‹ Brochures diverses (volume 2)Chapitre 38 sur 289 · NOS DEUX RACES · texte numérisé non relu

NOS DEUX RACES

Je ne verrais aucun danger, à peine un surcroît de difficultés, dans la présence de deux races au Canada, si nos hommes politiques

(1) Voir pièces justificatives, page CXIY l»l Voir, pièces justificatives, page CXXII

apprenaient à faire appel aux meilleurs sentiments des deux éléments au lieu de flatter leurs préjugés particuliers.

L,e seul terrain sur lequel il soit possible de placer la solution de nos problèmes nationaux, c'est celui du respect mutuel à nos sympathies de races et du devoir exclusif à la patrie commune. Il n'y a ici n'y maîtres, ni valets, ni vainqueurs, ni vaincus : — il y a deux alliés dont l'association s'est conclue sur des bases équitables et bien définies. Nous ne demandons pas à nos voisins d'origine anglaise de nous aider à opérer un rapprochement politique vers la France ; ils n'ont pas le droit de se servir de la force brutale du nombre pour enfreindre les termes de l'alliance et nous faire assumer vis-à-vis de l'Angleterre des obligations nouvelles, fussent-elles toutes volontaires et spontanées.

Le sol canadien, son sang, ses richesses, son passé, son présent et son avenir — tout cela ne nous appartient que pour le transmettre intact à nos descendants. Je respecte et j'admire chez mon voisin l'amour qu'il porte à sa vieille et glorieuse patrie, et je le mépriserais si cet amour vibiait moins fort aux jours d'épreuve. J'attends en retour qu'il respecte la même fidélité du souveuir chez les enfants de la patrie française. Mais en dehors de ce domaine du cœur et de l'esprit, il n'y a qu'un moyen possible d'éviter des malentendus funestes, c'est que nous soyons et que nous resticns tous deux exclusivement Canadiens sur le terrain constitutionnel et politique.

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