‹ Broncho-pneumonieChapitre 28 sur 29 · T TE MENT · texte numérisé non relu

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fréquence, et nous avons montré par des exemples que la présence d'une Ijroncho-pneumonie dans un pavillon de rougeole ou de diphtérie pouvait déterminer l'éclosion d'une épidémie de broncho-pneumonie. Nous savons d'autre part que l'isolement exalte d'une façon évidente sinon encore expliquée, la virulence des microbes pneumonigènes qui sont les hôtes habituels de notre organisme normal.

Ces notions toutes récentes, confirmées par la plupart des bactériologistes qui les ont contrôlées, ont été sanctionnées d'une façon éclatante par les résultats obtenus par l'antisepsie.

11 y a deux ans à peine, M. Sevestre montrait qu'à l'hospice des Enfant assistés, l'ouverture des pavillons d'isolement n'avait pas empêché la dissémination de la rougeole ni celle de la diphtérie, et n'avait pas davantage diminué leur gravité. — Mais dès qu'il fit pratiquer dans ces salles une antisepsie rigoureuse, le taux de la mortalité s'abaissa rapidement et tomba en moins de deux ans à la moitié de ce qu'il était auparavant.

Isolement le plus strict possible, et antisepsie rigoureuse : tels sont les moyens reconnus actuellement comme les seuls efficaces dans la prophjdaxie de la broncho-pneumonie, et plus particulièrement des broncho-pneumonies secondaires. — Leur importance est telle et les résultats obtenus sont si encourageants, que nous devons insister sur les soins minutieux que doit comporter une antisepsie efficace.

M. le professeur Grancher a magistralement exposé les règles générales qui doivent nous guider dans l'application de l'antisepsie à la prophylaxie des maladies contagieuses, et nous ne pouvons mieux faire que le suivre dans l'étude qu'il on a faite.

On doit tout d'abord s'efforcer de réduire au minimum les contacts dangereux, c'est-à-dire éviter le transport du coulage par le malade lui-même ou par l'intermédiaire

H R 0 X C H O - P N KV M O N 1 E

(les personnes qui le soignent ou des objets qui lui servent.

Pour éviter le premier de ces deux, modes de cont<agion, la contagion directe, on devra isoler les malades le plus rigoureusement possible, sinon dans des chambres distinctes d'un lit chacune, du moins dans des petites salles de G à 8 lits au plus, largement espacés les uns des autres, avec salle de rechange. Quelesmorbilleux, les diphtériques et les autres contagieux que leur maladie expose à la broncho-pneumonie soient isolés des autres malades, ou bien qu'ils soient traités dans les salles communes, M-. le professeur (irancher recommande de séparer chaque lit par un grillage métallique de 1™,20 de hauteur, dont la longueur dépasse celle du lit; ces grillages qui séparent la salle en autant de box contenant chacun un lit, ont l'avantage de ne pas séquestrer les petits malades, de les laisser voir leurs voisins, tout en rendant impossible tout contact immédiat entre eux.

La contagion médiate, celle qui se fait par les objets servant habituellement au malade, ou par les personnes qui le soignent, pourra être évitée en donnant à chaque malade, son couvert et tous les objets nécessaires aux repas contenus dans un panier en fil de fer galvanisé; dès qu'il s'en est servi, le panier avec tout ce qu'il contient est plongé dans l'eau bouillante pendant une demi-heure.

On devra éviter l'usage d'un abaisse-langue commun pour tous les malades, et se servir de préférence soit d'un abaisse-langue spécial à chaque malade, soit même du manche de sa cuiller, et en tous cas, le stériliser à l'eau bouillante chaque fois qu'on en aura fait usage.

De plus tout le personnel attaché au service, aussi bien le personnel médical que les gardes-malades, est muni de sarraux de toile qui sont nettoyés et désinfectés chaque jour. On doit recommander rigoureusement à tout le personnel du service de se laver les

TRAITEMENT

mains avec des solutions de sublimé ou de thymol à 1 p. 1,000 après tout contact suspect, et interdire de . passer d'un lit à l'autre sans prendre les mômes précautions.

A chaque pavillon ou salle de malades doit donc être annexé un vestiaire indépendant avec lavabos, blouses de rechange, etc.

La suppression des contacts dangereux ainsi obtenue, on devra s'efforcer en outre de supprimer autant que possible la souillure de l'atmosphère. On atteindra ce but en couchant les malades dans des chambres ou des petites salles bien éclairées, bien aérées, bien ventilées et dépourvues de toute tenture.

Les murs lisses, unis, à angles arrondis, peints à l'huile, le sol fait en carrelages, en mosaïques, ou à leur défaut, en parquet dont les joints seront bouchés au mastic, seront fréquemment lavés avec la solution de sublimé à 1 p. 1,000.

Les lits, dépourvus de rideaux, seront en fer creux, légers, solides et facilement démontables de façon à pouvoir être désinfectés à l'étuve à vapeur sous pression de Geneste et Herscher, quand un malade y aura séjourné, et avant qu'un autre y soit couché. Les objets de literie seront fréquemment changés et désinfectés à l'étuve à vapeur.

Les matières fécales, vomissements, crachats, urines, seront désinfectés par l'addition de solutions de sulfate de cuivre, de chlorure de zinc, de chlorure de chaux ou d'acide sulfurique à 50 p. 1,000. Enfin, les crachoirs et les bassins en faïence seront lavés et désinfectés avec la môme solution..

Il faut de plus préserver le malade contre lui-même, c'est-à-dire contre les auto-infections possibles. A l'antisepsie du milieu, il faut donc joindre l'antisepsie individuelle. On devra, dans ce but, ordonner des bains fréquents, ou tout au moins kverles organes les plus exposés à ôtre souillés (anus, organes génitaux) avec

BHONCHO- PNEUMONIE

des solutions antiseptiques, et, ce qui nous intéresse le plus pour la prophylaxie de la broncho-pneumonie, pratiquer l'antisepsie de la cavité hucco-pharyngienne au moyen de gargarismes ou, chez les enfants, par des lavages fréquents à l'eau saturée d'acide borique.

MM. Hutinel et Deschamps ont ainsi montré toutrécemmentquependanttout le temps qu'ils avaient été chargés du service du pavillon d'isolement des scarlatineux à l'hôpital des Enfants malades, ils avaient évité toute infection secondaire, toute complication, et n'avaient pas perdu un seul de leurs malades. Ils avaient, pouicela, fait des lavages fréquents de la bouche avec l'eau boriquée à 3 p. 100, des badigeonnages de la cavité bucco-pharyngienne avec des tampons d'ouate imbibés de glycérine boriquée, et mettaient dans les narines quelques gouttes d'huile de vaseline boriquée.

Les solutions aqueuses d'acide borique, et en général toutes les préparations boriquées sont, il est vrai, douées d'un ti-ès faible pouvoir antiseptique, et les solutions d'acide phénique, de sublimé, leur sellaient préférables si leur emploi n'était délicat et parfois dangereux chez l'enfant, surtout lorsqu'on les confie à des personnes inexpérimentées.

L'expérience a d'ailleurs démontré que les lavages abondants et fréquents avec la solution boriquée sufligaient à empêcher l'invasion des microbes pneumonisènes dans les premières voies aériennes, et môme à les détruire lorsqu'ils s'y trouvaient; aussi peut-on s'en tenir à cet agent antiseptique dont l'action est efficace et l'emploi sans danger.

La prophylaxie de la broncho-pneumonie doit en résumé répondre à une double indication : préserver de l'invasion des agents pneumonigènes les sujets sains et surtout les malades qu'une affection antérieure prédispose d'une façon évidente à l'éclosion d'une bronch opneumonie secondaire; détruire dans les premières voies aériennes des sujets sains ou prédisposés les

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