‹ Broye-lez-Pesmes, histoire - statistique - langageChapitre 11 sur 14 · PRIT D'INTÉRÊT · texte numérisé non relu

PRIT D'INTÉRÊT

ou a beaucoup reproché fi ces fourrais laborieuses, à ces

travailleurs de la terre leur défiance sordide, et un esprit

d'intérêt qui semblait éteindre eu eux les entiments affectifs

lus naturels.

iiiuii les vieillards, les malades étaient une charge

poui la famille. < )n fai ait pour eux le ins de acrilices

• pi .ai | rail La te i n'était plus considérée c • une

ci. m ivublo, niaise le une aide utile Personnes

. i . i inii.nl qu au produit matériel qu'eHes

donnaient

Si nos campagnards se montraient durs à l'égard de leui*s vieux parents devenus infirmes, c'est une trop souvenl ceuxci les avaient dresses à ne pratiquer que l'épargne, llsles avaienl en quelque sorte façonnés aux vertus «lu comptoir qui ne comportent guère la philantrophie.

On n'élève par des chats pour la multiplication des souris. De même, on ne sème pas l'amour du lucre dans rame des enfants pour y faire naître t\r* sentiments dévoués el généreux.

Il est difficile de développer chez un môme individu les différents attributs du cœur ou de l'esprit qui ont t"ns pourtant leur utilité ici-bas ; d'y faire germer des qualités souvent opposées les unes aux autres : d'y unir par exemple l'énergie à la souplesse el a la douceur, la libéralit l'économie. El chaque individu n'a de propension naturellement qu'à avoir les défauts de ses qualités.

Une race nomade ne se trouverait pas bien d'avoir les dons d'une peuplade attachée au sol : un homme d'afiain d'apporter dans le négoce la simplicité et le désintéressement qu'un homme de charité mel dans ses actes.

A la campagne il faut être très ménager d< Autrement, c'est la ruine.

Il n'y a pas de travailleur honnête dont l'avoir OU le profil

soit pins aléatoire et plus incertain que celui du paysan. En

quelques heures une maladie peut vider son écurie, comme

il dit, en détruisant son bétail, le plus liquide de son bien.

t'n ouragan, en anéantissant ses récoltes, lui (ait perdre

souvent en moins d'une heure le huit de son travail de

toute nue année '*. Qu'une aventure de ce genre se produise, et ses champs seront sa 3a maison détruite famille dispersée....

il) Le 15 mai 1813, une averse mêlée de grêle détruisit presque touti plantations. Les seigles ci les blés furent réduits à néaul cl fauchés de suite.

lui l'an V, une maladie épizootique lil périr en quelques semaines 400 bestiaux a cornes.

Etonnez- vous > pie l'expression de sa figure brûlée par le soleil et ridée avant l'âge, ait été soucieuse el triste !

Soucieux, on le serait à moins.

Et on ose rire quand on voit cet homme si dur, si impassible en apparence, pleurer sur sa vache qui vient de périr! Est-ce doue plus ridicule ou plus risible que ces prises d'armes des ouvriers d'industrie qui s'insurgenj contre la société, parce qu'une faillite leur aura fait perdre quelques semaines de salaire.

Comparez l'attitude des uns avec celle des autres, et voyez sur qui il convient de s'apitoyer.

En même temps qu'on enseignait aux entants du village l'esprit d'économie, on les mettait en garde contre les pièges <ln jeu commercial el contre les traquenards des entreprises industrielles. Il ne faut se frotter qu'à l'herbe qu'on connail ; or, le paysan ne peul rien savoir ni de l'industrie ni «lu commerce.

Tout gain réalisé était donc mis en réserve e1 bien caché. On rendait, à la vérité, son épargne improductive, en môme

temps qu'on privait la société d'un élément d'aisance

' vrai; mais au moins, on n'aventurail pas ce qu'on avait acquis. Un peu de tranquillité valait bien, ce me si "ml de, un petit profit pécuniaire. i>e la tranquillité, on en avait si

peu.

»re h présent, au village de Broyé, on n'esl ni épicier,

m boulanger, ni boucher Les bouchers el les boulangers y

apportent du dehors leurs produits ; et les épiciers, connue

Le de l'endroit, Boni de étrangers qui ont

venus j ii\' i

IImium. i i PION.

\mu venon de voir quelle otail la matérialité* el le terre

à terre du genre de vie de nos laboureurs, quelles étaienl les conditions de leur dressement. Il sera facile d'en déduire ce que pouvail être leur moralité.

l'n régime social où les vieux patriarches avaient legouvernemenl presque absolu des affaires domestiques el communales, un régime pareil ne pouvail qu'imposer silence aux innovations, en accoutumanl les gênera vivre dans cette paresse d'espril qu'on appelle la routine.

De par l'éducation qui leur était donnée, nos grands-pères étaienl des routiniers Indécrottables. Quand ils avaient objecté à une idée de changement ou de réforme que cela ne s*étaii jamais fait, que cela ne se serait jamais »'<<, ils avaient toul dit.

Leurs procèdes de culture, par exemple, Boni restés à peu près les mômes qu'au temps de Triptolème ou de Cincinnatus.

Leurs sentiments religieux el leur morale n'étaient non plus guère supérieurs à ce qu'ils axaient été chez 1rs Grecs et les Romains.

Il n'a pas fallu moins que le génie diabolique des inventions modernes pour bouleverser de fond en comble les idées culturales et les procédés agricoles des laboureurs «le Broyé.

Qu'est-ce qu'il faudra encore? (Miellé révélation nouvelle, quelle doctrine el quels enseignements peur affiner leur sens moral el hausser leur conscience?....

Un régime de liberté, le temps aidant.

En pratique de morale, pas plus qu'en procédés de culture, nu ne cherchail à innover. Toul paraissait avoir été réglé définitivement par les usages établis.

La franchise du bon vieux temps, la tempérance ou la sobriété, la gravité, la simplicité naïve et bon enfant îles gens d'autrefois, toul cela étail <le la pose et du convenu" toul eela n' existait qu'en apparence.

La était avant tout une affaire de bienséance et de

bon exemple, un hommage rendu à des qualités ou ados vertus qu'on n'avait pas le plus souvent.

A la campagne, je le répète, une étiquette rigoureuse réglait, comme elle règle encore, les habitudes, les manières, toute la conduite ; el l'ion de ce qui y est conforme ne blesse les sentiments, les convenances.

Ainsi, pour ne citer q»'un l'ait à l'appui, on sait bien que le chagrin ne nourrit pas ; on sait bien qu'après avoir pleuré ceux qu'on a perdus, on éprouve tout de même le besoin de manger. La veillée des morts s'accompagnail donc DÔcessairemenl d'un repas de nuit, servi aux gardiens du corp- du défunt. Or,cel usage était devenu peu à peu un prétexte à «les orgies qui 'ne scandalisaient personne. Une

ripaille de voisins et d'amis ne détonnait pas sur la douleur Sincère des parents du mort ; elle n'avait pour nos villageois rien de choquant, rien d'inconvenant.

Il fallait voir aussi avec quelle attention minutieuse nos

honnêtes campagnards étaient à cheval sur l'étiquette dans émonial d'un grand diner.

Chez les plus pauvres ,^ens, on était tenu de mettre ses

plus beaux habits pour prendre part au festin.. <>n récitait del t le Benedicite, comme pour demander d'avance pardon li Dieu du gros péché de goinfrerie qu'on allait commettre, sans préjudice des autres petits péchés de médisance et de propos impies ou libertins. Puis, on s'asseyait •lennité, chacun à la place que lui assignait son .ri toul devait e passer comme les usages le rivaient, Il n'était pas convenable de boire sans élever son verre et de if p i dire, quand on buvait : t A votre santé, com-

i !'■ pai i <im . . ompcroa ; le

lu pore 'lu parrnin, pore»; le parrain el le m. ni de la

iinèra, i omp<

Il n'était pas convenable de né point vider boii verre quand on buvait I la santé de quelqu'un. Il n'était pas convenable.... etc., etc. L'usage réglail tout ; et l'usage aussi créait tous les droits :

C'tu qu'fd quement wwi uoiatn

Ne fd ni niait ni bin!

g VIII. -■- HYGIÈNE ET SAM I

Instruction publique.

Dans la marche en avant des choses on aurait tort d'imputer absolument le progrès d'une société aux institutions politiques ou économiques qui la régissent ; de môme qu'on se tromperait en attribuant la taille et le volume d'un nourrisson au système d'alimentation auquel il a été soumis.

L'évolution dans les doux cas est fatale.

Mais il ne faudrait pas non plus i lit i- l'influence d'une sage administration et d'un bon régime sur le développement

îles individus et des SOCÎétl

On est forcé, en effet, de reconnaître qu'il existe une certaine coïncidence entre l'adoucissement des maux et l'augmentation du bien-être général; entre les progrès sociologiques et l'application d'un régime de liberté, c'est-à-dire d'égalité et d'instruction.

Ces progrès sont évidemment facilités par l'instruction, parce que l'ignorance en tout, en morale comme en esthétique et comme en science, est coupable <lc ta plupart de nos erreurs de jugement.

On comprenait peut-être cette vérité dans le vieux temps. Etpourtanl on méprisait l'instruction qui est une des fenêtres de la conscience humaine.

Cette fenêtre, on la tenait fermée soigneusement, parce qu'elle aurait pu favoriser les idées de réforme et l'esprit de

discussion, c'est-à-dire, livrer passage à dos malfaiteurs

Oui, mais ces prétendus malfaiteurs sont des accidents. tandis que le jour et la lumière sont les conditions essentielles de la vie.

Le recteur de la paroisse a toujours rempli réellement ou fait remplir à sa volonté les fonctions d'instituteur du village.

L'instruction était très élémentaire. Pourvu qu'on tût à même de lire dans un psautier ou dans un missel, afin de pouvoir suivre les chantres au Lutrin pendant la messe, pourvu qu'on fût assez lettré pour signer son nom, c'était bien tout ce qu'il fallait.

Sans cette nécessité d'avoir t\r< chantres pour les offices, le prêtre n'aurail certainement pas songé à taire apprendre aux enfants L'alphabet.

En définitive, à quoi autrement Leur eût servi de savoir lire? Lire quoi? On n'avait point de livres àépeler; point de correspondance ô déchiffrer.... Luis, a-t-on besoin d'être

.v.uil pour tenir les ipieues de la eliarrue '.' Est-On meilleur Bujet, meilleur fila ou meilleur père de famille, quand mu sait que quand on ne Bail pas lire? En vaut- on mieux?

S'en porte-t-On mieux ?...

Fraîchement, toul cela s'embrouillail dans la cervelle de

laboureurs.

< >n prenait pour raccorder raieodai <•) — les enfants du

village quiconque se présentait, n'ayant rien de mieux à

nelque pauvre Infirme, capable seulement d'allumer

de en ir et de chanter une messe de requiem,

onner La cloche.... Songez donc? Un homme valide au-

inde honte de le faire un fouette-eult I

t fond d du maître étaient de BurveiUer Les enfanta

pendant les Offices, et de faire épeler aux heures de classe les rares écoliers que leurs parents lui envoyaient.

Depuis 1789, nos parlements se sonl attachés à répandre L'instruction. Mais que de difficultés pour foire un peu de bien ! Comment imposer à des campagnards récalcitrants el têtus les frais d'un enseignement donl ils ne se soucient pas, qu'ils méprisent, qu'ils considèrenl quasi comme dégradant?

Voici le taux des honoraires fixés en l'an II par la municipalité républicaine de Broyé en faveur de son maître d'école.

Il lui était dû par chaque élève :

Pour apprendre ;'i lire û fr. 25 c. par mois. Pour apprendre 6 écrire t» ti\ 30 c. — Pour apprendre à chiffrer Ofir. 35 c. —

Il lui était alloué en plus, par la commune, quatre st. i de liois et deux cents fagots ; puis 150 francs pour se procurer un local suffisant — Car il n'y avait pas de maison d'école.

lui l'an Xlll, cette redevance scolaire si minime fut élevée ;i 35, 15 et 50 c. Mais l'année suivante on trouva que c'était trop, et on osa revenir au taux de l'an II.

H est bien difficile de reculer dans la nuit. Tout pas fait eu avant compte. On fui donc obligé, en 1808, d'en revenir au

taux supérieur de l'an XIII.

A ce taux là, le pauvre instituteur pouvait compter BUT une recette moyenne de (> à 7 livres par mois ; ce qui n'était p;is ('nonne.

Il esl juste d'ajouter qu'il encaissait deux nu trois et même quatre sous de libéra à chaque messe de requiem, et quelques revenants-bons Les jours d'enterrement!

Cette misère des maîtres d'école a sans doute contribué à les rendre féroces. Que la jeunesse était à plaindre de tomber sous leur férule !

Superstitions.

Les progrès économiques étaient entravés non seulement

par la routine, mais encore par quelque chose de plus tenace -•i de plus insurmontable : par les idées de superstition.

En 1789, les gens de Broyé ne croyaient certes plus à la baguette «les fées ni même aux apparitions de loups-garoux : mais ils croyaienl fermement aux esprits de L'air, aux revenants, aux sorciers.

Tous les grands phénomènes de la nature, pestes el contagions, tonnerre, météores, arç-en-ciel, ouragans môme étaienl considérés par ce monde ignorant comme jeux des puissances célestes, ou «les démons, agents mystérieux mal définis, mais à la merci desquels la pauvre humanité était livrée par la volonté du bon Dieu. Et quand on était affolé par la peur, on croyait fermemenl que des prières pouvaient fléchir ces agents redoutables, comme aussi des invocations bien faites les mettre en œuvre.

Tout événement qui déroutait leurs petits calculs., tout sinistre, tout mal extraordinaire qui tombait sur les gens ou sur le bétail d'une maison était de provenance suspecte. Ça, ne s'expliquail pas; ça n'était pas naturel; il «lovait y avoir quelque influence maligne en jeu !...

Une maladie tj phoïdique ou charbonneuse se déclarait-elle dans une écurie ? < m n'imputail pas cette calamité au manque d'hygiène, ô l'agglomération des botes dans un local mal . obscur, insuffisant; ni à l'usage d'aliments avariés el de fourrages mal récoltés... non ; on se souvenait seulement qu'un mendiant de mauvaise mine avait passé par là, qu'on ni renvoyé sans l'assister, qu'on l'avait entendu proférer

quelque ChO n allant, des n.ico lum SÛT. Nul

dout i mendiant, qu'on n'avait pas revu, n'eût jeté un

on, Et ii preuve, c'est que l'aération de

■ touj la, el que cependant

i mu m . im le années pn ■ une pareille maladie

On attribuait donc aux maléfices les influences morbides • pu tombaient m le bétail ol quelquefois mémo sur les

gens; ce quiégarail la thérapeutique du temps en la mettant sur une piste padicalemenl fausse.

Nos grands-pères, bien sûr, n'auraieni pas fait poursuivre

en justice <•• ae adonné à ces pratiques diaboliques un

voisin dont les champs auraient été drus, pendant que les champs <l<vs autres seraient restés maigres et clairsemés. Sous ce rapporl ils étaient moins enfoncés dans le bourbier des superstitions que les romains du temps «les rois ou que les paysans duxvt siècle 0. Os ne l'auraient pas dénoncé à la justice; mais ils ne l'auraient pas vu d'un très bon œil, persuadés qu'il pourrail bien avoir eu avec le diable quelque accointance el des arrangements.

Imbus d'idées pareilles, uos pauvres gens n'employaient que des médecins et des artistes vétérinaires élevés à leur niveau scientifique. Un pâtre ou un bûcheron illettré, chaut charmer, sachant taire comme il faut des signes de croix et marmotter des prières leur suffisait

Us n'auraient pas compris, ils auraient même accueilli connue un mauvais plaisant celui qui leur aurait [tarie

(1) Un vieux paysan du Latium avait été traduit en justice par ses voisins, parce que sa étaienl de belle venue, tandis que oellea des autres n'avaient pas réussi. Il expliqua au juge que par son mode de culture il avait évité que la semence se perdit, ce que les autres n'avaient pas

t'ait. El comme le juge était [plus :>ensé (jue superstitieux, le paysan tut renvoyé sans dépens.

« tTn païsan de la Beausse avoit este accusé en justice d'astre sorcier, - pource que -es brebis ne mouraient point, et toutes celles de ses roysins » périssoient. Surquoy estant interrogé devant les juges, il list response » que jamais il ne permeUoil que son bestail -ortist lorsque premièrement "le soleil n'oust consommé la rosée, el que plusieurs petites bestioles

» qu'estoienl sur les herbes ne lussent retirées dedans la terre; et dict ■• que quelquefois il t'avoil déclaré a aucuns de ses voysins : ce qui l'ut » trouvé vray, et fut absouU pour les raisons SUSdictes, etc. » (Amb. I'akk. Œuvres, Paris, |i>07, p. S-J7.

d'hygiène, de miasmes, de ferments; et conseillé plus de ventilation et de propreté. Eh ! lui auraient-ils crié : ètes^vous fou ? C'est justement uncourant d'air qui a fait tousser nos vaches Vannée dernière : ei c'est pour avoir été lavés que les feux du petit sont rentrés et que l'humeur s'est portée sur les yeux .'....

Les paysans de Broyé n'auraient doue accordé aucune créance au médecin <lcs bêtes et des gens qui leur aurait fait entendre un langage vraiment scientifique.

Un homme qui n'entre pas dans nos préjugés ei nos croyances, quelquefois môme dans nus passions, possède rarement notre confiance. En choquant nos idées, il déroule notre conscience <'t nous mel toujours mal à l'aise.

Les progrès moraux, quoique nous nous en vantions, ont été assez incertains, assez contestables môme, pour qu'on ail pu, sans trop d'invraisemblance, soutenir cette thèse que les hommes sont toujours et partout les mêmes, que l'humanité .•-i Btationnaire, etc.

si les anciens Grecs ei Romains croyaient le monde rempli de démons ou d'esprits répandus dans l'air, qui envoient tes Bouges, qui sèment les maladies, cette, croyance est bien encore celle du peuple dans les campagnes, e1 même b la ville.

il n\ a pas bien longtemps qu'on faisait encore dire à Broyé i.i prière du loup, quand nur bête était restée égarée dans la brêt

ii.ui- toute la Franche-Comté on fait encore barrer communément les dartres, les brûlures, les entorses, les ophthalmies, les maladies aphtheuses, etc.

On ne croit plus aux revenants : et pourtant <»n obtiendrait difficilement du premier venu qu'il B'aventuràl la nuit but un cimel ' té, ou dans un tournant obscur où quel-

qu'un erail mort quelque (ours auparavant.

H i m qur I-- upei titlôn propres au génie des

iu'.i la condition de Be modifier en

^appropriant ail génie de ceux qui les acceptent. Il y avait sûrement une fantaisie moins incorporelle, quelque chose de plus matériel el de plus grossier dans la croyance au monde des Faunes el des Satyres, que dans la conception idéale de nos fées, de nos dames blanches, voire de nos Klàs (M plaintifs qui symbolisent le remords.

Nos magiciens el nos sorciers n'étaient pas malfaisants comme Médée ; parce que L'esprit Gaulois répugne aux conceptions tragiques, ou qu'il n'y croît pas.

L'église catholique, pénétrée elle-même de cette foi aux esprits, ne pouvait en débarrasser le monde. Elle a <at le tort cependant, avec ses exorcismes ridicules, quelquefois cruels et malfaisants, de donner un corps à la superstition.

Après cela, elle ne pouvait pas Eure autrement.

Comme le soleil dissipe les ténèbres, de même l'instruction Qnira par avoir raison des entités chimériques el des fantasmagories inventées par la peur <■( transmises de siècle en siècle , en s'accommodanl à l'ignorance particulière <!*' chaque époque.

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