‹ Brochures diverses (volume 2)Chapitre 8 sur 289 · POLITIQUE COLONIALE DE L'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

POLITIQUE COLONIALE DE L'ANGLETERRE

Ainsi que je l'ai dit, la plupart des grandes colonies anglaises se fondèrent contre le gré des chefs de la nation et ce ne fut pas sans peine qu'elles se firent reconnaître et accepter par la niétropole.

La Compaguie des Indes dut exercer longtemps, à ses risques et périls, tous les pouvoirs souverains : combattre, gouverner, juger, administrer, corrompre et même voler, avant que le gouvernement britannique ne consentît à étendre son autorité constitutionnelle sur les actes et les fonctionnaires de la puissante corporation et à couvrir du drapeau britannique les territoires qu'elle avait conquis, occupés, ou protégés.

Le procès de Warren Hastings reste comme un témoignage de l'état d'esprit des législateurs de cette époque. Relisez les pages admirables où Macaulay a buriné cet événement dans le bronze ; et par contraste, portez-vous à moins d'un siècle en avant : écoutez la populace et la haute pègre de Londres, acclamant comme un des héros de l'Empire, Cecil Rhodes, plus coupable, de son propre aveu, que le Nabab. Hastings n'était que le fonctionnaire d'une corporation commerciale ; ses actes, que les mœurs du pays et de l'époque et l'anarchie indienne expliquaient dans une large mesure, ne compromettaient nullement l'honneur de la couronne. Rhodes, premier ministre d'une colonie britannique, conseiller privé d'Angleterre, honoré de la confiance des aviseurs de Sa Majesté à Londres, viole la foi jurée par sa souveraine, commet un acte contraire à la loi des nations. Il perd l'appui des électeurs de sa colonie ; mais il conserve la confiance de la Reine dont il a terni la majesté, et le ministre des Colonies lui décerne un certificat d'honneur, (i)

Ces deux événements peignent à merveille le développement de l'impérialisme britannique. Les notions d'honneur personnel et politique étaient moins élevées, en Angleterre, il y a un siècle qu'aujourd'hui. Les annales du temps affichent au grand jour et sans la moindre vergogne une débauche effroyable. Mais le sens du gouvernement était sain. On trouvait plus avantageux de perfectionner l'organisation du territoire que d'en acquérir davantage, surtout par des moyens qui fissent courir à la nation des risques de guerre.

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