PI. VI au milieu. H. 143. Brunâtre. Fonte pleine
Dionysos nu, debout, le poids du corps portant sur la jambe droite, la tête de trois quarts à droite, un peu penchée, le canthare dans la main droite, le manteau enroulé autour du bras gauche, la main gauche portant un attribut végétal indéterminé. Les cheveux relevés autour du strophion, sauf deux longues tresses qui tombent sur les épaules. Le pied gauche brisé à la cheville. Par derrière, sur l’épaule droite, cicatrice carrée (13 de côté) produite par la chute d’une pièce mince, qui avait été posée pour réparer un accident de la fonte.
Style mou, sans accent. Epoque impériale.
11. - — PI. VII (deux vues). H. 120. Basse Egypte. Vert noirâtre. Quelques boursouflures d’oxydation.
Vase en forme de buste de Dionysos. La plaque du fond a disparu. L’orifice s’ouvre obliquement sur le derrière de la tête. Le clapet de fermeture subsiste encore, il est encore mobile. La charnière se trouve sur l’occiput, où les longs cheveux du jeune Dieu sont relevés en chignon. Le vase pouvait se porter suspendu, par une anse passée dans deux bélières, qui se trouvent de chaque côté de la tête, au-dessus des oreilles.
On connaît beaucoup de vases analogues, en forme de buste, avec clapet et anse de suspension: cf. Bull. delT lstituto, i85S, p. i5g; Friederichs, Kleinere Kunst und Industrie, p. 346 ; Gaz. archéol., 1879, pl. XIII et iSS4, pl. XXVII; Mém . de la Société archéol. de Bordeaux, t. VII, 2e fasc., pl. II; Coll. Gréau, nos 386, 387, 389-391; Gaz. des Beaux-arts, 1887, t. XXXV, p. 332; Arch. Anz., 1890, pl. 157 ; Bibl. Nat., nos 254-256, 471 ; Musée imp. Ottoman, Bronzes et Bijoux, p. 6, n° 19; Saint-Germain, n° 103; Cat.de la vente Tyszkiewicz, pl. XIX, n° 153 ; Cat.Hojjmann, vente de mai 1899, n° 5ig, pl. XXXI, trouvé en Égypte; Walters,
Cat. of the bronzes in îhe Brit. Mus., n° 75g ; [C. H. Smith], Cat. of the Formait collection, p. 28, nos i56-S, pl. IX; Jahreshefte, igo4, pl. 198; Coll. De Clercq, n° 238 ; Caire, pl. VII, nos 27739, 27741-2 ; Rép., IV, p. 354, n° 2 ; infra, n° g6 ; etc. Quelques-uns ont gardé leur anse. Vu leur contenance, qui est petite, et leur forme, ces vases ne peuvent avoir servi que de balsamaires. Ils représentent souvent un jeune nègre, parce que c’était la mode, pour les élégants, d’avoir comme page, un petit esclave nègre : ce toùç accompagnait son maître au bain, puis aux maisons joyeuses : maints monuments nous le montrent, exténué d’une longue faction à la porte de la maison où s’amuse son maître, endormi à côté de la grosse lanterne avec laquelle il le ramènera chez lui. (Déchelette, Rev. Archéol., 1902, I, p. 392- 397, et Bull. soc. antiq., 1906, p. 308). Plus souvent encore, nos balsamaires en forme de buste représentent quelque personnage du cycle dionysiaque, soit un satyre (Bibl. Nat., n° 471) ou une Ménade (par ex. Gaz. Arch., 1879, pl. 13), soit Dionysos lui-même. C’est qu’il y avait pour les anciens un rapport étroit entre les plaisirs du bain et ceux que procurait le vin. De tous ces balsamaires, ceux qui offrent avec le nôtre, comme type et comme art, les ressemblances les plus frappantes sont : i° celui du musée de Constantinople, trouvé en 1890 à Héraclée du Pont, pièce remarquable, quand ce ne serait que par ses dimensions (h. 190), et qui représente, comme le bronze Fouquet, Bacchos imberbe, la peau rituelle nouée sur l’épaule gauche, les yeux incrustés d’argent ; — 2° le n° 27741 du musée du Caire, qui est pareil au vase Fouquet comme type et comme taille. Le bronze Fouquet nous montre Dionysos melléplièbe, mitréphore, en buste. Deux longues tresses tombent par devant, sur les épaules. La tête tournée de trois quarts à droite. La figure a cette expression de langueur à la fois douce et brûlante, que l’art hellénistique a donnée à Dionysos. Le cou très long, les épaules étroites et tombantes sont plutôt d’une femme que d’un homme; mais la poitrine est plate, et ne permet pas de parler de Bacchante. Le globe de l’œil paraît fait d’une pièce à part — en argent, à ce
qu’il m’a semblé. La pupille est indiquée par un creux rond, assez profond, qui contenait peut-être une petite pierre sombre ou une goutte d’émail foncé aujourd’hui perdue. Peau de panthère nouée sur l’épaule gauche. La tête est coiffée d’une grande couronne de lierre et de raisins. Une bandelette, sur laquelle est gravé au trait un rameau du lierre dionysiaque, ceint les cheveux et le front. Cette bandelette serrée sur le front est connue par nombre de représentations de Dionysos, entre autres, par le Dionysos de Smyrne, à Leyde (Brunn-Bruckmann, pl. i55), et par une belle tête trouvée dans le sanctuaire pythique, où Homolle veut, à tort, reconnaître Apollon (. Fouilles de Delphes, t. IV, pl. LXXIV) ; cf. encore infra, n° 13, et les trois appliques reproduites au début de ce livre, p. 1. Dionysos avait le front serré dans une fine bandelette de blanc linon, pour dissiper le mal de tête que donnent les fumées du vin ; on appelait cette bandelette [uxpa, d’où le surnom de juxpiqçdpoî : tcçoç xàç £x z où TtksovàÇovxo? civou xeçaXaXyiaç zoiç jcivovot ytvopivaç SiaSsSsaQai Xsyo uatv aùxèv fuxpa xv]v xsçaX-çv, à<p ouxiaç xal |i.!,xpï)<pcçov ovopLotÇsaôai (Diodore, IV, 4, § 4). Texte intéressant qui nous apprend, entre autres choses, le sens exact du mot gxxja. Ce mot s’appliquait aux bandes d’étoffe, susceptibles de faire, à volonté, comme le turban des Xlusulmans, une coiffure ou une ceinture. La (ju'xjYj d’Homère est bien, comme je l’ai dit ( BCH , 1897, P* iGg), une ceinture, et non, comme le veut Poulsen {Arch. Jahrbuch, 1906, p. 180), suivi par Collignon (Rev. Archéol., 1908, 1,p. 162) et Deonna ( Les Apollons archaïques, p. 48), une pièce d’armure rigide, un couvre-ventre du type décrit dans Delphes, p. 103, n° i54.
12. — Pl. X, à droite au milieu. Diam. 47. Basse Égypte. Noirâtre. Fondu.
Médaillon orné d’un buste de Bacchos ou de Bacchant, de trois quarts à droite, en fort relief. Couronne de lierre, nébride agrafée sur l’épaule droite. Conservation médiocre. Ce médaillon provient peut-être d’un diadème sacerdotal. Cf. Bibl. Nat., n° 4oo (applique décorée d’un buste de Silène, en relief).
13. — Pl. X, au milieu. H. 69. Belle patine vert jaunâtre, luisante et grasse. Conservation parfaite.
Buste de Dionysos imberbe, le manteau sur l’épaule droite, la tête légèrement penchée en avant et à gauche. Pupilles indiquées par un petit trou assez profond, dans le haut du globe. La tête est serrée par une bandelette visible sur le front. Sur les cheveux, une couronne formée d’une grosse tige de lierre, nouée sur le devant de la tête, et de laquelle retombent, de chaque côté du nœud, deux corymbes à quatre grains. Le buste est posé sur une petite base. Il surmontait le pied d’un trépied (cf. le trépied d’Industria, au musée de Turin, reproduit dans les Atti délia Società di archeologia di Torino, t. III, 1881, pl. XVI, et le trépied du Caire reproduit dans Arch. Anzeiger, 1903, p. i46, fig. 2 et dans Caire, n° 27818, pl. XIII). Le musée du Caire est riche en bustes ayant eu la même destination {Caire, nos 27819- 27S29, pl. VII; cf. surtout le n° 27823, tout à fait pareil au nôtre comme forme et comme type). D’autres dans Bibl. Nat., nos 439, 44o, 486-488, 576. Le crochet que ces bustes portent au revers servait à accrocher le chaudron (Xs&rçç).