Voir pièces justificatives, chapitre II, (2. Interprétation au Canada), page xxxvi.
représentants se sont inclinés et notre parlement tout entier, à l'exception de dix voix, a refusé de ratifier la réserve du ministère (i). Fort de cette acceptation tacite, M. Chamberlain s'est glorifié, au parlement britannique et sur toutes les tribunes d'Angleterre et d'Ecosse, d'avoir enfin obtenu la participation des colonies aux guerres de l'empire ! " Cet avantage, a-t-il dit, vaut plus que la guerre, les pertes de vie, les milliards dépensés." (2)
Il n'a manqué qu'une chose à ce plan si merveilleusement conçu et exécuté : c'est que les Boers y jouassent le rôle que M. Chamberlain leur avait assigné. Botha et Dewet s'obstinent à refuser à l' Empire-Uni le baptême de gloire que son créateur avait rêvé.
Les obstacles ne découragent pas M. Chamberlain. Il continue son œuvre en dépit des revers, précurseurs des cris de haine qui l'accueilleront bientôt si le dieu des batailles, dont il veut faire l'idole de son empire, ne lui prête pas une oreille plus clémente.