‹ Broncho-pneumonieChapitre 27 sur 29 · II. — lIvr.n'SNE ET PROPHYLAXIE · texte numérisé non relu

II. — lIvr.n'SNE ET PROPHYLAXIE

L'étude de la, pathogénie de la broncho-pneumonie nous a enseigne que nous trouvons en nous-mêmes, dans les malades que nous approchons ou dans le milieu où nous vivons, les microbesqui ladéterininonf . Ses modes d'éclosion et de propagation nous ont appris qu'elle était épidémique et contagieuse.

Or, l'hygiène nous offre deux moyens de défense contre les maladies infectieuses épidémiques et contagieuses : V isolement. Qi Vanlisepsie.

Le premier de ces moyens est depuis longtemps déjà mis en pratique; il a fait ses preuves, mais il ne nous a malheureusementpas donné tout ce qu'on en attendait.

L'autre, l'antisepsie, depuis longtemps appliquée en chirurgie, n'est que d'hier appliquée à la médecine. On ne peut donc demander à l'antisepsie médicale ce qu'elle n'a pas. encore eu le temps de donner, mais nous verrons ce que, théoriquement, on en peut attendre, et l'espérance qu'on est en droit de fonder sur l'application rigoureuse de ses principes.

L'isolement a pour hut d'éviter la dissémination d'une maladie contagieuse en rassemblant, dans un

TRAITEMENT

même endroit, tous les malades qui en sont atteints, et en évitant tout contact médiat ou immédiat entre ces malades et les sujets sains qui sont susceptibles de contracter cette affection.

Pour la broncho-pneumonie, ce n'est plus, comme pour la rougeole, la diphtérie, la scarlatine, une affection dont l'origine est unique et constante, que nous avons cà combattre. Nous devons prévenir une infection dont les origines sont multiples, qui peut fx-apper presque aussi facilement les sujets sains que ceux que la rougeole ou la diphtérie prédisposent à ses atteintes, aussi l'isolement est-il dans ce cas beaucoup plus difficile à réahser.

Il y a plus. L'isolement des morbilleux, des diphtériques, des scarlatineux, si rigoureuse et si stricte qu'ait été son application, n'a donné que des résultats fort médiocres, car la création des salles ou des pavillons d'isolement n'a amené qu'une diminution presque insignifiante des cas de contagion, dans les saUes communes. La déception fut encore plus grande, lorsqu'on s'aperçut que cet isolement, loin de dimimier la mortalité des contagieux isolés, rendait au contraire le pronostic plus sévère, et (pie le taux de la mortalité de la rougeole, par exemple, s'était très sensiblement élevé depuis la création des salles ou des pavillons d'isolement. La mortalité des morbilleux qui, par exemple, oscillait entre 27 et 38 0/0 de 1870 à 1883, à l'hôpital des Enfants malades, monta à 40 et même 48 0/0, dès que l'isolement fut mis en pratique, et se maintint désormais à ce taux effrayant.

De même, la mortalité par rougeole, chez les enfants de 2 à 13 ans, qui, de 1867 à 1871, était d'environ 42,3 0/0 à l'hospice des Enfants assistés où les morbilleux étaient isolés, n'était que de 19,3 0/0 h l'hôpital Sainte-Eugénie où les mômes malades étaient disséminés dans les salles communes.

Or, cette mortalité de la rougeole, nous savons que

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la broncho-pneumonie on est la cause presque constante et ce que nous venons de dire des résultats obtenus par l'isolement, nous montre que cet isolement tel qu'on le pratique actuellement, sans même avoir sur la dissémination des maladies contagieuses, toiles que la rougeole ou la diphtérie, les î^vantages prophylactiques qu'on en attendait, a, déplus, l'influence la plus fâcheuse sur l'évolution de ces maladies, car il en accroît la mortalité en favorisant l'éclosion des infections secondaires parmi lesquelles la broncho-pneumonie est sans contredit la plus fréquente et la plus grave.

On pourrait démontrer pour la diphtérie, et pour les autres affections contagieuses, cette influence néfaste de l'isolement, mais cette démonstration est plus frappante par la rougeole, car si seule la diphtérie suffit à déterminer la mort, rarement la rougeole est mortelle par elle-même; la broncho-pneumonie est la cause presque constante de la mort des morbilleux.

Depuis longtemps d'ailleurs, on avait attribué à l'isolement une influence funeste sur la marche des maladies contagieuses, et l'expérience de ces vingt dernières années a confirmé l'opinion des hygiénistes qui s'en étaient préoccupés dès le début.

Aussi M. le professeur Graiic/ter concluait-il récemment d'une étude qu'il en avait faite, que l'isolement, c'est-à-dire l'accumulation sur un même point de la maladie, multiplie les infections secondaires ou complications de cette maladie, et que loin d'en atténuer la gravité, il en accroît la mortalité.

Les causes de la fréquence et de la gravité de la broncho-pnenmonie dans les pavillons d'isolement des alïections qui, comme la rougeole ou la diphtérie, s'en compliquent le plus souvent, sont nombreuses, mais ce n'est que dans ces derniers temps que nous avons appris à les connaître.

Nous nous contenterons de rappeler que la contagion est un des facteurs les plus importants de leur

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