BANQUET DU CLUB LIBERAL NATIONAL
LORD KIMBERLEY, {leader du parti libéral à la Chambre des Lords) :...-. Il pourra se présenter et il se présentera un grand nombre de questions très difficiles à résoudre avant que nous puissions accomplir, dans l'avenir, une union plus intime; mais avec les dispositions qui dominent aujourd'hui et la conviction qui anime le peuple anglais que le mouvement en faveur d'un rapprochement doit venir des colonies, — la nation anglaise est prête à répondre à ce mouvement ; et grâce à cette conviction, je crois fermement que ceux qui viendront après nous seront assez sages et prudents, et animés de sentiments assez patriotiques, pour rendre plus intime l'union gui existe aujourd'hui.
Sir WILFRID LAURIER remercia Lord Kimberley des bons sentiments qu'il avait exprimés à l'endroit des colonies. . . " A l'heure actuelle, la race que je représente est fidèle à la Couronne d 'Angleterre : je le dis sans aucune flagornerie ; — car nous sommes libres et tant que nous serons libres nous serons fidèles. Si j 'ai une autre pensée à exprimer c 'est celle-ci : je ne crois pas au Parlement de l'humanité, maisyi? crois au Parlement de la Plus- Grande-Bretagne ; et le jour le plus glorieux de ma vie — -je ne puis espérer de vivre assez longtemps pour voir ce jour, mais quelques-uns de ceux qui vivent aujourd'hui au Canada pourront le contempler — serait celui où je verrais un Canadien d' origine française appuyant le principe de la liberté dans ce Parlement de la Plus- Grande-Bretagne. ' '
L,e Times du 5 juillet, où j'ai copié ces extraits, ajouta ces commentaires aux discours prononcés la veille :
Les colonies sont aujourd' hui prêtes à resserrer les liens qui les unissent dans
le sein de l'Empire, dès que la sagesse des hommes d'Etat, le progrès de l'opinion publique et le développement des relations matérielles pourront permettre de réaliser les vœux que nous formons tous. Il n'est pas encore facile de prévoir nettement sous quelle forme sera constitué ce Parlement de la Plus- Grande- Bretagne que Sir Wilfrid Laurier entrevoit d'un œil prophétique...
(i> On verra plus loin que ce "partisan de colonies" était Sir John COLOMB. —Chapitre V. 2». - MARINE. Session de 1898. c'v.