INTERVIEW DE SIR WILFRID LAURIER
Avant le banquet où il prononça le discours dont je viens de citer un extrait, sir Wilfrid Laurier communiqua ses vues au correspondant particulier du Times, à Paris. La lettre parut dans le Times du 23. En voici un paragraphe :
Je serai peut-être amené ce soir à dire quelque chose de l'idée fédérale qui préoccupe aujourd'hui l'opinion anglaise. Pour nous, nous sommes tout-à-fait contents de notre situation actuelle. Nous acquérons des forces et de la prospérité. Nous nous sentons indépendants et nous nous attachons d'autant plus à la mère-patrie que nous paraissons agir en pleine liberté. Peut-être qu'un jour, dans cinq ou dix ou vingt ans, lorsque nous serons douze à quinze millions, serons-nous entravés par la situation actuelle. L'idée fédérale se présentera alors tout naturellement d'elle-même. Et, j'en suis convaincu, on saura trouver le meilleur moyen de réaliser cette idée. On constituera peut-être un Parlement où les colonies et la mère-patrie seront représentées dans une proportion équitable et où l'on discutera les intérêts communs sans porter la moindre atteinte aux intérêts particuliers. En attendant, nous avons fait une manifestation incontestable de notre fidélité à la mère-patrie, et le monde entier a dû s'en rendre compte.
Contribution des colonies a la guerre df Afrique