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DEUXIÈME PROPOSITION

En 1899, le Chancelier de l'Echiquier, sir Michael Hicks Beach, introduisit, dans son estimé budgétaire {Finance Bill) , une clause relevant les droits déjà considérables qui frappent les vins importés en Angleterre.

Le 11 mai 1899, sir Howard VINCENT proposa d'amender cette clause en ne faisant porter la surtaxe que sur les vins étrangers, favorisant ainsi d'autant l'importation des vins des colonies. C'était là un avantage notable à donner à l'Australie. Il présenta son amendement comme une reconnaissance du principe d'un tarif impérial différentiel. Il invoqua le Jubilé et la conférence de 1897, et fit appel aux sentiments d' affection que le peuple et les représentants de la Grande-Bretagne devaient éprouver pour leurs parents et alliés {for theit kith and kiri) des colonies. — (P. D., vol. 71, page 370 à 378),

Le chancelier, sir M. HICKS BEACH, repoussa nettement la proposition — non pas à cause de la perte de revenus qu'elle impliquait— perte "insignifiante pour ce pays", dit-il, mais en raison du principe même de la proposition.

Ce que l'honorable [député. .. . me demande, c'est d'adopter un précédent qui impliquerait le retour à un système, aboli il y a quarante ans, de droits différentiels en

faveur de nos colonies Le Comité [de la Chambre] est-il prêt à établir un tarif de

faveur, qui serait nécessairement, assez élevé si l'on voulait qu'il fût efficace — sur le blé

et le bois scié des pays étrangers en faveur du blé et des bois du Canada"?

Quelle que soit la force du sentiment patriotique sur cette question, — et c'est une force considérable, je l'avoue — ce sentiment doit être tempéré par quelques considérations positives (business -like co>iside ration) ; (P. D. , Vol. 71, page 379 à 384.

Il parla ensuite des droits protecteurs que les colonies imposent sur les produits de la Grande-Bretagne, oublient totalement le tarif de faveur que le Canada avait établi depuis deux ans ; et il termina en disant :

Il serait absolument déraisonnable, à mon avis, que nous, qui supportons les fardeaux de l'Empire, allions sacrifier notre liberté fiscale comme le propose mon honorable ami (Page 387)

Sir Henry FOWLER appuya fortement le chancelier. Il termina ses observations par les paroles suivantes :

J'espère que tous les députés qui siègent de ce côté-ci de la chambre aideront le gouvernement à repousser la politique rétrograde que comporte la proposition de l'honorable député. — (page 389,)

C'est le même sir Henry Fowler qui devait s'écrier, quelques mois plus tard, en parlant des colonies :

Ces peuples indépendants, ces nations autonomes nous ont prouvé que notre empire est un et indivisible, et que si jamais il se trouvait en péril ou dans le malheur, il pourrait appeler à son secours une puissante armée d'hommes de tout rang, de toute croyance, de toute latitude, fiers de leur allégeance au même drapeau et à la même couronne

Nous sommes déterminés à conserver nos colonies, à les unir entre elles et à nous les rattacher par des liens de plus en plus étroits. (1)

Le changement de rhétorique est manifeste. Sir Henry Fowler est l'un des libéraux impérialistes en renom. Ab ttno, disce omnes.

M.JAMES LOWTHER ; La froideur de l'honorable ministre à l'endroit de cette question du commerce britannique préférentiel (inter-british tradé) est lamentable. Voici une occasion opportune qui s'offre au gouvernement d'accomplir un acte de condescendance que nos colonies apprécieraient grandement et qui ne nous coûterait qu'une bagatelle ; mais l'honorable ministre a rejeté cette occasion et cherché un refuge dans les pitoyables platitudes du club Cobden — (page 390.)

La proposition de sir Howard Vincent reçut 37 votes et fut écrasée par 192 votes. — (P. D., Vol. 71, pages 369 à 392.)

Ceci était après le Jubilé mais avant la guerre d'Afrique. Voyons maintenant ce qu'ont produit le ' 'dévouement" , la "générosité" et la "loyauté" dont nous avons fait preuve en cette occurrence.

(1) Voir au chapitre III. — ao. Attitude des hommes publics. — page LU

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