‹ Broncho-pneumonieChapitre 26 sur 29 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

TRAITEMENT

Sommaire. — 1° Tkérupeulique de la broncho-pneumonie : Rùvulsifs. — Expectorants. - Stimulants. — Sédatifs. — Balnéothérapie. — Reconstituants, n. Hygiène el prophylaxie :

Isolement et antisepsie : But de l'isolement; son insuffisance et ses dangers. — L'antisepsie est le complément nécessaire et indispensable de l'isolement qui, sans elle, ne peut être qu'inefficace et même dangereux.

Régies de l'isolement et de l'antisepsie : 10 Réduire au minimum les contacts dangereux : isolement. 20 Supprimer autant que possible la souillure de l'atmosphère : antisepsie. — Désinfection.

30 Préserver le malade contre lui-même : antisepsie individuelle. — Prophylaxie des auto-infections.

Le nombre des remèdes essayés et employés pour guérir la broncho-pneumonie est un gage certain de leur inefficacité ; aucun, ne peut être considéré comme un spécifique de cette affection.

Aussi, dans ces derniers temps, l'insuffisance des moyens thérapeutiques a-t-elle fait envisager le traitement à un point de vue différent : on s'est efforcé de prévenir l'éclosion de la maladie que l'on ne pouvait combattre.

Nous nous proposons d'étudier successivement dans ce chapitre les indications thérapeutiques que nous fournit la pathogénie des divers symptômes de la bronchopneumonie et les moyens employés pour les combattre. Nous verrons enfin comment l'hygiène nous donne, pour prévenir l'éclosion de la pneumonie lobulaire, des armes

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plus sûres que celles que nous oiïre la lliérapeutiqnc pour la guérir.

l. — ÏHÉUAl'EUTIQUE.

L'étude des causes do la broncho-pneumonie et de sa pathogénie nous a enseigné qu'il s'agissait là d'une infection secondaire, primitivement localisée à l'appareil respiratoire, pouvant parfois se généraliser à l'organisme entier, et déterminant toujours chez l'enfant des lésions pulmonaires mécaniques auxquelles la pneiimonie-lobulaire doit une grande part de sa gravité dans le jeune âge.

Tout, en d'autres termes, dans l'histoire de la broncho-pneumonie, nous enseigne que la lésion locale du poumon est la lésion primordiale, qu'elle est souvent et reste longtemps la seule, et que son extension domine et commande la gravité du pronostic.

Nous aurions ici à faire une restriction importante pour la broncho-pneumonie de l'adulte, si l'étude qui précède ne nous avait appris à considérer la bronchopneumonie comme une affection presque exclusivement infantile. Le broncho-pneumonie de l'adulte est en effet grave parce cpi'elle reste peu de temps localisée aux voies respiratoires, qu'elle ne tarde pas à déterminei' l'infection de l'organisme, et qu'en sa généralisation réside toute sa gravité.

Nous n'en devons pas moins insister sur ce fait que la broncho-pneumonie de l'enfant est une affection pulmonaire locale, et c'est au traitement local que nous devrons avant tout nous adresser pour chercher à obtenir la guéri son.

Dès que la dyspnée et les signes stéthoscopiques imposeront le diagnostic de broncho-pneumonie, ou môme indiqueront une congestion broncho-pulmonaire qui, presque toujours chez l'enfant, sera l'indice du début de la pneumonie lobulaire, surtout dans le cours de la

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rou-eole de la diphtérie et de la coqueluche on

progression des lésions inflammatoires étala constitu lion des lésions mécaniques de l'atclectasie.

On ne doit guère conseiller l'emploi des laissant une 'plaie qui, surtout dans les hôp taux d'enfants, peut se recouvrir de ausses memb^nes diphtériques. On doit donc naturellemeut en proscrue alTsolument l'emploi dans les broncho-pneumomes

diphtériques. '

Les applications quotidiennes de ventouses seclm on de larqes cataplasmes sinapisés, les badigeonnages frequentset copieux de teinture d'iode sur le thorax seront, chez l'enfant comme chez l'adulte, les révulsifs les plus efficaces. ;.

Les vomitifs répétés favorisant l'évacuation des oxsudats broncho-pulmonaires et s'opposant ainsi a 1-extension de l'atélectasie devront être également prescrits chez l'enfant, et l'on ne devra pas craindre de lui administrer tous les deux jours, par cuillerées a café jusqu'à vomissement, la potion suivante :

Sirop d'ipéca

Poudre d'ipècii Uo'.ou.

Ces vomitifs sont inutiles chez l'adulte, mais à cet âge on peut prescrire l'ipéca à la dose nauséeuse de 0^^ 25 par iour dans une potion.

C'est à dose tonique et expectorante qu'on doit également prescrire l'ipéca chez l'enfant, sous forme de sirop d'ipécacuanha composé de Desessartz, a la dose de 3 à 4 cuillerées à dessert dans les 24 heures.

Les stimulants sont souvent d'utiles adjuvants de la médication vomitive et seront employés avec succès pour favoriser l'expectoration et diminuer la dyspnée en s'opposant à la formation des lésions mécaniques. C'est ainsi que l'on pourra donner chaque jour aux jeunes enfants âgés de moins de 5 ans, soit 06^,20 à 0»' ,50

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de carbonate d'ammoniaque , soit X à XXV gouttes d'ammoniaque anisée, soit encore l'acide benzoïque (0«r io à 0g^40), ou le musc (0c'^30 à 0^',50) et oniin l'alcool sous forme de potion de Todd.

Les sédatifs ne seront que rarement employés et 1 on devra toujours les reserver pour les cas où l'â^itation sera extrême, la toux trop douloureuse, ou bien lorsque des convulsions se manifesteront. On comprend en effet l'importance qu'il convient d'attribuer à la toux et à l'expectoration pour le rejet de l'exsndat (jui encombre les voies respiratoires et détermine l'alélectasie; et l'on voit par Là combien doit être restreint l'emploi des sédatifs qui précisément s'opposent cà la toux et par conséquent favorisent la formation de l'atélectasie et l'accroissement de la dj-spnée. — Dans les cas assez rares où l'on devra calmer une toux trop violente ou s'opposer aux convulsions, on pourra prescrire aux enfants VIII à XII gouttes de teinture de belladone, ou bien 4 à 8 grammes d'eau de laurier-cerise. Quant au laudanum, on sait avec quelle circonspection on doit l'administrer aux enfants, et nous ne saurions trop recommander la prudence dans son emploi que presque toujours d'ailleurs on peut éviter.

Les bains seront souvent employés avec succès dans la broncho-pneumonie, aussi devons-nous y insister en signalant leurs principales indications.

Les bains tièdes seront employés comme sédatifs lorsque l'agitation sera considérable, la température élevée : on plongera les malades pendant 10 minutes environ dans un bain à la température de So» ; et l'on répétera ces bains 3 ou 4 fois par 24 heures.

Lorsque, au contraire, le malade sera prostré, lorsqu'il y aura tendance à l'adynamie et à la somnolence, lorsqu'on voudra stimuler les forces respiratoires, on devra proscrire ces bains tièdes et donner des bains froids à la température de 15 à 18° ou des bains tièdes à 35° additionnés d'environ 500 grammes de mou-

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tarde; on y plongera le malade 3 ou 4 fois par 24 heures pendant 5 à 10 minutes chaque fois.

Ces bains stimulants froids ou sinapisés seront avantageusement remplacés par l'enveloppement dans un drap mouillé: on trempera dans l'eau froide, additionnée de vinaigre aromatique, un drap qu'on repliera plusieurs fois sur lui-môme et qu'on étendra sur une couverture de laine sèche : l'enfant y sera enveloppé complètement et y séjournera pendant 2 heures environ; puis on l'essuiera avec soin et on le replacera dans son Ht; toutes les 2 heures on recommencera cet enveloppement. Ce traitement stimule les forces, diminue la dyspnée, abaisse la température, et on l'emploiera souvent avec succès.

Pendant l'évolution de la broncho-pneumonie, on devra, par un régime approprié, soutenir les forces du malade et l'ahmenterà l'aide de bouillon et de lait. On évitera le décubitus dorsal trop prolongé et l'on fera coucher les malades alternativement sur l'un et l'autre côté; on ne laissera pas les enfants séjourner trop longtemps au lit, et l'on doit recommander de les porter à bras plusieurs fois dans la journée . Il est inutile d'ajouter qu'il est nécessaire d'aérer les salles ou les chambres des malades, tout en leur évitant les causes de refroidissement.

Pendant la convalescence, l'administration du sirop d'iodure de fer, du quinquina, de l'huile de foie de morue seront prescrits.

Si les signes de bronchite persistent et indiquent le passage de l'affection à l'état chronique, on devra prescrire les balsamiques, les expectorants, le tannin, et en dernier heu les eaux sulfureuses de Bonnes ou de Cauterets.

Bien que l'on ne doive jamais désespérer de la guérison, et que l'on doive, lorsqu'on se trouve en présence d'une broncho-pneumonie, mettre en œuvre tous les moyens que nous ofîrela thérapeutique pour enrayer

BUONOHO-PNKUMONl P.

le progi'rs du mal, nous avons vu couihieii U' )jj'onoslic en ôLaiL sombre, et comment le plus souvent los efforts restaient impuissants.

Ce n'est donc plus à la thérapeutique qu'on demande actuellement ce qu'elle n'a jusqu'à présent pu donner; c'est à l'hygiène que l'on s'adresse pour préserver les individus sains de la contagion, ou pour éviter à certains malades une complication toujours menaçante. Et nous devons nous hâter d'ajouter que le traitement préventif de la hroncho-pneumonie a donné des résultats encourageants et propres à nous dédommager, dans une certaine mesure, des déceptions de la thérapeutique.

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