MUSÉK DU Sx Sang. — Voir plus haut. p
3. Musée DE.S Hospices, rue des Chartreuses. — - Collection importaïue et très intéressante, dont on devrait faire le catalogue. Tableaux et portraits par .lacques van Oost, le vieux, et Jacques van Oost, le jeune. Portraits par Fiançois Pourbus.
— Deux revers de volets en grisaille (81); l'Annonciation, XV« siècle. — Le Christ dînant chez Simon le lépreux (87) peut-être d'Albert Bouts, d'après une (L'uvre altiibuée à son père, appartenant à M. Thiem, de San-Remo. — Des panneaux attribués aux Claeissins et autres oeuvres peu étudiées, que nous ne pouvons discuter ici. mais dont l'analyse nous éclairerait sur certains de nos peintres de second et de troisième ordre. — Vue de la Grand'Place. prise vers les Halles. Mais pourquoi plusieurs tableaux ont-ils été transférés à IHôpiial (1909) ?
Objets d'art: Ecce liomo, haut relief en albâtre, vers 1600. — Châsse en bois sculpté et peint, XV« siècle. — Polyptyque avec incrustations en corne et en ivoire sculpté : la vie de la Ste Vierge ; au revers, scènes de la vie du Christ (fin X1V« siècle).
— Groupe en albâtre : la Visitation, seconde moitié du XV"^ siècle. — Rondelles en verre émaillé, XV= siècle et i362. — Ivoire polychrome : la Ste Vierge assise, avec l'Enfant tenant un oiseau, XI V« siècle. — Statue polychromée de St Corneille, XIV« siècle. — Bois de lit, XV« siècle. — Bahut, XV= siècle. — Coffre, fin du même siècle. — Bahuts divers. — Dinanderies, etc. — Reproduction du collier de soleils et de roses, avec le lion blanc, décoration de la maison d'York, donnée à .losse de Bul, par Edouard IV, roi d'Angleterre, en souvenir de l'hospitalité accordée, en 1471, à Lord Scales, frère du Roi, et à plusieurs nobles anglais. — Antiphonaires enluminés, etc.
6. Musée de peinture moderne, installé en 180S dans les bâtiments de l'ancien collège des Jésuites, quai des teinturiers, 16. Il est constitué au moyen d'un fonds provenant de l'ancienne Jointe de l'Académie, passé à la Ville, le 18 octobre 1892, des legs de M.Charles Van Lede (1876), et de Madame Vander Beeck-Bouvy (1903), de dons de
M. le Ministre d'Etat, Auguste Beernaeit, et d'acquisitions faites par les Amis df Musées. On v trouve des tableaux de nos mafdes bru^ems de l'Ecole française '. de
œuvres du peintres du XIX-^ siècle, parmi lesquels tii;urent surtout nos compatriotes. A signaler La découverte du corps de Charles le téméraire sur le champ de bataille de
Voir ci-deitu6, p. 379:
Nancy, beau tableau de Henri Dobbelaere (iSSyi. I,a série continue par les œuvres de nos contemporains.
7. Musée ARCHÉOLOGIQUE; 1^^ section, à Griiutliuse ; 2^'^ section, aux Halles.
— L'Hôtel de Gruutliuse fut acquis, en 1873, par la Ville, pour y installer le Musée archéologique '. Une partie des collections de la société archéologique y est exposée, depuis 1906. Les grands objets et le Musée lapidaire sont encore installés aux Halle;.. Les objets réunis parla Société archéologique, depuis i865, sont fort nombreux. Ils se rapportent au.\ diverses branches de l'art, qu'on est convenu d'appeler industriel, et au Folklore brugeois. Mentionnons rapidement : un magnifique coffre à armatures étamées, fin XV« siècle, provenant de l'ancienne Gilde de St Georges ; un devant de coffre sculpté, du milieu du XI V^ siècle, représentant la légende de St Georges ; des bahuts et armoires, du XV« au XVI I^ siècle ; — le beau bas-relief provenant de l'hôtel de la monnaie, 1 563 ;
— des objets d'orfèvrerie, des cassettes, coffrets, etc., — les terre-cuite, porcelaines, fa'iences, grès de Sieburg, etc.; — monnaies, médailles, méreaux ; — sceaux et matrices;
— instruments de musique. — Le nombre des objets d'intérêt historique, surtout local, est considérable. Parmi ceu.\-ci, nous avons entre autres, une riche collection de vues anciennes de Bruges et de monuments disparus ; le buste de Charles-Quint, don de M. Alfr. van de Walle ; — une épée damasquinée avec portraits gravés du comte de Nassau et du landgrave Guillaume, XVII'= siècle ; — un buste en marbre de Charles II, roi d'Angleterre ; les coffres des archives, vers riQo, et les étuis des trompettes de la ville, XVI 1"= siècle, etc.
A la section des Halles, on trouve surtout : les collections de pierres sculptées, cheminées etc. du Xll*^ au XVHI^ siècle, provenant de démolitions ; une riche collection de sculptures en bois, consistant surtout en panneaux décoratifs et fragments très intéressants pour l'étude ; des tombeaux peints ou sculptés, des cuves baptismales, des reproductions en plâtre ; des collections de ferronneries les plus diverses ; des briques de foyer; des engins de grosse artillerie, des carrosses, des voilures; des clôtures de chapelles, fragments de clôtures, des lambris, des escaliers, portes, fenêtres, volets, statues etc. ; des chambres et salons Louis XV, Louis XVI et Empire, avec leurs cheminées et objets de mobilier et de décoration de toute nature ; des plaques de foyer en fer ; des reproductions de peintures murales et de peintures découvertes dans des tombeaux ; des reproductions frottées de dalles et de plaques funéraires ; des bois gravés pour l'impression d'étoffes ou servant de formes pour « speculatie 'i ; des tapisseries de haute lisse, etc.
Ces indications suffiront pour donner une idée de la richesse de ces musées, qui ne pourront être réunis ici que lorsque la partie de l'immeuble de Giuuthuse, à l'est du pont, aura été aménagée. Quel dommage qu'il n'existe pas de catalogue de ces objets aussi nombreux qu'intéressants. Le visiteur devra s'en référer aux étiquettes qui sont généralement bien faites.
8. Musée d'antiquités préhistoriques, à Gruuthuse, organisé en 1902. Il renferme des collections de souvenirs rares se rapportant au haut moyen âge, aux périodes franques, gallo-romaines et préhistoriques. Il contient deux catégories distinctes d'objets : ceux qui ont été trouvés dans diverses localités de la West- Flandre et ceux recueillis à l'occasion du creusement du canal maritime et du double port de Bruges.
I. Voir plus haut, p. 436. Cfr. AE, xix. i-i3 ; les Rapports décennaui de la Socii^ié et ceux qui paraissent tous les ans, dans le Rapport présenté par le Collège éclievinal au Conseil Communal,
9. Musée des dentelles, Collection Liecits, — à Gruuthuse. donnée à la Ville en 1889. par le Baron Jean Liedis, en souvenir de sa femme née Auj;usta Godin ; aménagé définitivement en 1891. Ce riche musée renferme beaucoup de pièces importantes et historiques. Outre les dentelles aux fuseaux, de Bruges, du Brabant, de Malines, d'Anvers, de Binche et de Zélande. on y trouve un couvre- pieds piqué à la main, des lacis, des ouvrages en fils tirés, des passements à l'aiguille et aux fuseaux, des «points coupés )i qui renseignent sur les travaux qui ont préparé la naissance de la dentelle aux fuseaux ". Voir le Catalogue.
10. Musée d'estampes. Collection Steinmetz. M. John Sreinmetz, né à Londres, 171)5, vint s'établir à Bruges, en 1819. En i863. il céda à la Ville, sa collection, fiuit de quarante année de recherches. Elle se compose de plus de i5 mille pièces, remontant jusqu'aux origines de la gravure, dans l'Europe occidentale. L'école italienne, comme l'école néerlandaise, française et anglaise, y est représentée. Elle est riche en gravures sur bois et en estampes de toute fac'ure, en livres illustrés anciens et en dessins 01 iginaux de maîtres '. M. Steinmetz fut conservateur honoraire de sa collection, depuis le 26 février 1864 jusqu'à sa mort, le 28 octobre i88i. Cette collection se trouvera à la disposition des hommes d'étude, à partir de l'été de cette année igio. M, Henri Hymans est occupé à la classer dans les quatre salons durez-de-chaussée de l'ancien Hôtel Arents, sur le pont de Gruuihuse, qui sera mis en communication avec la cour d'honneui- de l'Hôtel de Gi ULilhiise.
11. Musée DU Béguinage. — Nous en parlerons tantôt, quand nous visiterons cette antique institution. Ce musée donne l'idée d'une habitation brugeoise du XVI 1= siècle.
12. Le « Cabinet •> de M. le [i^ De MeyER. Quai Sie Anne, aS, que l'heureux propriétaire a hérité de son Père, renferme des tableaux, des ivoires et des objets de toutes sortes (gravures, faïences, porcelaines etc.), parmi lesquels beaucoup de pièces remarquables, quelques-unes même de grande valeur. M. le Dr De Meyer, président de la Société archéologique, se fera un plaisir de faire les honneurs de sa collection à ceux qui lui en feront la demande par écrit, de préférence le matin, après ro heures. La maison, qui est du XVI 11^ siècle, est elle-même un cadre charmant pour ces précieuses collections.
PROMENADES PAR LES RUES DE LA VILLE. —C'est une vieille coutume, à Bruges, de montrer la ville aux étrangers. Ainsi à la fin du X1V« siècle, le bourgmestre Jean metten Eye, montra la ville au Comte de Nevers (varende met den grave van Nevers de stede te be:;iene) et à cette occation la Ville offrit au noble visiteur une collation {in wine ende cude] K On lui offrit donc une Krostilliade. comme on le dit encore. Suivons l'exemple de ce Bourgmestre et prions le lecteur de s'arrêter pour la croustille, quand son estomac réclamera.
A. Premier secteur; LE sud-ouest de la ville. — La ;7<eie5P/e'res: in vico lapideo {i2qy), in vice lapidis [l'i'ib), Steenstrate (i3o2). Cette rue est, avec la rue de Ste Catherine et la rue Longue, une des plus belles de la ville, à raison de ses
1900, pp. 27-30. 34. ^ ô. AA,
sinuosités. Grav. p. loo. On a supprimé un joli coin rentrant, vis-à-vis de la place Simon Stévin : et le coin nord-esi fut reconstiuit vers 1832. pour faciliter un peu l'accès du Marché. Voir pkis haut. p. 6. tonciiant les pilotis qu'on v a découverts. .\u XI V<^ siècle, on joutait quelquefois dans cette rue.— Il reste ici beaucoup de belles façades. Le rez-de chaussée de plusieurs de celles-ci a été malheureusement gâté, dans les vingt dernières années. On v voit plusieurs façades du XVI 1 1« siècle, dont l'aspect n'est pas mauvais. Voir les no 8. 9-11. 18. 20. 26. -|6 et 94 (un des derniers pignons à gradins (1767Ï. — Voici l'indication des maisons les plus remarquables. Côté méridional : Au coin, la Belle vue, jolie construction en siyle Louis XV, remaniée en 1909: — 19-21. façade en style brugeois de tradition gothique. 1626. qu'on devrait restaurer, en conservant les anciennes proportions des fenêtres, à l'étage; — 2?. de diic moniken, i65o. grav . p. 4i|, ancienne maison de la corporation des boulangers ; — 20. de groote vos. antérieurement de slntele. maison de la corporation des maçons, construite avec un subside de la Ville, en 1621-22. restaurée en i885. grav. p. 61 : — 35. de gekrnoude taughe. plus lard de tatighe, de croone. enfin Rome. XVII' siècle, remaniée en iqo?. — Côté septentrional. 20, [716. grav. p. 442 : 28. '/ lammekeu. 1634, restaurée en 1879. grav., p. 429 : — 3o-32. den spegliele. maison de la Gilde des Hallebardiers, façade de i 507. affligée d'une vitrine en stvle esthétique, iqoo : — 40. maison de la corporation des charpentiers affectée, en i85q. au cercle catholique la Concorde, belle construction en pierre de taille, du commencement du XVIfl'^ siècle, au coin de la ruelle autrefois appelée Pacx straethiii (i365). Pacstrate 11374I. et plus tard, Pierken Patx straetje et Lamsin Pacx straetje. noms encore inexpliqués ; — 42. ancienne maison corporative des cordonniers, 1527, magnifique type. arav. p. 54. dont le rezde-chaussée fut gâté en 1S92. C'est alors aussi que disparut l'emblème de la « botte couronnée » qui se trouvait au-dessus de la porte de derrière '. — La rue St Nicolas. Mostaertsiraetkin dat men lieel Siiit A^iclaes straetkin (vers 1542V Elle a été élargie du côté du vieux Bourg, en 1892, après la démolition de l'Hospice St Nicolas, het klaailje. qui fut acheté par la Ville, en 1889==. L'acte de fondation de l'Hospice, par Nicolas Pagant. est du 14 mai 1394. 11 était destiné à herberger des marchands ambulants pauvres; la chapelle servit aussi aux Merciers, qui avaient leur local de réunion, dans l'Hospice ^. Au XIX^ siècle cet hospice servit, pendant quelques années, d'hôpital pour certaines maladies spéciales. — Place Siinon Siévin. giav., p, 259. Une Halle aux viandes occupait la moitié occidentale de la place ivoir Marc Gheeraerts); elle appartenait au métier des bouchers: c'est le Westvleeschhuus ou Macellum occidentale. connu dans les documents, dès 1309. Ce bâtiment à double toiture fut démoli en 1819. C'est alors qu'on planta les arbres. La place prit le nom de an 'i afgebroken beenhuus, et un marché aux légumes y fut installé. L-es marchands d'issues et déchets de viandes, établis le long du bâtiment démoli, émigrèrent à la Place de la Grue. — En 1846. la place fut ornée d'une statue de Simon Stévin. Né, dit-on. à Bruges, parce qu'il se qualifiait de Brugeois sur les titres de ses livres, en 1548, d'après l'inscription d'un ancien portrait. Sa bioL-raphie a donné lieu à bien des discussions, et les points en litige sont restés dans le vague. Il est de fail que Simon Stévin devint membre de notre société de Rhétorique du St Esprit, le 16 mars 1571. Il voyagea beaucoup, se fixa à Leiden et finit par être « castraméteur u des Etats de Hollande. Il mourut à Leiden ou à Amsterdam, en 1620-». L'inauguration de la statue en bronze, par Eugène Simonis devait se
I. Voir sur cette maison, pins liant, p. 362 ^ 2. Iléi-ouverte rfe lomiie.mx peints, cfi . plus li;iut, ii.fJdô-;. ^ 3 l'Ius liant.
faire le 26 juillet 1846. Mais la statue n'était pas prête. C'est alors que deux jeunes statuaiies brugeois, Auguste Derre et Dominique van Weydevelt s'offrirent à fournir une statue en plâtre. Ils la modelèrent en moins de huit jours, aidés de leurs jeunes apprentis Henri Pickery et Jules van Nieuwenhuyse '. Coulée en plâtre et bronzée, elle fut placée sur le piédestal (l'ancienne pnmpel en temps opportun pour sauver la fête. La statue de Simonis n'arriva que le 8 septembre 1847. ^'^^^ à l'occasion de ces fêtes qu'on tit le magnifique décor de la Grand'Place qu'on utilisa de nouveau en i853 ». — .\u côté occidental, C. 20, se trouvait une chapelle du St Sacrement, dite kapelle van ver^oeninge. bâtie par la Ville en 1701, en expiation d'un sacrilège commis en 1700, en cette maison, alors l'auberge het peerdeken. Elle portait le chronogramme : S.xCrO DeI SACraMENTO. Elle fut vendue en 1799 et déiriolie. — Rue des Pierres, suite. — D. 91, façade à rusticages saillants, ornée de bas-reliefs représentant les sept jours de la semaine, grav. p. 461, bâtie vers i63o, pignon ibyS; — C.86. gravures pp. 229. 272, vers iSyo: une de nos plus belles façades, qu'on voudrait bien voir restaurer; — C. 84, joli petit pignon construit, en i888-8g, par M. l'architecte Joseph Coucke. qui a été le premier à faire une vitrine conçue en style brugeois. — L'établissement de mon éditeur, D. 98, occupe une partie de l'emplacement oij se trouvait déjà en 1261 ', l'ancien refuge de r.'Kbbaye de St Pierre, à Gand, qu'on voit fort bien sur la carte de Marc Gheeraerts, et dont nous verrons une partie ancienne, tue d'Argent, 37. La construction actuelle date de la fin du XVI11<= siècle, grav. p. 467. L'Abbé la vendit devant les Echevins de Bruges, le 19 juin 1784, à François Antoine de Crombrugghe. seigneur de Looringhe. — Rue sud du Sablon. Remarquez la maison, D. 18, de Scliaeve. 1703. grav. p. 423. — La jolie façade vers l'ouest delà maison de Naelde, C. 41, bâtie vers 070; dont le caractère de la partie supérieure a été modifié lors d'une restauration déjà ancienne. A la sortie de la rue se trouvait la poi te Sud du Sablon sur le fossé de la ville, antérieur à la fin du XI Ile siècle. — L'espace entre l'église de St Sauveur et la place de la station, qui touchait au rempart, en 1 127. était une place qu'on appelait alors près du Sablon 4. Nous avons traité du marché du Vendredi, plus haut, p. 459. Nous pourrions pousser par le Haut de Bruges jusqu'au Marais '. La maison C. 10, coin de la rue Ouest du Marais, vers 1610, a été restaurée en 1879; plus loin se trouve le nouveau local de la Congrégation, construit en style brugeois, par Charles Verschelde, 1880. Devant la façade occidentale de la cathédrale, l'auberge de cantine van St Salvators est l'ancien réfectoire du chapitre, acheté entre 1293 et 1319. A côté, au nord, se trouvait, avant 1398, l'Ecole, qui venait jusque dans la rue du Tilleul °. Devant l'église se tenait, en 1284, un marché au fil. — Les Tondeurs de laine ou Cardeurs, avaient leur maison corporative dans la rue Courte des Foulons. La cantine dite de Blauwe Fontein en a incoiporé une partie. La rue, croit-on, a tiié son nom de l'existence de la chapelle des Foulons, transférée plus tard rue Neuve. — Au sud de l'église se trouvait avant i3o2. le Zeghelarshuus ' dit, en 1579 *, 't Gheestelic Hof. consistorie van het Gheestelic Hof, cour ecclésiastique de l'Evéque de Tournai, puis de celui de Bruges. Son terrain, comprenant une chapelle, était attenant à l'Hôtel du Seigneur de Maldeghem, aujourd'hui Palais épiscopal. Il comprend les maisons C. 7 du cimetière St-Sauveur et C. 2 de la rue du St Esprit, que M. le chanoine Rommel a fait enjoliver par Ch. De Wulf, en 1896-7. Voir grav.
t. Jeparledecliosesqiie j'di vues, dans l'atelier de van Weydevelat. ^ 2. Voir Xo/ice biographique tit:s hovtttifS illustres dont les statues, bustes et médaillons décorent de uoiivean la Graud' Place de la •ville de Bruges, Bruj;., A Ipli. Bogaert. in-8* avec ilthogtaphies i833. ^ i. Carliit. Dunen. .IgS. ^ 4. Voir plus haut, p 29. ^ 5. Plus haut, p. il. ^ 6 Plus haut. p. 293. ^ 7. IJ, 382. ^ 8. Sesiendeelen, AE, ILIII, 152.
p. 323. — Dans la rue du chœur de St-Saureur. maison C. 8, avec le buste du chancelier d'Aguesseau (?) au-dessus de la poite.
2. Rue Notre-Dame (in vico béate Marie, 1294; Sinte Marieii strate, i3o2) La maison marquée C. 6. le Pélican. XVIII<= siècle. La rue des Fifres nous amène vers la Grande rue du St Esprit, où se trouve le Palais épiscopal. C'est l'ancien Hôtel de Pitthcm. appelé aussi Hnfvan deWalle f i 55i). ayant appartenu aux sires de Maldeghem, puis ;iux Claerhout, et acheté en 1641. par les de Noyelles et les de Croy. Il fut rebâti en 1349. ^f *''f acheté, en 1738. par Mgr van Susteren. évêque de Bruges qui construisit la porte d'entrée surmontée de ses armes, mais modifia sensiblement l'Hôtel lui-même. Voir la gravure de Sanderus. Le grand escalier intérieur, construit par Mgr van Susteren, est grandiose. L'Evêque. lors des travaux qu'il fit exécuter, conserva une série des anciens couronnements de fenêtres. Lors de la réparation des façades de la cour d'honneur, i88o-8i. ces sculptures ont été remplacées par de nouvelles, faites d'après les anciens modèles. Les séminaristes prirent possession du bâtiment, en avril 1740. et y restèrent jusqu'à la révolution française '. .'Mors ce bâtiment servit de prison f 1793), d'Hôpital militaire (18061 et l'on y donna des cours de Médecine. La Province l'acquit en 1834 après la réérection du diocèse, pour v établir le Palais épiscopal, et l'évêque de Bruges l'habite depuis le mois de juillet i836. Les statues de St Pierre et de St Paul, dans la cour sont de Pierre Pepers et proviennent de l'ancien château des Evéques. à Ste-Croix. — Vis à vis de l'E^èché, grande maison, C. 3. à tourelle, et. au coin, niche et statue de la Vierge, vers 1620. — A côté du Palais épiscopal. Rue Puits aux Oies (Ten goesepitte, 1400) terrains bas. inclinant vers le Marais; Voir. p. 23. Au cadastre de 1579, le nom de Gnesepitstraet n'était donné qu'à la section de la rue entre les deux rues du Marais ; mais dans la description des cycles, on y donne indifféremment ce nom et celui de Langhe Heylicgheestrate à la rue actuelle du Puits aux Oies, tandis que le Groote H. Geeststraat était le nom de la rue depuis N.-D. jusqu'à la rue Courte des Foulons. Ceci rend quelquefois difficile l'identificatioti topographique des anciens textes. — Dans cette rue, au côté méridional, vis-à-vis de notre Petite rue du St Esprit, se trouvait l'Hospice du St Esprit, qui existait en 1268. C'est la domus Sti Spiritus in Rrugis. où l'on tenait des scamele huusweeken. et qui est avantagée dans bien des testaments du XIII- XIV« siècle ^. Mais est-il vrai qu'elle soit devenue la maison-mère de l'Hospice delà Poterie^? L'Hospice, rue Puits aux Oies, était tenu par des Frères du Tiers-Ordre, qui avaient une autre maison rue d'Argent, en 141 5 *. A cette époque, semble-t-il, ces deux maisons abritaient des aliénés. Celle de la rue Puits aux Oies avait été reconstruite en 1387. A l'est de celle ci s'établirent des religieuses du Tiers Ordre de St François, qui soignaient les malades à domicile et s'étendirent dans les bâtiments des Frères. Elles avaient la chapelle avant i52o. Le 8 décembre i638, elles adoptèrent, au nombre de quinze, la règle des Conceptionnistes ou de l'Immaculée Conception de la Ste Vierge. Elles devinrent alors des religieuses contemplatives 5. Elles émigrèrent à l'ancien Hospice St-Aubert. près de la porte de Ste-Croix fi58o 84"); mais revinrent à leur premier siège, après le temps des Gueux. Vers la fin du XVI ll»^ siècle elles tinrent un Pensionnat pour jeunes filles de bonne famille. Leur couvent ayant été déclaré insalubre, elles transférèrent, en septembre 1788. leur pensionnat au couvent des .lacobines, dans la rue de ce nom. Elles furent chassées par la Révolution, le 23 novembre 1796, mais continuèrent leur pensionnat, rue St-Jean, i2bis-i4. où une profession fut encore célébrée en 1817 ">.
; Cnrt. Dmie,,., 607. 611. 656. 68q. clc. ^ .V KDH, ivn, 49. ^ 4. I, IV. ii,a. ^ 5. KDH;
Un beau talilcnu leprésentant la B*" Béatrice de Sylva, fondatrice des Conceptionnistes, se trouve à l'Hôpital St-Jeaii.
i. Cimetière de N.-D., ^lav-, p. 27.1 ; 'ite de Gi uiilhuse, élargie, 1909-10; pont de Gruiilliiise, grav. pp. 273. 167. Rue neuve, voir p. r5; maisons, grav. p. 267. — La mai.son C. 3 était habitée, en 1578, par .lean Perez de Malvenda. C'est ici qu'il tint cachée la relique du St Sang, jusqu'en 1584. En 1893. on y plaça sur le coin, vers l'eau, une inscription commémoraiive de ce fait, due à la plume de Guido Gezelle. — Le couvent des FrÉRESXavÉRIKKS occupe une grande partie du pâté de maisons entre la rue N.-D. et la rue Neuve. Fondé le 3 juin 1839. rue des Baudets, vis-à-vis de l'Hospice St-.Iosse, par Théodore Jacques Rvken. de Elslinut (Brabaiit septentrional), décédé à Bruges le 26 novembre 1871, et placé par Grégoire XVI sous la juridiction de l'Evêque de Bruges, la Congrégation s'établit au Walleken. rue St Georges, en 1841. Le fondateur ouvrit sa piemiére école à Bruges, en 1844. à St-Sauveur. Elle fut transférée au cimetière de N.-D.. en 1846. et dans la Rue Neuve, en i852. La première fondation en Angleterre (Manchester) est de 1848; la première en Amérique (Louisville) est de !854. La Congrégation compte aujourd'hui trois Provuiccs. Le bâtiment central de la rue Neuve, avec loggia au-dessus de la porte n'a pas varié. Nouveaux bâtiments en la même rue. 1907 et 1910 et an cimetière N.-D.. 1907 (architecte. M. Alphonse De Pauw) ; rue N.-D.. 19'M (architecte M. René Buyck) et 1904. La chapelle, 1875, agrandie en 1899. a été décorée de peintures historiées par M. Florimond van Acker. en 1904. Un beau pignon avec tourelle ' à l'intérieur de la propriété, a été démoli. Une des façades de l'Institution, très curieuse, rue Vieux Bour^, C. 3i, bâtie en 1571, est conçue en style classique. Ses corniches, ses frontons triangulaires ou cintrés construits en briques, témoignent sinon du goût, du moins de l'habileté de ces maçons du X'Vle siècle ^ — La maison rue Neuve, C. t, était, en 1579, l'Hôtel de Beveren, qui fut plus tard incorporé dans l'Hôtel de Marc Laurin — Dl.iVER, grav.. p. 261. Une charte de Thierry d'Alsace, de ii3o. parle de ï Eekhout, quod Jacet Brugis in Rogia vivarin meo'. Avons-nous ici un texte auquel se rattache notre Dijver? Nous trouvons: super diveram (1292I, ttp die divere (iSoi), up den ^M'ere (i4i9-XVI« siècle). Avec de la bonne volonté on peut arriver de vivarium à Dijver : mais je n'oserais insister. — Lt Dijver ne fut planté d'arbres, qu'en i65o. Remarquez: la Prévôté de N.-D., C. i3. rebâtie entre 1725 et 1742 parle Prévôt Jean Bernard de Villegas. — Un peu plus loin se trouvait la belle maison de Jacques Gloribus, reconstruite en partie en 1597, quand on démolit son beau portail avec la niche de Ste Godeliève ■"; plus loin encore, habitait le savant jurisconsulte Josse de Damhoudere. La maison C. 6. abrita l'Institut- Boyaval, de 1875 jusqu'en novembre 1881. — La partie septentrionale de la rue très ancienne, dite rue de Groeniiighe s'appelait Melcwietstraetken. — Pont de Gruuthuse. Nous trouvons iuita novum pontem (1288). Reconstruit sur une grande largeur, en i388-8g, il est encore appelé nieubrugge, au XVI<^ siècle. Les v&s^\s.Uts àes Sestendeeîen l'appelent Gruythuysbrugghe. — HOTEL DE GRUUTHUSE. — Le droit de banalité, dit droit de grute, correspondant à celui de maltage, avait été donné en fief au.\ sires de Bruges, qui furent dits « de Gruuthuse » ^. Ce fief passa aux van der Aa, qui écartelèrent leurs armes avec celles de Gruuthuse. et prirent le nom et le titre de leurs prédécesseurs. Le bureau pour la perception des
I. Giav..V.SA, plancliexixvm. ^ 2.GliV., :HJ., pi. xil, ^ de la Reie, plus haut, pp. i3 et zo. ^ 4. AE, ïLlll. 37,181. ^ 5. CBB,
droits se trouvait à l'angle du Dijver et de la Melcwietstraetken. Nous avons fait l'histoire succincte de la construction de l'habitation. Sur le premier Giuulhuse. voir p. 356 ; le Gruuthuse actuel, p. 348. Gravures, pp. 66. 68. 69. 167. 273. 330. 343. 3q3. Voir le plan terrier, p. 340, et les indications qu'il donne sur l'âge des conbtrucilons. L'Hôtel Gruuthuse proprement dit fut bâti pour le célèbre Louis de Bruges, seigneur de Gruuthuse. La construction, commencée vers 1463 fut achevée vers 1470. En 1471-72, on mit l'hôiel en communication avec l'église de Notre-Dame, et l'on construisit la jolie /r/è;/«e i^e Gruulhuse. L'Hôtel de Gruuthuse fut vendu à Philippe 11, en i3q6. On y érigea le Mont-de-piété, le 4 février 1628. La Ville de Bruges en ht l'acquisition, en 1875. dans le but d'y installer le Musée archéologique. Le Mont-de-piéié fut transféré au Quai long, en 1876. — La restauration fut confiée à Louis Delacenserie. Elle fut trop ladicale. Regrettons qu'on ait conservé la division en deu.v étages au-dessus du rez-de-chaussée, établie au XVI 1= siècle. Primitivement, il n'y en avait qu'un ; et alors les lucarnes n'étaient pas hors de proportion avec les fenêtres supérieures. — On vient d'achever, en janvier iqio, la construction des bâtiments commencés en igog, le long de la rue de Gruuthuse et qui remplacent les « galeries « achevées vers 1483. Celles-ci avaient été modifiées depuis lors. Il est bien regrettable que la petite porte, grav. p. 3g5, ait été perdue dans les décombres du vieu.\ bâtiment occidental, qui s'est écroulé le 26 juillet 1908. — Dans la façade de la rue de Gruuthuse on a inséré la frise en bas-relief représentant un camp. Elle provient de Gruuthuse ; mais elle s'était égarée dans la façade du n" 43 de la rue Philipstok et la Ville la racheta, en 1900. La partie de l'Hôtel de Gruuthuse, sur le pont, qui était l'Hôtel Arents de Berteghem. fut e.xpropriée en 1906. — C'est ici que Louis de Gruuthuse collectionna sa riche bibliothèque, la plus belle des collections privées du temps, après celle des Ducs de Bourgogne. Le fils de Louis de Gruuthuse vendit la bibliothèque à Louis XI 1. roi de France, qui la réunit à celle du Château de Blois ; et la Bibliothèque nationale de Paris possède actuellement la plus grande partie de ces trésors. Louis de Gruulhuse était un protecteur éclairé des lettres. Il patronna Colard Mansion et fut parrain d'un de ses enfants. Les écrivains. les enlumineurs et les miniaturistes de Gand et de Bruges travaillaient continuellement pour son compte. — Quand Edward IV fut chassé d'Angleterre par "Warwick, en 1471 (guerre des deux roses), il vint avec son frère Richard, duc de Gloucester, chez Louis de Gruuthuse. Il y tint sa cour du i3 janvier au 19 février 1471. quand, grâce au secours du duc de Bourgogne et des villes hanséatiques, il put regagner son royaume. Le château du seigneur de Gruuthuse, à Oostcamp '. a également abrité le roi d'Angleterre. A peine remonté sur le trône, le roi Edward fit remercier (I ses chers et spéciaux amis » de Bruges, « de la bonne et grande courtoisie » qu'ils lui avaient faite pendant son exil, et conféra au seigneur de Gruuthuse le titre de comte de W^inchester. Edward IV était déjà venu à Bruges, lorsqu'il y amena sa sœur Marguerite d'York, qui se maria à Charles le téméraire, à Damme, le 2 juillet 1468, et fit son entrée à Bruges, le lendemain. Son blason se trouve au-dessus des stalles à Notre-Dame, le premier du côté sud, parmi ceux des chevaliers de la Toison d'Or qui assistèrent au onzième chapitre général de l'ordre, tenu du 7 au 9 mai 1468, à N.-D., dans lequel il fut élu.
Rue Notre-Dame, suite. Façades de l'Hospice de la Maternité, construites vers 1540. Le service, établi ici vers 18 17, va être transféré à la rue Est du Marais, où
I. Gravure de ce cbâleau dans Sanderus, /■/. i// , i6}5, il. n- ao.
M. De Piuiw construit le magnifique bâtiment destiné à le recevoir (iqo8-io). — Vue sur la façade de N.-D., avant la restauration, grav. p. 3io. — HOPITAL ST-JEAN fondé avant 1188. Voir l'histoire des constructions, p. 341. La restauration de ces anciens bâtiments fut commencée en igoS, sous la direction de feu L. Delacenserie. qui a fait les études pour la restauration du pignon du milieu, côté de la rue N.-D.. constiuit vers 1200, auquel le portail fut ajouté à la fin du X1II« siècle. Cette restauration se fera sous la diiection de M. J. Coomans. — Le petit cloître fut fait en i5o3. On y voit quelques meubles anciens fort intéressants et des tableaux, parmi lesquels un Jésus dans la maison de Béthanie. avec cadre ancien, commencement du XVl^ siècle, grav. p. 173. — Le nouvel Hôpital, qui est très laid, est de 1856-64. Alors disparut la chapelle du Cimetière '. — L'église est faite d'une partie de la salle septentrionale, à laquelle on ajouta une abside (1473-75). On voit dans l'église quelques statues en des niches adossées aux murailles, qui sont de la même époque ; un ancien tabernacle, tourelle, 1477 ; un lustre en cuivre, fin XV« siècle Au maître-autel, St Jean et St Pierre. en buste, copies ou répliques de ceux du maître autel de St-Sauveur. Le grand tableau de l'autel, la Vierge avec l'Enfant imposant la mitre à St Augustin, Jacques van Oost, le vieux, 1637. Mobilier en bois sculpté, commencement du XVI I^ siècle. — Chapelle de St Corneille, XVIe siècle, restaurée et polychromée, en 187g. Armoire aux Stes Huiles, 1477, M''"'^-- P- 469; lame funéraire de quatre fières de l'Hôpital, vers 1540. — Sacristie. Cylindre renfermant une épine de la couronne de N.-S. et un grumeau du sang de St Thomas de Cantorbéry, XV'^ siècle ; corne-reliquaire de St Corneille, sur pied ciselé, XV" siècle ; statuette polychromée et dorée de Ste Ursule, pour l'exposition du cylindre-reliquaire. XVe siècle ; un os du bras de Ste Ursule, dans un cylindre en cristal, avec gaine en cuir ciselé. XV« siècle ; chandelier d'autel, vers 1460 ; reliquaire de Ste ApoUonie, XVl^ siècle ; chasuble avec dalmatique et tunique à orfrois brodés, ornés de grappes de perles fines, i633 ; vases a fleurs en argent battu, et bouquets de roses en argent repoussé. XVH^ siècle. Voir nos grav. pp. 170. 390. 405. Un beau calice ciselé, 1740 ; un vase aux saintes huiles, 1648. — Pharmacie. Série de portraits des tuteurs et de quelques curés de l'Hôpital ; collection de grès et d'anciennes fa'iences ; mortiers en cuivre (i5o2. i568. 1644); une petite crèche de Noël, grav. p. i63. Dans les salons : un beau diptyque, à rébus, le Christ portant sa croix et un frère gris, en buste, i522, qui pourrait bien être de Jean Provost ; — un triptyque : le Calvaire, avec SS. Pierre et Paul, St François d'Assise et Ste Marguerite d'Antioche, vers i53o ; une petite châsse en bois, peinte, vers i5oo, etc. L'Hôpital était desservi par des Frères qui plus tard s'adjoignirent des Sœurs. Celles-ci suivent la règle de St Augustin depuis 1397. Les derniers frères étaient morts en 1634^. L'office de la jauge des vins fut transféré à l'Hôpital St-Jean, avant l'an i3oo-'; l'office du poinçonnage {van den ykerscepe) y fut ajouté en 1470-'; mais la Ville racheta ce droit, en i536'\ — Rue Notre-Dame, suite. — Grillage du cimetière N.-D., par Ch. De Wulf ; démolition des constructions parasites établies contre les façades de l'Hôpital, i856;vue sur l'habitation des Sœurs de l'Hôpital, i53g. côté de la Reie, grav. p. 473. — Le Pont de Notre-Dame, abaissé et élargi, i856, est nommé dans nos comptes, dès 1291. Ici se trouvait la porte de Notre Dame (1290), sur la Reie qui servait de rempart méridional, avant l'agrandissement de l'enceinte. Voir p. 82-84.
I. AE, XXX, Ô9, avec grav. ^ 2. AA Evêcbé, Relatio slaliis 1 5. AA, T-u'cedcn uieuwen Groenenhoxic, fol. ôog.
5oo NOS PLACES ET NOS RUES; MONUMENTS ET
4 La rue Ste- Catherine était appelée buten sinle Marien Brucghe (XI V« siècle) et Cui trycH>ech ; mais elle commence à prendre concurremment, au XVI^ siècle, celui de Catlu'linesti aet. Ce nom vient de l'église dédiée à Ste Catherine d'Alexandrie, qui se trouvait hors la porte. Nous avons ici deux petits hospices : C. 9. le Roomsck couvent, fondé en iSSy ; C. 6, V Hospice Spanooghe (1680).
Rue neuve de Gand. La gravure, p. 273, nous indique, au chiffre 4-3 inscrit sur la toiture de la chapelle, le couvent des SŒURS NOIRES DE BeTHEL, fondé en 1361, démoli en 1708. Les sœurs étaient app.-lées a/-)ne fî/i'^eri' au milieu du XV« siècle, et avant 1480 on trouve la désignation : den ^usterhuuse van den Castanjeboom. Ce nom est resté Leur couvent venait jusque dans la rue qui s'appelait encore vers 1450, Zusterstraetkin br GroeningliL-. mais était devenue la Kastanjeboomstraetkin peu d'années plus tard. — Hospice de Muelenaere, C. io-56 (gravures, pp. 263. 416). fondé en i6i3. par .Jeanne de Muelenaere, douairière de Jacques Reyphins. Cet hospice, avec son préau et ses vingt-quatre habitations, est des plus coquets. Remarquez la jolie porte d'entrée, qui date de l'époque de la fondation. — L'Hospice Reyphins. attenant, C. 58 70, fondé en 1634. par Josse Reyphins, fils de Jacques et de Marie de Damhouder, comprenait sept habitations pour gens mariés. C'est ainsi que la charité ne sépare pas ce que Dieu voulut unir. Echangé avec le Bureau de Bienfaisance, en igo5, cet hospice a été rebâti au Boulevard Conscience. — Un peu plus loin se trouve l'Ecole de Schietere van Caprycke, du nom de son révérend fondateur, bâtie en 1807, local des Ecoles ddiniiiicales libres. L'on y conserve un joli encensoir en cuivre, à tourelle, du XV": siècle. Le nom populaire de cette école, de Area. dégénéré en de Noorea, nous rappelle les traditions anciennes de nos écoliers, qui donnaient aux locaux d'école des noms empruntés à la terminologie latine. Voir plus haut, p. 299. — Le Dépôt de mendicité se trouve plus loin. Voir p. 3o8. — Sur la Mariaschool, voir p. 3o5.
5. Rue delà Vigne, conduit au Béguinage dont elle emprunte le nom, comme la place devant celui-ci. Façade C. 8, 1624, restaurée en i883. A droite. Place de la Digue ou pluiôt Place du F"ossé, située en dehors de la première enceinte de Bruges, /';; vico post vallum '. On éleva le niveau de la place, en 1401, pour éviter l'inondation périodique d'hiver^. Le pont en bois, de i4™26 de long, en 1431, fut reconstruit en pierre, en i65i, et abaissé, en i858. Maison C. 33, vers 1614, enjolivée en 1906. Plantations, 1903.
Place de la Vigne, grav. p. 87. Nous arrivons dans le quartier pittoresque. Une terre qui est dite Wingart, fut donnée à r.\bbaye de l'Eekhout, par Baudouin IX, en échange d'une Xt\rt juxta Eschet, trop éloignée et difficile à exploiter. La charte est du 17 mars 1 197 (v. s.) ''. Tout fait croire qu'il s'agit ici de notre lieu dit Vinea. où il y avait déjà un Béguinage, en 1 244. Faut-il croire qu'il y ait eu là un vignoble < ? — Sur la place on avait, au commencement du XIV« siècle, le Melehuus ou Halle aux farines et, vers la même époque, l'Ecole de la Vigne, tenue par les Béguines. Le Panne-loge servit à !a faïencerie du célèbre Henri Pulincx ^. — Couvent des sœurs de St-Vincent de Paul, établi en i852 et bâti vers la même année. La chapelle date de i858. Le couvent a été agrandi. — Nous jetons un coup d'œil sur le Minnewater. dont nous parlerons, p. 304. Contre le pont du Béguinage, se trouve le Presbytère, C. i5, grav. p. 249, façade du XVin« siècle, entièrement remaniée, en igoS. — Pont du Béguinage, reconstruit en bois (1297. 1339. 1395), en pierre, en 1670 et en 1692. Voir les balustres à sarments de
I. AASlSauv., ;?(fMl'fii. 1294, fol.xi. Cfr.plus liaul, p. 83. ^ 2. 1.llr.4S4. ^ 3. A A Séniin , Fonds Etklic originale. ^ 4. VS, ». ^ S. Voir p. 404.
TRESORS ARTISTIQUES; SITES ET SOUVENIRS. 5oi
vigne. — LE BEGUINAGE, gravures pp. 245. 246. 249. 35o. II y avait des Béguines, en 1244, dans le lieu dit Vinea, sur la Raie, près de l'Hôpital St-Jean ". L'Evêque de Tournai. Walter de Marvis, demande, le 24 juillet 1244, que la Comtesse Marguerite veuille transférer, au lieu dit la Vigne, habité par les Béguines, la Chapellenie de la Chàtellenie de Bruges avec les matériaux de l'édifice, livres, ornements ; il érige l'enclos en paroisse et dit que le cimetière est déjà consacré. Marguerite fait le transfer, en janvier 1245. Par un autre diplôme du mois de mai 1245, Walter de Marvis écarte les droits des curés de St-Sauveur, de N.-D. et de St-Michel, sur la paroisse des Béguines limitée par le fossé, et dit que l'église était consacrée avant cette date. — Celte date est appuyée par bien des parties de la construction de l'église. L'on y trouve des mins en grandes mouffes du XIII« siècle; un triplet aveugle au haut du pignon oriental, qui rappelle le décor que nous trouvons au Beffroi, vei s 1240^. La grande fenêtre orientale trahit la même époque. La petite porte, au bas-côté septentrional, profondément enfoncée en terre, pourrait bien avoir été amenée ici, lors du transfer des décombres de la chapelle des Châtelains. — Nous voyons l'église telle qu'elle était en i562 sur notre gravure, p. 87. Devenue magasin de blés et de paille au temps des Gueux, elle brûla, le 9 janvier 1584. Les dommages furent réparés en i6o5, et dès lois elle fut comme nous la voyons encore. Les travaux partiels de iqoS ne peuvent pas s'appeler une restauration. A quand celle-ci ?— r^è/e^î/.v, etc. Au Maître-autel, Ste Elisabeth devant le crucifix. .Jacques van Oost, le vieux ; St .loseph tenant l'Enfant Jésus, par le même; Visitation, Louis de Deyster ; tableaux de Théodore Boeyermans, 1676; de .lean Maes, i653 ; le tableau de la Confrérie de St Servulus, dit Kweldrijk. ^. — Dalle tumulaire de deux Béguines, commencement du XVI I« siècle ; une autre du XVI» siècle. — Statue de N.-D. de Spermalie, grav. p. 275, XIII siècle -t. Elle fut donnée au Béguinage en i83o par les dernières religieuses de cette abbaye, qui allèrent y terminer leurs jours. Cette statue, mutilée, qui avait été repeinte en 181 5, a été restaurée (1903). Une autre statue delà Vierge (XIV« siècle), N.-D. de bonne volonté, statuette découverte à DuffeL en 1637, vénérée ici depuis l'année suivante. — MUSÉE DU BÉGUINAGE, dans la maison de la Grande Dame, construction du commencement du XVI I« siècle, dont l'intérieur est fort bien conservé. On y trouve des meubles, des tableaux et autres objets intéressants, qui gagnent à se trouver dans le joli milieu qui leur est réservé. Dans la chapelle (XV' siècle) se trouve la jolie lame funéraire de Marguerite van Ruwescure, vers iSgo, dont des contrefaçons sont colportées par les antiquaires. — Nous avons parlé déjà des Ecoliers du Béguinage'. Les Béguines avaient une Infirmerie, dont je constate l'existence dès 1268°. Nous verrons, en passant rue Longue, l'infirmerie des /'Oi're^ beghmes. s'occupant également de malades avant 1279, dite l'Infirmeiie de St Aubert.
6. Rue de l'Arsenal : Nieuweland, 1283 ; Casteelstrate, i337; scelstrate, commencement du XIV' siècle; scelstrate bi den Citrtrycwech, \^i2 ; schelstrate ofte casteehtraetidn, 1579, scellestrate modo Aiseiiael, vers 1540. Le nom de rue de l'Arsenal provient de ce que cette rue conduisait vers l'Arsenal de la Ville qui se trouvait déjà vers i336 ? entre le Minneiyater et le cours d'eau venant du bief du Hongersnoodmolen vers le Béguinage, appelé Raemgracht en i33o — voyez grav. p. 87. Celui de rue du Château dérive de la citadelle que Philippe le bel fit commencer, vers la fin de l'été, en
I. AE, Liv. i53 et suiv». ^ 2. Plus liaut, p. 342. ^ 3. RDH. m. 26, ^ 4. RDH, vi. 24g. ^ 5. Plus haut, p. 2ç6. ^ 6. Cartul. dunen., 607. 643. ^ 7. Plus haut, p. i2g-3o.
5o2 NOS PLACES ET NOS RUES; MONUMENTS ET
i3oi, à l'ouest de l'Ecole Boggarde, entre la rue du Noi\i prolongée, qui s'appelait en i'i3o xtrate bachten Begaerden, et le cours deau dcjnt je viens de parler '. M. W'eale s'est trompé ^ en désignant la blanchissciie, à l'ouesi uu Mumetrater, contre le rempaii, comme emplacement de ce château. Cette citadelle ne tut jamais achevée, à cjuse des événements qui suivirent les Matnies brugeoises (i8 mai i3o2) ■'.
7. Rue Ste Catherine, suite : entre la Place de l'Ancre et la Porte. — Les Frères de Charité, C. 63. Primitivement connu sous le nom de Betlilehem, ce couvent servait au.'s Alexiens ou Frères Gelliies, Cellebroeders, de l'ordre de St Augustin, installés ici en 1470 ■<. Les locaux appartenaient à la Ville. Ils soignaient les malades à domicile, allaient ensevelir les morts, surtout en temps d'épidémie, portaient les défunts aux funérailles, et faisaient l'ottice de fossoyeur '". Les Frères furent expulsés par les Gueux, en i582; on installa alors dans leur local, l'inspecteur des pestiférés, nommé le Roode meester ^. Les biens des Frères furent donnés aux prédicateurs réformés logés à l'école Boggarde. Les Alexiens revinrent cependant en 084. Ils échappèrent aux décrets de Joseph 11. Expulsés par la révolution française, ils ne furent plus rétablis. Quelques frères se retirèrent rue Chœur de St- Gilles, dans la maison du coin nord-ouest de cette rue, qui fut expropriée et démolie en 1884. L'ancien local servit alors de prison militaire jusqu'à ce que la Ville le cédât aux Hospices civils en 1841. Ceux-ci y installèrent l hospice des vieillards, soignés par les Frères de Charité, de Gand. — Les RÉDEMPTORISTINES fondées à Bruges, au mois d'aoiit 1841. Etablies d'abord rue Puits aux oies, elles vinrent ici en 1845, année où leur église fut bâtie en mauvais gothique du temps. On ferait évidemment mieux aujourd'hui. Les Capucines ou Pénitentes de Bourbourg ont résidé ici de 169g à 1784 et de 1791 à 1796. — Du côté occidental de la rue, au nord de l'Ecole Boggarde, se trouvait, au XVl<^ siècle, une maison des Templiers, allant jusqu'à l'impasse rue du Nord, prolongé '. — Ecole Boggarde*. — 11 y avait à Bruges des frères Beggaerds dès 12521. On les appelait Begliini ou Begardt, i252 ; Begghards, 1268. Les formes Boghaerds et Boghaerden, même Boomgaei deii, commencent à se produire à partir de iSgS. Ils se livraient au tissage et appartenaient au Tiers Ordre de St François. Ils étaient établis déjà dans la rue Ste-Catherine, en 1269. Ils tenaient des orphelins (1291) auxquels ils apprenaient le lissage. L'établissement était amorti ; il avait son sceau (grav. p. 3oi) et sa chapelle. On y trouvait un Uppermeester ou Boursier, Ministre, Régent ; des sous-maîtres, et deux tuteurs ou ifettelijclce voochden, ceux-ci, dès i3o8, placés sous la surveillance des Echevins. — Une seconde période s'ouvre en i5i3, où l'établissement est devenu Orphelinat de la Ville. Il fut, dès 1543, dirigé par un Régent-piêtre, sous le contrôle de deux tuteurs et gouverneurs. Il avait alors des élèves externes aussi bien que des internes. Le dernier Régent, le rév. M. Jean Baudouin de Bay, fut déporté à la Guyane Française, au mois de mars 1798. L'école Boggarde, dirigée, depuis la révolution française, par un Régent-prètre sous la gestion de la Commission des Hospices, envoyait un grand nombre de ses pensionnaires dans les ateliers de la ville, et procurait ainsi à ces jeunes orphelins l'occasion d'apprendre un métier. L'application de certaines lois fut fatale au sort de l'établissement, qui fut supprimé en novembre i883. L'école Boggarde a produit des sujets très-distingués. Nom-
I. .J««,0\l«,A«., tuit. Fiin.:k-Uremano, p. I7;VSE, ,0, ^ a. l'. I. 07. ^ J Voir mon livre Orne HeUiii van t302 aéiiit., 1902, J5a-359. ^ 4. Voir carte Marc Gheeraeils, n- 3? et plus liant, p 222. ^ 5. Voir aussi plus haut. p. 222. 235; et AA £véclié,/er/u«oifM.S/«/Kt, 1607. 1634. 1654. 1719. 1778. ^ 6. Ci-dessus p. 122. ^ 7- Cir. Bull. corn. loy. ihisl. 4- sér, 11. ^ 8. Voir EB, et plus haut, p. 304.
TRÉSOFS ARTISTIQUES;- SITES ET SOUVENIRS. 5o3
mons ici : Pierre Simoens, évêque d'Ypres ; Jacques Blase, Blafaeiis, évêque de Namur, puis évêque de St-Omer, dont la réputation d'orateur était fort grande. 11 fut chargé de pionoiicer l'oraison funèbre de Philippe 11, aux obsèques solennelles de ce prince, célébrées en l'église de Sie Gudule, à Biuxelles, le 3i décembre iSgS. Dans son testament, il fit un legs de 800 tlorins à l'Ecole Boggarde, et donna sa riche « librairie » à la cathédiiile de St-Omer, pour en fane une bibliothèque publique. L'Ecole Boggarde peut se vanter d'avoir produit un grand nombre de docteurs en théologie, de chanoines, de nolaires civils, de médecins distingués comme Arnould Cabooter et Anselme Coppet ; des artistes tels que Joseph de Meulemeester, Odevaere, etc., etc. — Certains bâtiments datent du premier quart du XV1« siècle, noiamment la cheminée, grav. p. 392, qui est contemporaine de celle de la Poterie. D'autres sont du X'Vl !<; siècle. Le pignon de l'église porte le millésime 1676; mais la porte de celle-ci est de 1549. D'autres bâtiments, notamment la nouvelle porte et le grillage sont de Ch. De 'V\'ulf (1897-98). Dans la cour se trouve la statue en marbre blanc de Jean van Eyck, par Jean- Robert Calloigne, 1820. — L'académie royale de peinture ' réunie à l'Ecole industrielle, qui fut inaugurée le I' février 1864, furent transférées à l'ancienne Ecole Boggarde. L'ouverture première des cours s'y fit le 3 novembre 1891. — Dans l'église est aménagé le Musée Communal de tableaux anciens, voir p. 484. — Pauvres Claires Colettines. — Les Sires de Gruuthuse possédaient une terre très étendue depuis le lieu dit Paerkiughe et sur le territoire actuel de la Ville, qui fut coupé par les remparts de 1 297, et sur lequel se trouvait le Giuuthof. Après avoir obtenu l'autorisation du Pape, 1464, Louis de Gruuthuse et Marguerite van Botsele, sa femme, fondèrent en 1469, en cette ancienne résidence familiale, le couvent du Mont Sinai ^ dans lequel ils établirent les Clarisses de la réforme de Ste Colette. Toute la construction étant achevée, la dédicace de l'église, avec quatre autels, se fit le 3i août 1477, en piésencede Maximilien, de Marie de Bourgogne, sa femme, et de Marguerite d'York ^ Les religieuses furent chassées, en 1783. Plus tard elles se rétablirent, rue d'Argent, dans l'établissement actuel des Sœurs Joséphines, et récupérèrent leur ancien local en 1841. — Au coin de la rue Ste-Catherine, aux n°s 137 et 139, se trouvait la chapelle de St Jacques et St Séverin, des drapiers, avec leurs maisons- Dieu {1430). démolie en 1753. Elle abrita quelque temps les paroissiens de Ste-Calherine *. — Pue du Panier, dne Mandevispaeuslraelkin, 1371 et jusqu'au XVI I« siècle. Vischspaen et schuimsspaen, d'api es Kiliaen, désignent le même ustensile. Serait-ce la rue cie l'écumoire en jonc tressé? Ou bien la rue où habitait un Vispaen, du prénom de Manne, Mando ?
8. La Porte Ste Catherine, sur la grande enceinte de la ville =, construite en 1297-99, et appelée d'abord Porta Ste Marie, parce qu'elle remplaçait celle du Pont N.-D. Mais le nom de Porte Sie Catherine se trouve dès l'an i3oo. Par cette porte on allait à l'église de Ste Catherine ^. qu'on voit sur la carte de Marc Gheeraerts. La paroisse de Ste Catherine vient d'être rétablie, par décret de l'Evêque de Bruges, en date du 24 mars 1910. — La porte de Ste Catherine ne fut pas démolie, en 1828. On y fit divers ouvrages, au XIV« siècle ; mais la porte, telle que la dessina Marc Gheeraerts, grav., p. 87, fut construite par Jean van Oudenaerde et Martin van Luevene, en 1401-2. L'ouvrage avancé à l'extérieur fut démoli en 1763 ; mais un portique fut construit, à sa place, dès l'année suivante 7. La porte elle-même fut abattue, en 1782. Ce qui restait disparut en 1862.
,p.379. *2. il, IV, 73.026. ^ 3. M. IV. 444. ^ 4. Voir p. «79. * 5. Voir p. «5-S8. ^ 6. Voir p. 278-79 le. ^ 7. Bibl. de la Ville, portefeuille ^i2-^' pi. :o. et 20 (1780).
5o4 NOS PLACES ET NOS RUES; MONUMENTS ET
Les ouvrages de fortification qu'on voit sur la giavme Je la p. 87, datent de 1 383-85 : mais furent complétés en 1402-3, en grande partie p.ir Jean van Oudenaerde. — Le rempart entre la porte Ste Catherine et celle de Gand fut aménagé en jardin, en i833 55. — C'est à la porte Ste-Catherme que Louis XV arriva, par la tiarge. en 1743 '. — La double allée d'arbres, vers Steenbrugge, a été plantée en 1793. Quelques arbres ont dû être sacrifiés pour la sécurité des passants, en 1882 ; malheureusement les habitations qu on a laissé bâtir trop prés des accotements en feront disparaître encore. — .\. quinze minutes, le cimetière ^ ; et tout prés delà le Stand de tir de la Garde civique, inauguré en 1895. — Un peu plus loin, prés de la stationduchemiiideferdeSteenbrugge.se trouvait, avant le XI V« siècle, la paroisse de St Ti udo, appelée en 1579 de piochie van Noteghem glie^eyt sint Triiden, où le Couvent de St Trudo avait des biens. Noteghem est une corruption de Odeghem, premier siège, dit-on, de l'Abbaye d'Eekhout. La cellula sti Ti itdonis près d'Oostcamp, était connue en 1 127 '\
9. Rempart Ste Catherine. — Belle promenade ombragée. Ne remarquez pas trop certaines balustrades en fer, faites au rebours du bon sens. Mur de quai de fortification, 1622. — Nous voici au moulin Hydraulique, dit Casteelmtielne ( 14801, en souvenir du château-fort *, appelé plus tard Watermuelne (1579) appartenant à la Ville, et Hongersnoodmolen plus tard encore. Il existait peut-être, à la fin du XI ll^^ siècle ; mais il y a trop de vague dans les textes, pour oser les identifier. Il est de fait que la Ville avait plus d'un moulin hydraulique, à la fin du XI 11^ siècle ■". Une reconstruction, en 1481, est certaine. De cette année date le bâtiment ^ qui fut restauré en 1882, et surélevé en 1900, d'après les plans de M . De Breuck. Au XVI 1 1« siècle, le corps du milieu seul constituait le moulin ; la partie à l'ouest avait été la teintuierie en bleu, de la Ville ; à l'est se trouvait une teinturerie en couleurs variées. L'on aurait toit de placer au sud de la ville, ici ou au Speitje, p. 5o6, le Fossé du vieux Moulin, comme l'a fait l'auteur de la carte qui accompagne l'édition de Galbert, de M. Pirenne.
LE MINNEWATER (gravures, pp. 40. 38. 87 et sur la couverture du livre) existait avant l'établissement de la grande enceinte de la Ville, à la fin du XIII<= siècle t. La Reie s'était étalée en lac, dans une assez forte dépression du terrain, qui nécessita, en 1424, l'exhaussement du jardin de l'Arsenal de la ville '. On a agrandi ce lac de deux mesures, en i33i, quand on reprit le creusement de la Zuudleie°. L'entretien annuel, par la drague, figure aux comptes du XVI« siècle '°. II fut recreusé et garni d'un quai, en 1738. — Le nom est bien Minnewater, depuis i3ii. Avant cette époque, le lac semble n'avoir pas eu de nom. A la fin du X1V<= siècle, ce nom est tantôt du neutre, tantôt du masculin. Quelques textes du XVIII^ siècle jusque vers l'an 1800 écrivent Bhineifater. D'où vient le nom " ? Yit j'ineene water^ Sur quel texte se base-t-on ? Il est vrai, à Gand It ghemeene meersch est devenu, dit-on. le Af/HMe»ief;-sc/j '^ On veut dériver le nom de mennen, conduire : ce serait le bassin qui mène les eaux de la Reie dans la ville '^. Ou bien faut-il y localiser une ondine (Mitme), comme le veut M. CIaerhout'<? Je préférerais toujours, avec Guido Gezeile, Midneivater d'on Minnewater (comme luinnacht, de midnacht, ainsi qu'on écrivait encore à Bruges, en 1342). Mais pourquoi ne trouvons-nous pas une seule fois la forme midnewatert. — II y avait
I. Voir plus liHul, p. 4Jg. ^ z. Voir p. aSi. ^ 3. GP, -î?. 167. où les noie» ne sonl pas tout-à-f..it exactes. ^ . Plus luiut p. 501-2. «IP 5. Comptes <ie 1294, 1297, 1299. ^ 6. Vue en 1889, Aiiiis/.iv 92. <j(! 7. Textes : IJ, 342. 344. 35o. ^ S. I, v. 3i3. ^ 9 I, 1. 426. ^ 10. AA, c. 1.152-53, fol. 67. ^ 11.11 V avait une Mlmirii ngg/ie (avant i35i) sur le «i>«w Ghedelf, à Damme. ^ 12. M. Hbins, Pililt hisl. lie la villt de Gand, 22. ^ i3. VS, 127. ^ 14. fiiekoif. 1892. 228. Cfr. Kiimt, 1. 56. un article signé E. 3.
TRESORS ARTISTIQUES; SITES ET SOUVENIRS. 5o5
ici jadis deux ponts. L'un, extérieur, qui reliait les deux ciiigels, construit en i3oo ' ; lauire reluint le boulevard ultérieur, inderste miiinebriighe (1423)^, qui existait en i3ii, qui fut plusieurs fois reconstruit en bois (i383. 1423. 1641. 1669) jusqu'à ce qu'on le fit en pierre, en 173940, comme le disent les millésimes marqués sur les halustres, aux extrémités.
La vue de la ville, prise du pont, est magnifique et elle n'a fait que gagner par la construction de l'Hospice des femmes incurables par feu L. Delacenserie, de la jolie maison élevée sur le bord de l'eau par Ch. De Wulf, iSqS, et par la restauration de la maison de l'éclusier, XVle siècle. Aussi cette vue aitire-t-elle tous les ans bon nombre de peintres, d'aquarellistes et de photographes. La vue sur le canal de Gand et sur la campagne n'est guère moins pittoresque. Elle fut un peu gâtée par l'Elévateur construit en 1904, qui va disparaître. On a eu tort de parler d'esthétique compromise quand on aménagea la cale sèche près de l'éclusette ou barrage de l'Impératrice et qu'on fit le ponceau vers la Ketxbrugge, en 1906 7.
Deux tours, dont une seule est encore debout, flanquaient l'entrée du Mimieivater. Celle de l'est, démolie, fut construite par Jean van Oudenaeide et Martin van Luevene, en 1401. Elle était bâtie en demi-lune. Celle de l'ouest, qui est ronde, est du premier de ces architectes (1398). Cette tour servait déjà d'atelier pour la fabrication de la poudre au XV< siècle -'. Elle sert encore de magasin de poudre. La tour orientale fut rasée lors de la construction des fortifications nouvelles, vers 1621 ■», quand on fit un « groot esporon », dont l'adjudication eut lieu le 17 octobre 1621. On établit dans les caves de la tour un moulin à foulon, en i665^; elles furent aménagées en Glacière avant 1785. La Ville continue à mettre celle-ci en location, tous les ans. Les fortifications du rempart (grav. p. 87) depuis la tour jusqu'à la porte de la Bouverie étaient l'œuvre de Jean van Oudenaerde (1400) ; ainsi que celles entre le Miniiewater et la Porte Ste-Catherine (1401-2). — Le Mmneii^ater (ut \e Bassin de commerce en amont de la ville, même après le creusement du Bassin en aval, en i665. La « Barge » de Gand y eut son accostage jusqu'en 1782, grav. p. 40 ; alors elle vint s'amarrer à un quai aménagé à cette fin, à l'ouest de la Porte de Ste Catherine. — Les grands personnages débarquaient au Minnewater. Le Tzar Pierre le Grand, qui avait déjà passé par Bruges, le 2 juillet 1687, y repassa, en 1717 ; mais il traversa la ville en bateau, et ne voulut pas débarquer, malgré que le Magistrat fût venu à sa rencontre pour le complimenter. — Lk Minnewater est fermé, au nord, par une écluse qu'on dit avoir été établie en 1243. C'est Vingenitim .XNTK Bcghiuas, du compte de 1281-82, année où on y fit de grosses réparations. Nous constatons qu'au XIV'' siècle, il y avait sept vannes (^^eveii dueren) ; en 019 l'écluse fut reconstruite °, cette fois-ci à trois vannes, d'où son nom de de drie deiiren (grav. p. 40). C'est de cette date, sans doute, qu'est la maison éclusière, qui se trouve au-dessus de l'ouvrage hydraulique. Le pont pour piétons datait de 1670 ; mais fut reconstruit, ainsique les écluses, 1622-23, et un nouveau ^oni {voetbrugghe) iwx. construit en i63o. Le bâtiment fut restauré en 1895-97 et l'on établit alors un pont carrossable. L'on a vu, lors de la restauration, que le radier avait été fait en 1462-63 avec des dalles tumulaires qui, d'après le compte de cette année, provenaient de St-Sauveur et de N.-D. ?.
10. Boulevard du Béguinage. — Le Boulevard a été planté en 1881-82, et aménagé
I. IJ, 422, ^ 2. I, V. 3,3. ^ 3. .\A, c. M76-7r, fol. I23 v et i35. Voir plus haut, p i38. ^ 4, V.jir plu ' reg. de la iortilication, 1614-31, fol 19 v, ^ 5. CE, ïii, 4Q4. ^ 6. AA, c. 1519, fol. 112, ^ ;. Plus liaut, p. 23
5o6 NOS PLACES ET NOS RUES: MONUMENTS ET
complètement, en 1890. Remarquez le buste de Henri Pickery, noue statuaire très apprécié, (né en 1827, décédé en 1894), sculpié par son tils, inauguré en 1901. — Sur le cingel, derrière la tour du Miiincwate? , la retenue des eaux, faite en i 332-8-), quand le rampait intérieur jusqu'à la poite de Coolkerke remplaça le Vivier de St Bavon. pour la réserve de l'eau potable : constiuction actuelle, en pierre, veis 1628. — HOSPICE DES FEMMES INCURABLES desservi par les Sœurs de Charité, de l'institution du chanoine Triest, qui arrivèrent en notre ville en 1820, pour soigner les femmes incurables. Provisoirement établies dans l'ancien hôtel Laiichals, ]'ieux Burg, elles occupèrent l'ancien Couvent des Chartreuses, dans la rue latérale du Vieux Bourg, en la même année. En 1881 l'administration des Hospices, dont elles dépendent, a fait dresser par feu L. Delacenserie les plans d'un vaste asile, construit au bout du Marais, le long des remparts, dans les blanchisseries remblayées (187779) faisant paiiie autrefois du Béguinage '. Les plans subirent l'épreuve des Bureaux ; on ne put commencer qu'en 1886. La chapelle et le couvent fuient béniis par l'Evêque de Bruges, le 18 octobre 1892. — Les sœurs conservent un beau tableau sur toile, (in XVI^ siècle, représentant St Bruno, ayant à sa droite St Anthelme de Belley, St Hugues de Grenoble, la B^^ Béatrice d'Oinacieux ; à sa gauche: St Etienne de Die, St Hugues de Lincoln et la B*^ Marguerite d'Oingt. — SpeitjE. — Le rempart de 1297 fut joint au premier rempart, depuis le prolongement veis l'ouest de ce qui forme maintenant le Nieiiwe Meei sch (voir carte sommaire) ^, nous ne savons quand. Mais il l'était quand on construisit le Watermiielne van den II jw^acrrfe, dont la location est mentionnée au compte de i3o5, qui était actionné, comme il pourrait l'être encore aujourd'hui, par l'écoulement de l'eau du rempart vers l'ancien Capucijiiereitje. En i334 on travaillait an nieuwen spej' lihCWTE^ wyngaerde, qui est l'éclusetle de la Coepooite ou Coegat à l'ancienne sortie du Béguinage veis le Marais, supprimée quand on fit la rue de l'Hospice (vers 1890). Nous voyons celte éclusette sur la carte de Marc Gheeraeris à la hauteur de la rue de l'Ilot. Elle fut reconstruite en 1433-34. Au sud du Moulin à eau, se trouvait Vutersle speye te Coepooi le du compte de 1439-40, dont la reconstruction s'était faite en 1397, en même temps qu'on rétablit la trouée faite dans la ligne de défense. — Le moulin à eau, servant à faire de l'huile, est iifité. en 1379, comme appartenant à Everard Trystram. Sur le moulin on voit encore un cartouche, avec les initiales ET p.t le millésime i638, représentant le blason des Tristram..Ce même blason se trouve dans une façade au Quai Spinola, A. 22. Remarquez la balustrade en fer forgé (XVI I^ siècle). — Nouvelle gare. En 1904 on a commencé entre le Canal de Gand, le Rempart et la chaussée de St-Michel, les terrassements et autres travaux préparatoires pour la Gare du chemin de fer, dont les bâtiments seront construits sur les plans de M. .1. Coomans, architecteingénieur de la Ville d'Ypres. Voir le carton B, vis-à-vis de la dute des e?ivirons de Bruges.
II. Porte de la Bouverie. — Grav. p. 421. Toute la partie du fossé de la ville, depuis cette porte dans la direction du Bassin, n'est que le développement de la dérivation de la Bolei be/ce, qui existait avant 1297, comme on peut s'en convaincre en lisant les textes du compte de cette année. — Le terrain pour la porte de la Bouverie fut préparé en 1299, et la porte couverte en tuiles, en i3i2. Réparée après le démantellement de la ville, 1 337-38-'; reconstruite, par Jean Slabbaert, d'après un plan uniforme, avec la porte des Maréchaux et des Baudets, 1366-674; restaurée, i382-3,
I. Voir ci-des6us.p. 2;S. ^ 2. Plus haut, p 82-SJ. ^ 3. Voir p. 12g, ^ 4, AA, c. i36ô-7. loi. 3; v. 3o, Sqv. 6* V.
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I 399 et 1402 ; remaniée 1541-45. On l'appelle /70/7i7 in lioveria (129g) porta de Boeterbeke (i3o2), Boeterpuui te (i3o6), mais le premier nom prévaut, dès le XIV= siècle. — Voir ce que nous disons de la Beuterbeke, plus haut. p. 12-1 3, 214, 23o. — Celte porte fut témoin d'un épisode très dramatique de l'histoire de Bruges. Le 22 mai 1437, vers trois heures, Philippe le bon se rendant en Hollande, où l'appelait la succession de Jacqueline de Bavière, arrivait à St-Michel avec son armée. Celle-ci le dépasse, se présente à la porte de la Bouverie et entre en ville. Depuis deux ans les Biugeois étaient toit mécontents du Duc ; aussitôt le tocsin sonne, les bourgeois courent aux armes, les barrières de la porte sont fermées, afin que les hommes d'armes restés au dehors de la ville ne puissent pas porter secours aux 1400 Picards qui s'y sont déjà introduits. On amène les veuglaires et les ribaudequins sur les ponts du Sablon. Les Picards veulent reculer vers la porte ; mais les bourgeois s'avancent, renversant les archers et brisant leurs piques sur les corselets d'acier des chevaliers. Le duc voit le sire de l'Ile-Adam, l'un de ses plus valeureux défenseurs, tomber à ses côtés. 11 se trouvait serré entre les bourgeois furieux, les larges fossés et la porte close, quand le bourgmestre Louis van de Walle s'élance au milieu de la mêlée en s'ecriant : « Advisez ce que vous allez faire, c'est notre Seigneur ! n Rien n'y fait. Alors, voulant sauver le Duc à tout prix, le bourgmestre couit chercher un ouvrier, dont le marteau brise enfin les verrous de la porte. Philrppe se retira à Rouleis. Le 4 mars 1438, Philippe accorda leur pardon aux Brugeois ', mais stipula parmi les conditions, qu On fermerait à tout jamais cette porte où il avait failli périr ^ Elle sera changée en chapelle, l'on y établira la demeure d'un chapelain, et l'on y célébrera tous les jours la messe, entre Set 10 heures, pour ceux qui étaient moris à cette journée du 22 mai. Une grande croix en pierre sera érigée à côté de la porte, du côté de l'eau... En 1452, la porte fut ouverte par octroi du Duc ■', et, par lettres patentes de 1455, la messe perpétuelle expiatoire du sire de 11 le- Adam, qu'on disait à St- Julien, depuis un temps, fut transférée à la chapelle de la corporation des peintres, qu'on venait de construire dans le voisinage de la Cour du Prince *. Cette messe expiatoire a éié dite jusqu'au 19 septembre 1797, quand les Français ont fermé la chapelle, déclarée bien national. Lasuitede l'histoire de la porte de la Bouverie est assez obscure. En 1775 la partie inférieure des grosses tours existait encore ; la promenade passait au-dessus de la partie intérieure, dont il ne restait que le rez-de-chaussée ^ En 1807 ""^ nouvelle porte fut iaite, après démolition des tours anciennes. On y plaça alors l'inscripiion suivante, qui consacre une erreur historique: Porta bono quœ claitsa fuit régnante Philippo = jam paiet hœc, magni siib regno Napoleonis. Au départ des Français, en 1 8 14, cette inscription fut effacée; mais on la repeignit, en 1817, en modifiant, comme suit, le second vers: rursus aperta fuit Croeser prœtore régente. M. DCCC. XVII. La réouverture de cette porte ne date cependant pas plus de l'administration du maire de Croeser que du règne de Napoléon. Les pièces authentiques, comme nous venons de le voir, démentent cette assertion. La nouvelle porte de 1807 fut démolie, en i863. — Rue de la Bouverie. Le nom n'a pas varié, mais indique un « lieu dit ». On trouve : a Bouveria iisque.... (1297), m de Boferie {i3o2), Beuverie (i3o5). Ce lieu-dit, assez étendu, fut coupé sans doute par l'enceinte de 1297. Ce n'est guère que vers le milieu du XV« siècle qu'on commence à accoler quelquefois le mot Strate à ce nom. Remarquons que ce nom, de même que Roia, n'appartient pas au fonds germanique *. Sur le terrain étendu
I. I, V. IÔ6. ^ 2./iiJ., 145-6. ^ i. /i:J., iôo. 362-3.564. * 4 AE, XLVl. ug. ^ 3. La Btav de GRP, 85, est fantaisiste. Voir Porlef. 46i! -4', Bibl. de la Ville, i3-i6. ^ 6. RDH, xm. 8:.
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de la Bouverie, on avait établi, en 1285, des esselelles {rameii), prope iu^enium. c'est-à-dire dans le voisinage du château d'eau '. Elles ne figurent plus sur la carte de Marc Gheeraerts (i562). Les Bouchers possédaictit une maison, dans la rue de la Bouverie, à l'ouest du Refuge de St-André. — Hospice Sl-Julieii. — Un hospice de Pèlerins existait ici, dès 1276, dit la tradition, construit en l'honneur de Dieu, de sa Mère et de tous les Saints, surtout de Ste Marie d'Egypte. Il était desservi par les Filles- Dieu d'Arras, qui construisirent un nouvel hospice en r2qo. Ces leligieuses étaient subsidiées par la Ville. En i3o5, ces Sœurs furent fusionnées avec la gilde des Frères de St Julien, et prirent ce dernier nom '. L'Hospice de N.-D. des aveugles paraît avoir dépendu de St- Julien ^. — Une maison pour aliénés, dite Dulliuii.s, et pour enfants trcuvés, appartenant à la Ville, fut ouverte, en 1402, et desservie par des Tertiaires, depuis 1414. Cet établissement se trouvait à lest de St-Julien, et l'on y tenait des aliénés au commencement du XVI^ siècle. — L'église de St Julien fut bénite en i333 et le chœur de l'église consacré en 1384^. Cette église se trouve sui- la carte de Marc Gheeraerts, grav. p. 421. La porte actuelle de l'église, grav. p. i32. pourrait bien provenir de l'hospice construit en 1419-20 5. L'église actuelle fut construite en style gothique anglais (W. C. Brangwyn, 1870). — La façade en style biugeois, attenante à l'église, est de Charles Verschelde. 1875. — Tableaux. Dans le réfectoire, panneau en trois compartiments, représentant la légende de St Nicolas de Myre, veis i5oo. Deu.x volets de triptyque, ornés de portraits de Sœurs, genre Pierre Pourbus. Deu.\ volets représentant la Ste Vierge et St Nicolas, i583, genre Pierre Claeissins. — Nous avons parlé de St-Julien comme Hospice d'aliénés *. L'Hospice avait déjà construit de grandes dépendances, hors de la porte, sur St-Michel, en 1864. On a posé, le 9 septembre 1906, la première pierre du nouvel Hospice, sur la même paroisse, construit sur les plans de M. J. Coomans. et qui sera inauguré en 1910. — Hospice St- Hubert, fondé par Gérard et Herman van Volden, en 1614, sur l'emplacement qu'occupait, vers 1400, Vheester ou jardin de Georges de Munter?, où les autorités déjeunaient, le jour de la Piocession du StSang ^. — Vis-à-vis de l'Hospice St-Julien, comme un peu partout dans cette rue, nous voyons des maisons- Dieu d'un genre éminemment flamand, où chaque ménage à son habitation distincte, proprette et bien aérée. Remarquez les blasons des fondateurs, à côté des portes des Hospices de Moor. Ceux-ci furent fondés en 1480, comme on le voit sous le blason, à côté d'une des portes, D. 66. Les quatre premières maisonnettes, à commencer de l'e.vtrémité de la ville, portent un blason que nous croyons être celui de l'Hospice St-Julier,; les trois maisons qui suivent, celui des charpentiers; trois, celui des menuisiers, et trois, celui des tonneliers. Voir la grav. p. 471. — Dix habitations (fondation Ondermarck, 1710 ; et Roussel. 1720) ont été bâties rue van Volden et Boulevard Conscience (1903); la nouvelle rangée, à ce Boulevard (igoS), représente les anciennes fondations Reyphens, 1634. — ABBAYK DE Ste GODELIÈVE. Les religieuses bénédictines de Ghistelles, chassées de leur monastère par les Gueu.\, se retirèrent d'abord à Furnes. Elles viennent à Bruges, en i 586, dans la maison des Dunes (Spermalie, rue Snaggaerts), achètent, avant 1608, le couvent des Tertiaires dites de Magei"{oo (dont nous parlerons plus loin), et le 5 mai 1623, l'emplacement de leur couvent actuel '*. Elles appartiennent à la réforme de Bursfeld. Chassées de leur couvent, le 25 novembre 1796, elles le réintégrèrent en 1801. La construction actuelle
i.Plusliaut, p. 3o; IJ. 094. ^ 2. I, i. 200. Voir Rèslement de 1401,1,111.4:18. ^ .'. Voir Au. Di'CLOs, Onzi lirte Vroii-we van Blindekeus te t^rtig^e, 1905, 20. ^ 4. Bbrlièrb, Bvèg. aiixit. de Cambial et de Toiiritai^ 123. ^ 5. I, iv. 420. ^ . Plus haut, p. 304. ^ 7. Voir sa lame funéraire, p." 464. ^ 8. I. iv. 326. 468. j^ 9. VoirM.lv. 331.332; AE, iLIil. 154.
TRÉSORS ARTISTIQUES; SITES ET SOUVENIRS. 5og
est de 1627-29. et fut agrandie et ornée, en 1742. Remarquez la jolie porte en briques rouges, fiarbrées dans la pâte. L'établissement d'une plinthe en ciment 11908)3 fait tort aux proportions de la construction. — Objets d'ail. Châsse sculptée de Ste Godelieve, dorée et argentée, grav. p. 401, XVI« siècle ' ; un reliquaire de St Maclou, XV": siècle ; un ostensoir-tourelle, commencement du XVIIe siècle; quelques cadres et triptyques renfermant des reliques, ornées de fleurs brochées en soie sur parchemin, XVII'^ siècle ; etc. — Tableau.x : Le Christ en Croix, L. de Deyster ; Couronnement de la Ste Vierge. Herregouts. — COUVENT DES CAPUCINS, établi ici depuis 1871. Voir ci-dessus, p. 460 et plus loin, rue Ste-Claire. L'église fut consacrée en l'honneur de St Antoine de Padoue, le 25 mai 1871. Une partie des constructions, rue des Vierges, a un certain cachet (1878). Ecole séràphique, voir p. 295. — COUVENT DES CAPUCINES. — Les Pénitentes de Bourbourg vinrent se tixer près de l'église de Jérusalem, en 1644 ; mais elles rentrèrent bientôt à la maison-mère. Elles revinrent à Bruges, en i652. et s'établirent prés de Ste-Anne, pour quitter bientôt cet endroit. Elles revinrent définitivement en 1699, et se fixèrent vis-à-vis de l'Ecole Boggarde. Leur couvent fut rebâti en i7oi.etleur chapelle en 1716-17. Chassées par Joseph II, elles se reconstituèrent en 1790. Mais le 26 novembre 1796, elles furent expulsées de force. Elles ne se séparèrent point, mais habitèrent rue d'.Argent, déménagèrent en 1800 à la rue Hoedemaeker, pour venir. en 1806, prendre leur résidence dans l'ancien refuge de l'abbaye de St-André. oi^i elles habitent encore. Les Capucines ont l'honneur d'avoir introduit à Bruges la première confrérie du Sacré Cœur de Jésus, en 1707, trente-deux ans seulement après la première vision de la B'^ Marguerite- Marie =. L'autel de leur chapelle de la rue Ste Catherine, qu'elles ont transféré rue de la Bouverie, date de l'érection de cette confrérie et porte les emblèmes du Sacré Cœur, — Le Refuge de la célèbre Abbaye de St- André, qui se trouvait rue Traversière, en i3o2', fut rebâti ici. au cours du XVc siècle; puis il fut remanié et agrandi, en i55q. par l'abbé Gilbert le Bleu. La partie qui reste de l'ancienne façade porte, dans ses ancres, le millésime 1371, et le blason de cet abbé est sculpté sur des retombées d'arcatures qui ornent encore la taçade. — La rue Gloribiis, impasse depuis l'établissement de ia Gare, où Pierre van Peene et son épouse Isabeau Gloribus fondèrent des maisons d'hospice, en 1634, s'appelait avant cela Muysevalleiistraetkin. On la désigna aussi sous celui de Raemstraetkeu. parce qu'elle menait aux Esselettes du Wijngaerd. — Rue de la Hache. L'emplacement du couvent des Capucins portait, parmi le peuple, le nom de Galgenhof ■>. Nous avons mentionné le supplice de Benkin. apud Harenas. en \\2-j^. La rue où nous sommes, conserve le souvenir des fourches patibulaires. Son nom ancien est Hancwarstrate (1291), hangwarghstrate 11209», '^^^^ formes qui se mêlent, avec leurs variantes orthographiques jusque vers le milieu du XV^ siècle, où nous trouvons Hauivaeitslrate et Hauweistrate, lequel dernier nom prend bientôt le dessus. Ces mêmes variantes se présentent à Nieuport. Oudenburg et Ypres, et s'y trouvent aussi en rapport avec les fourches patibulaires. — L'Abattoir'' a été construit sur des terrains acquis en 1842, et ouvert en novembre 1846. Le quartier de la Bouverie a été remanié (1876-79', pour assainissement. Il était urgent de supprimer les luelles de l'Evêque et du Miroir, et de donner de l'air aux autres rues. La maquette du Boulevard tel qu'il était avant les travaux, se trouve au Musée archéologique. Le Boulevard nouveau fut aménagé en
I. Cfr. AE, tvm. 198. ^ 2. RDH, n. 212-14 ; i^- 283 ; KtjiBHV, Btkeude PasI. St Gillis, 320. ^ 3. IJ, 382 ^ 4- VSE, 49. ^ 5. GP. 122. Voir plus l.aut, p. 119. ^ 6. Voir plus li:iut, p. 219.
5io NOS PLACES ET NOS RUES; MONUMENTS ET
1879-80. Il fut baptisé du nom de Boulevard Henri Conscience en i883. — Nous avons parlé du Château d'eau, grav. p. 421. auquel conduisait la rue de la Fontaine". Le nom de Schonlstraat, que je n'ai pas trouvé avant 1424. vient sans doute d'un établissement tenant un jeu de qgilles. dit Keghehchole. qui n'existait déjà plus, en 1483. Au bout de la rue de la Cloche, au Rempart, se trouvait encore, en i865, un grand bâtiment, la fonderie de cloches de De Vuyst. Est-ce là peut être que Marc Le Serre avait sa fonderie? Celui ci possédait, en iSyg. une maison au Pré Saint Martin, appelé au XV« siècle, tantôt de ce nom. tantôt de celui de Sheer Maei tins beilct, tantôt de beilc bi de Smeepnni te. Le peuple appelait Mettlenpit l'issue de cette rue au rempart ; mais ce nom se perd depuis l'aménagement du Boulevard.
12. Pot te des Mai échaiix. — Du haut du rempart, on jouit de vues fort pittoresques sur la poite. Construite en 12(17-00. sur la nouvelle enceinte, on commença par l'appeler porta Magdalene et, vers i3o2, on l'appelait aussi Zaïitpooi te, et Porta arène. Smeidepor te s,"ini,\voàu\\. vers \'^'ij. Porta fabroium vers i3o6. La porte fut remise en état, en i 337-38; et reconstruite par Jean Slabbaert et Mattliieu Saghen, en 136768, semblable à celles des Baudets et de la Bouverie ^ Comparez les gravures pp. 1 10 et 83. Mais la porte des Maréchau.x fut modifiée en i385, 1392 et 1433. Elle se présente sur notre gravure, p. 110, telle qu'elle était en 1 562. On la reconstruisit, en 161 5 ; mais la partie inférieure des tours fut conservée. Les balustres du pont sont du milieu du XVI II« siècle. On vient d'établir (ig'o) un passage pour piétons, à travers la tour septentrionale de la porte C'est très bien ; seulement on aurait pu soigner un peu plus la restauration intérieure de la partie devenue visible, et aménager mieu.x le pont d'accès, à l'extérieur. — En 1688. pendant la cinquième guerre de conquête entreprise par Louis XIV contre les Pays-Bas. un Gantois, disent les chroniques ^ qui était venu habiter Bruges, s'offrit d'ouvrir par trainison la porte des Maréchaux à l'ennemi. Heureusement, le projet fut éventé En souvenir de ce fait, une tête en fer fut, à la honte dii coupable, exposée sur le toit de la porte. Les Français, devenus maîtres de Bruges en 1792. furent médiocrement flattés de voir là, en effigie. la tête de leur ami. Aussi se rendirent-ils, le 3o décembre, coiffés du bonnet rouge, à la porte des Maréchaux et enlevèrent la tête commémorative ". On l'a retrouvée dans les greniers de la porte en 1876 ; elle a été déposée depuis au Musée de la Société Archéologique. — C'est hors de la porte des Maréchaux que John Churchill, Duc de Marlhorough. fut complimenté par le Magistrat du Franc, en 1707, quand il revenait du siège d'Ostende ^ Il avait vaincu Villeroi, l'un des générau.v de Louis XIV, à Ramillies, le 23 mai de cette année, et sauvé notre pays de la domination française. Nous n'avons aucun motif pour nous gausser du valeureux anglais, comme l'ont fait les Français, dans la chanson connue, pour lui faire expier les nombreuses défaites qu'il leur infligea. — Le nom de Porte de la Madelaine est venu de la proximité de l'Hospice, situé hors de la porte. Voir p. 227. Sur les Pesthui^en. voir p. 222. — Hors de cette porte se trouvait aussi l'église paroissiale de St Bavon, au hameau encore appelé 't Rattenest. Cette église paroissiale existait déjà en 1206 ; elle fut démolie au mois d'avril 1578. en vertu d'une décision du Magistrat, en date du 9 du même mois ^. L'autorisation de la rétablir fut donnée en 1610; mais ce qui en resiait fut démoli avant i65o. — Le village de St-André, à
I Plus haut. p. 23o-l2. ^ 2. AA, c 1J67-08, loi. 64 ; c. 1369-70. loi. 41 v., 67 V. ^ 3. KDH, m q; Cusils, Jaer-boecken, >.l. «93 ; R. .876, 7S. ^ 4. GK, 343. ^ 5. AA de lElat, Bruges, Coniples du Franc, c. 1707-8, fol. 65. Cfr. F. P»1BM, Précis afialyt., I sér., v. l32, el AE, XLVIil. 3o3, où il y a erreur d'année, j^ 6. AA, srcr. reso/ii/iri., j5;5-8S, loi. 124 V.
TRESORS ARTISTIQUES; SITES ET SOUVENIRS. 5i i
2, 4 kilomètres de la porte, rappelle le Prieuré de St-André, fondé pai- Robert de Jérusalem, Comte de Flandre, en iio5, au lieu dit Bethferkerca, plus \arà Sualen, et qui devint Abbaye, en 1187. L'Abbaye sombra en 1796. — Dans la même paroisse fut inaugurée, le 8 septembre 1902, la nouvelle Abbaye de St André, pour la formation de missionnaires pour le Brésil, sous le nom de Zeveitkerken. — Un peu au nord du village de St-André, se trouve un ancien manoir très intéressant, de la fin du XVI« siècle, dit de Koude Keuckene. — Le Vélodrome brugeois a été inauguré le 1 1 avril 1909. — Au nord de la porte, s'ouvre un Boulevard dont les terrassements et les plantations datent de 1895-98. On lui a donné le nom de Boulevard Giiido Ge^elle, en 1899.
i3. Rue des Maréchaux. — .le trouve: in vico fabrorum (1288. 1291. 1297); Smedstrate {\'io3K Smeetstrate (1307I, Smedestrate (i332) : il faudrait donc dire rue des Fèvres. Façade du coin, vers i58o, démolie en 1895, grav. p. 243. — Au nord, Chapelle de St Eloi, grav. p. 110. St-Eloi fut peut-être, à son origine, un hospice pour voyageurs indigents (voir, p. 3o3). Je constate dans mes textes l'existence de l'hospice, en 1 351. et celle de la chapelle, en i354. La construction de la chapelle doit être à peu près de cette époque. L'hospice appartenait aux Fèvres, avant 1376. La chapelle put avoir un clocheton et une clochette, grâce à une Bulle d'Innocent VIH, du mois de juillet 1489. La porte (vers 1489) est une œuvie très intéressante. Elle était jadis surmontée d'une jolie niche avec la statue du patron '. — Tous les ans, jusqu'en 1782, le !■■ décembre, on bénissait les chevaux devant la porte de la chapelle =. La pompe au dauphin, grav. p. 399. placée en i83o, contre l'Hospice St-Josse, rue des Baudets, a été établie contre l'abside de la chapelle de St Eloi, en 1879 ^. Le Dauphin, est l'œuvre de Georges Dumery (1714 87). — Rue de la Grange. — Lt nom ^'leni an groote greinschuere, atelier pour la teinture en rouge au moyen de grein (kermès), qui s'y trouvait avant 1414. Le nom de la rue était encore Versierstrate, au milieu du XVt<= siècle. Faut il placer au rempart, au bout de cette rue, le Puteus Visières, des comptes de 1282, 1288 et 1297? Je le pense : il semble qu'il était situé entre la porte des Maréchau.x et la porte des Baudets. — NotrE-Dame DES AVEUGLES 4. L'on croit qu'il existait ici un Hospice pour voyageurs indigents, que Robert de Béthune aurait changé, en i3o5. en hospice pour aveugles. Cet hospice s'est trouvé sous la direction du frère-trésorier de St-Julien. Cette dépendance ne remonterait-elle pas à l'année i3o5? En tout cas, l'hospice des aveugles est ancien et se trouve dans les documents, à partir de 1415. année où il brûla. L'Hospice avait un Gouverneur, en 1469. La chapelle fut reconstruite en briques, en 1419. On la voit sui- la carte de Marc Gheeraerts. telle qu'elle était en i562. — Les Gueux semblent n'avoir pas molesté l'hospice. La chapelle fut reconstruite en i65i. et consacrée le 18 août 1652 (graw. pp. 286. 287). Tous les meubles furent vendus lors de la Révolution française ; mais la chapelle, la maison du chapelain et les petits hospices passèrent à la Commission des Hospices civils. La chapelle s'ouvrit au culte, le 4 août 1801. — Autel, i65o, avec un tableau de Jacques van Oost, le vieux. Porte de la sacristie, 1690. Vitraux : deux par Samuel Coucke, 1880-81 ; deux par H. Dobbelaere. 1886. La peinture faite en 1880, dans le style de la chapelle, à été renouvelée en faux gothique, en igo5. — Œuvres d'art. Statue de N.-D. des Aveugles, graw. pp. 276. 277, commencement du XIV« siècle, restaurée en 1903, d'après les données de la polychromie ancienne, qui était encore bien conservée. — Calvaire votif de François Bux-
Ribl. Brug.,Portefeuille46»-2Mil. JO ^ 2 RDH. IM, 6Î. ^ 3. R.DH, iiv 391. ^ 4. Voir An. nucc.os, Onztlirve Vrouive van Blindekens, te Brugge, igo5, 18.
leiden, giav. p. 376, don (1812) du docteur Georges Fisco '. — Navire de guerre votif, 1 588, placé ici en souvenir de la délivrance de Bruges de la famine, par l'intercession de N.-D. des Aveugles (l'inscription a été repeinte) ^ — La tradition, aciée dans le vidimus d'un acte de 1418, et que certains faits de i3o5 semblent confirnier ^ met cette chapelle et plus encore le pèlerinage annuel à la Poterie, en rapport avec le vœu fait à l'occasion de la bataille de Mons en-Pèvle, livrée le 18 août i3o4 ■». La Gilde de N.-D. des Aveugles existait bien avant 1418. Le vœu s'exécute encore tous les ans. C'est sans doute la plus ancienne manifestation semblable qui soit conservée. La procession de N.-D. des Aveugles, qui sort tous les deux ans 'les années impaires), existe probablement depuis i588 ; mais la donation faite, en i623, par .lean van Dijcke, au dire de la tradition, en fit une insiiiiition permanente — La rue de la Borne, dite Pae/i'/rae/e ( 1 365), semble indiquer un changement de juridiction. La borne toutefois, qui se trouve maintenant prés de l'entrée de la Chapelle de N.-D. des Aveugles, n'a t-elle pas été déplacée ? Puis, de quelle juridiction s'agit-il? — Rue des Maréchaux, suite. — Maison, D. i5, vitrine et restauration par M. Hubert Hoste. 1906. — La ^àxa^&swt ten Breidelkine, D. 10, appartenait, au commencement du X1V« siècle, à .lean Bieidel, fils de Michel, dont on a eu tort de faire le .lean Breidel, l'un des héros de nos luîtes communales 5. — Quai des Ménéti iei s, ancien fossé de la première enceinte*, qui est une des coqueluches des peintres. C'est à raison : n'allez donc pas le voûter '. — Chapelle des Ménétriers, voir p. 406 *. On y voyait jadis une peinture murale (XV* siècle), reproduite plutôt mal que bien 9, de la Ste Face de Lucques.
14. Rue Nord du Sablon. — La maison au coin du pont, où l'on vend des poteries, est bâtie sur la base de la partie septentrionale de l'ancienne porie du Sablon. — D. 93, brasserie de Gaapaard '°, existant avant 1464 ; sculptuie représentant des travaux de brasserie, vers 1660. — Carrefour dit liet Posthoofd, nom qui n'est plus connu que des vieux Brugeois. Ce nom vient de celui de la quatrième maison à l'ouest de la rue de la Levure. Le Refuge de la célèbre Abbaye de St-Bertin prés de St-Omer, était établi ici avant la fin du XV1« siècle, et sans doute bien plus tôt. 11 fut vendu le 27 juillet 1757 à Albert van Huerne, et fait partie aujourd'hui du Collège St- Louis, D. 63. Voir la gravure p. 292. Lire ce que nous avons dit du Collège, à la p. 2q5 ". La chapelle du Collège (gravv. p. 294. 489) a été construite par M. Georges Hellepuite (1883-4). Elle fut bénite le 9 octobre 1884 et l'autel fut consacré le 3o septembre 1889. La relique du St Sang, cachée en 1812, par Gertrude de Pelichy, dans une des chambres de l'hôtel familial, y demeura jusqu'en 1819. l'année où elle fut rendue au culte '^. Une plaque commémoralive a été placée à l'extérieur de la cachette, en 1892. Voir la grav. p. 485.
— II y a, dans la rue Nord du Sablon beaucoup de façades intéressantes, qui datent du XVle jusqu'à la fin du XVIII^ siècle. Signalons surtout la jolie façade, de 1676, D. 53, restaurée excellemment par M. Hubert Hoste (1907).
Rue traversière. Le nom Duersirale se trouve en 1284 et 1 3o2 ; mais la forme dweerstrate se rencontre à partir de i3o5. Nous avons parlé de l'Hôtellerie dont l'enseigne Teii eenhnorue, au XV* siècle, a beaucoup varié, mais était déjà devenue le Meyboom en 1 579 ■'. — L'Evêque des Tournai avait des bureaux, au cimetière St-Sau-
I, Jinl., 33. ift 2 J'<"'-. 37- * i- Ibid., 12 20. ^ 4. Voir mes liéduitioiis, ibid., 14-10. ^ 5. An. DucLos. Onze Heldrn »■«" /Jo.'. 2-é.l., igo2. 33o; RDH. xili. 8.. ^ 6. Voir, p. 84. ^ 7. Voir, p. 258. ^ 8. Gravures de sculpturts, AE, XX. 78. ^ 9. AE. II. 76. ^ 10. Voir ci-dessus, p. 460, ^ 11. Lliisloire complète se trouve dans l'excellente brochure écrite par M. le PiinripalU. Reynaeit, à loccasiou du jubile 1834-1009. Bruges, van de Vyvcie-Pclyt, ^ 12. KDH, m. 204. ^ i3. AE, iLVll 248. 25i.
— Voir plus haut, p. 4a5. 426.
THESOJiS ARTISTIQUES; SITES ET SOUVENIRS. 5i3
veur, en i3o2 ; il avait sa maison, rue Tiaversièie, en 146g. Voir plus haut, p. 493. On ti-ouvait, en i3o2,daiis la même rue une maison de l'abbaye de St André et celle de St- Pierre à Gand '. — Fossé au Loups. Il y avait encore, au XVI1« siècle, des loups, dans la Flandre maritime. Mais cette rue emprunte-t elle son nom aux pièges tendus à ces carnassiers ? Je Irouve toujours Wu Ifh a i,r h e depuis 1284. On rencontre une forme abâtardie Wiil/aert. au XV^, et Wulfharf;hei\ au XVI' siècle. Le nom de Wulfhaghestraet était au XV^ siècle le nom de la rue, depuis la rue Nord du Sablon jusqu'au rempart; on donnait cependant, dès 1209, le nom de Beenlwun>ersstraet à la section commençant au pont. Le pont du IK/zZ/A^o-Ae nous est connu dès 1285, sous le nom de pont derrière la maison de Dudzeele fde Jean de Dudzeele, 1291) et sous celui de Wiilfhaghebiucghe, depuis i3o3. L'ancien rempart (voir p. 84) avait donc été ébréché en cet endroit, bien avant la construction de la grande enceinte, parce qu'un quartier nouveau s'était formé ^ ; mais il n'y a pas eu de porte en cet endroit. Le pont était en bois, en i3o3; il était déjà en pierre, en 1 3 18 et fut reconstruit en i33f. On l'appelle pont de la Clef, du nom de la brasserie de Slotele, déjà mentionnée en 1467. La base d'iui ancien bastion e.viste encore, au bord du rempart, dans celte propriété. A côté sud de cette brasseiie, se trouvait la Halle d'Aardenburg. — Dès que nous arrivons hors de l'ancienne enceinte, nous avons à notre gauche ce qu'on appelle la rue du Fossé. C'est la Lana, laiie de nos documents à partir de 1294. ou la continuation, dans la partie englobée par la grande enceinte, à la fin du XI 11'' siècle, delà Lane, chemin bas et large, mentionné dans la paroisse de St Sauveur, hors la ville, au XVI I«^ siècle ^. C'est absurde d'aller accoler le nom de slraat, comme on le fait, depuis 1844, à une dénomination qui indique déjà une voie de communication. — La rue du Mortier qui s'amorce à la Lane, s'appelait encore la rue Jean de Bruges, pendant la première moitié du XIX^ siècle. Faut-il mettre ce nom en rapport avec Jean de Bruges, Seigneur de Gruuthuse^? Je ne le crois pas. On trouve : Sint-Jansstraetkin bi de Lane, depuis 1400 jusque dans le WW'^ s\tc\e. it trouve \e St-Janslant in de lane, en iBoy. II s'agit de terres appartenant à l'Hôpital St-Jean, qui ont donné le nom à la rue. II y avait aussi la Groote Sint Jansstrael, in de lane, au XVI'' siècle, et la Sint-Jansstraie continuait, hors de l'enceinte jusque près du Boom/ce ^ — Rue des Bouchers. — Chapelle des Ménétriers, voir p. 410. — L'alignement nouveau, au bout de la rue a été réalisé entre 1893 et 1903. Contre le rempart se trouvait le Bloedput. Nous en avons parlé plus haut, p. 219. Dans les années 1840, il y avait, au rempart, contre la motte du moulin, appelé de Wul/liagher viuelene. en iSyg, un cabaret où l'on faisait d'excellentes gauffrettes, dites spletwa/els, et oi\ nos parents nous régalaient de jfafels uit den Bloedpit. Les gens de ce cabaret déménagèrent et s'établirent à la Promenade, près du passage à niveau de la ligne de Courtrai, au Rempart. La vieille mère continuait à cuire ses gauffrettes, dans la cuisine du sous-sol, en contre-bas de la Promenade. Voilà un des souvenirs de notre enfance, qui pouvait bien être noté.
Rue du Marécage, à l'intérieur de l'ancien fossé, porte toujours dans les textes, depuis 1284, le nom de Moerstrate. La traduction française est bonne : il ne faut pas chercher ailleurs ^. — Nous avons ici plusieurs façades et constructions intéressantes. Voir la grav. à la p. 355, de la façade D. 28, restaurée en 1894; presbytère, D. 26, aménagé en i8g3 ; maison D. 24, 1677. La maison marquée D. 21, est l'ancien Hôtel de
1 Voir plus haut. pp. 5oq et 495. ^ 2. Voir, p. jo. ^ 3. AE, xxxviii. i5i, 166. ^ 4. VS, 911. ^ 5, AE, xsxvili. i5i, ^ 6. Cfr. VS, 12 ; el, plus haut, p. 23. Voir ce que jai dit, à la p. 29, d'un texte de Galbert quoii veut appliquer à la rue du Marécage.
Charolais, aménagé par Philippe le bon, poui- son tils, le comte de Chai. jlais, qui fut plus tard Chailes le téméraire. Voir la carie de Marc Gheeraerts. — Hospice Godeiijcx, fondé en i383, avec sa jolie porte (16341 restaurée en 1904. Bâtiment vis-à-vis de la porte de l'église, 1892, L. Delacenserie. — Mémorial du cinquantenaire du dogme de l'Immaculée Conception, A. De Pauw, 1904. — Maison D. 24, 1677. — Ancien Hospice dit Vetvischpoorte, fondé en 1423, D. 6-i(J. actuellement dit 't vischpoortje. Une rue nous conduit vers le Pout des lions. Le premier élément du nom de la rue et du pont est lee, en 1435-1579; mais il est /ei'2< en i35o. iSqD. 1414. 1429. l-e pont fut renouvelé en bois, mais pavé, en 1413-14. Quand il fut reconstruit en pierre par Jean de Wachiere, en 1627 — le couronnement du parapet est de cette année — , on l'appelle leeitbi iigffhe, au compte ; et, en 1629. Jérôme Stalpaert sculpta les deux lions en pierre d'Ecaussines pour le parapet, dont l'un, celui du côté oriental est encore de Stalpaeit. Ce pont est-il le pont sur le Leet ou ancien rempart, formé peut-être d'un des bras anciens deVIperlect;et\a rue, celle qui conduit au rempart ? Ou bien le souvenir du lion se trouve- t-il déjà dans le nom leeubriigghr (i35())? Il pouirait être venu de l'enseigne d'une des maisons principales de la rue. Mais je n'ai pas rencontré cette enseigne, ni dans celte rue, ni dans les rues abouiissaiiies. — On voyait encore, près du poni, il y a une cinquantaine d'années, une des bases d'un bastion de l'ancien rempart.
i5. Rue Gheern'ijn : Viens Gerwiiii, 1291, Sei- Oude Gheei wj'ns sliale, i3o2. i3o5 ; Ser Glicereivyiis strate, i3o5. Tourelle, au coin de la rue de la Monnaie — • voir Marc Gheeraerts — démolie entre 1574 et 1578. Dans celte rue, on voit encore, à la maison I). 20, un ancien banc en pierre devant la façade. — Rue de la Monnaie, élargie vers sa sortie à l'esl, en 1860 ', porte le nom de Ghilliensti ate, en i3o5 et i3o7, et celui de Ghilthiius strate un peu plus tard (vers i33i). La monnaie ^ se trouvait dans la rue du Receveur et dans la rue Gheerwyn, vers i3o3-'. Rebâtie en 1429, elle fut agrandie en i563. Un bas-relief, qui en provient, aujourd'hui au Musée archéologique, et la voiiie de la Porte de la Monnaie, sont de cette année. La Monnaie de Biuges fut supprimée par Joseph II, en 1786. On a agrandi la Place de la Monnaie, en démolissant Le Point de jour, en 1884. La rue de la Monnaie possède encore plusieurs façades intéressantes du XVI le et du XVI II' siècle. La Halle de Douai se trouvait du côté septentrional, en 1379. — Rue du Receveur. Quand Jean de Ghistelles eut cédé sa propriété au.\ Augusiins, en 1275, d'où les diveres rues dites Gtiistelhoven qui entouraient cette propriété, il se construisit une maison à l'ouest de la rue où nous sommes, et il l'habita. C'est ainsi que cette rue-ci s'appelle aussi Ghislelhqf, en i3o2, tandis que Gérard Hoedemaker est signalé, en la même année, comme habitant dans VOud Ghistelhof. Les sires de Ghistelles étaient receveurs du Grand Tonlieu ^ ; d'où le nom de iOH(/iJH^/u'' *■ strate, que nous trouvons, au compte de 1406-7, à la rue qu'ils habitèrent depuis 1279. Les sui'S de Ghistelles quittèrent celte rue, 1460, pour s'établir rue des Aiguilles. I.vur Hô;el, lue du Receveur, devint Hof van Dud:;eele entre 1460 ut i563 ; mais le nom de la rue se maintint. Nous avons donc l'ancien Ghistelhof à St-Gilles ; le second, d.ms la rue du Receveur ; le troisième, rue des Aiguilles. — Tout le carré compris entre les rues Gheerwyn. du Marécage, du Receveur et celles Nord du Sablun et de la Monnaie, a formé, à un moment donné, la Monnaie et la COUR DU PRINCE. Voir la gravure, d'après Sanderus, p. 63. L'on a dit et répété •\ qu'en 1429 Philippe le bon avait acquis un vaste terrain sur lequel il fit bàiir la Cour du Prince. Mais un terrier de l'Obédience de
I. Plutliaut, p. 25j.* J. Voii pp. 49-5o.^i. F. XI. 55; IJ. i8ô. * 4- fini liaut. p. 40. ^ .-i. GEB, 66 ; Gl), 58. n - xvil.
TRESORS ARTISTIQUES; SITES ET SOUVENIRS. 5i5
St Donalien. de iSgô, mentionne le revenu d'un fond de maison /r/.v/ij muium dni comitis, dans la luedu Marécage". En 14067, iii Ville fait paver la rue du Receveur, à commencer de la rue Nord du Sablon ende also sii eckende laiigs ons ghediichts heeren hof toter Moersirate '. Des brodeurs tiavaillent dans l'Hôtel du Duc, in myns heeicti hof, en 1424-25 ^ Tous les textes de 1429 présupposent l'existence à\i Pi iiicenhof. les textes des chroniqueurs de l'époque pioduisent la même impression. Meyer dit formellement qu'en 1429, Philippe le bon fit cmistiuire de nouvelles salles (novas aedes) dans son Palais de Bruges -t. Cette demeure seigneuriale était de toute beauté, voir la grav. p. 63. On y avait une chapelle, une bibliothèque qui est devenue fameuse, un bassin de natation, des salles de bains, une cour pour le jeu de paume, même un parc avec animaux sauvages. A la grande lour- était une tribune pour- les Ménestrels '". De grands travaux fuient faits, en 1445-49, à la Cour du Prince quand on fit les jardins (hôtel vert) °, et suitout en 1468. en vue des fêtes du mariage de Charles le téméraire et de Marguerite d'York '. La Cour du Prince a vu mourir Philippe le bon, le i5 juin 1467, pendant que Michel Goeighebeur éiait occupé à consli uire les galeries du côté de la rue Nord du Sablon, qu'on voit sur la caiie de Marc Gheeraerts, et à compléter d'autres travaux auxquels nous voyons associés les noms de Gui van de Kerckhove, -lean de Maech. Corneille Cauvve. Godefroi et Jean van Cutseghem, Corneille Thielman. Marie de Bourgogne y est décédée, le 27 mars 1482. Le jour même de sa mort, la précieuse relique du St Sang lui avait été portée à vénérer. Philippe le beau, fils de cette princesse et de Maximilien d'Autriche, et père de Charles- Quint, y naquit le 22 juin 1478. — Parmi les personnages importants qui logèrent à la Cour du Prince, notons de Cardinal Wolsey et Thomas Morus. Ce dernier visita quatre fois Bruges: il y vint en 1514, avec Cuthbert Tonsiall, qui fut depuis évêque de Londres ; en i5i5, il y accompagna les ambassadeurs envoyés par Henri VIII au prince de Castille ; il y revint encore en i52o, et enfin en i52i, avec le cardinal 'Wolsey. Ce fut à Bruges que Thomas Morus écrivit, au mois d'octobre i5i5. son traité sur l'utilité de la langue grecque. — Nous avons parlé de la traduction anglaise du Recueil des histoires de Troyes. de Raoul Le Fèvre. chapelain de Philippe le bon *. Caxton traduisit l'ouvrage en Anglais, sur l'ordre de Marguerite d'York, et l'imprima. L'on n'a pu déterminer où, et je nie demande si cette impression — la première d'un livre en anglais — ne se fit pas à la Cour du Prince même, vers 1474, avec des types gravés pour la Cour de Bourgogne. — Vendu, en grande partie par Philippe II, en 1576, le palais somptueux de la Cour du Prince subit bien des modifications. Cette propriété passa surtout à Roger et à Louis de Gheldere et autres, qui l'exploitèrent, vers 1662-63, en construisant des maisons particulières.
Dans une partie des ruines de la Cour du Prince fut installé la couvent des Sœurs Anglaises du Tiers- Ordre de St François 9, dont le couvent, établi à Bruxelles, en 1621, avait été transféré à Nieuport, en lôSy. Elles achetèrent, en 1662, une partie de la Cour du Prince, en notre ville. L'évêque de Bruges consacra leur église sous le titre de N.-D. des Sept Douleurs, le 18 mai 1664. Ces religieuses tenaient un pensionnat pour jeunes filles anglaises. Le i5 juin 1794, les religieuses partirent en toute hâte pour Delft, d'où elles s'embarquèrent pour l'Angleterre, le 23 juillet. Elles s'établirent d'abord à Londres, puis à Winchester, enfin, en 1808 à Taunton (Somerselshire), où le couvent
I. AA E-êclié. ^ 2. I, V. 3o6. ^ 3. I, v. 53o. ^ 4. .•)««., 274- * 5- Voir, p 408. ^ o .AE. vu. i36, ^ j. Comptes :.u)t A.-V du royaume ; Cfr. aussi I, v. 565-6. ^ 8, Plus haut, p. Jgo. ^ 9. AE, xL. 42.
5i6 NOS PLACES ET NOS RUES; MONUMENTS ET
fleurit encore, et où l'on peut entendre ces anglaises mêler dans leur conversation bien des mots flamands emportés d'ici. Les Français ont vendu le couvent et son mobilier. — Les Dames françaises de la Reiraite, de Boulogne, sont venues s'éiabhr à la Cour du l'rince, en 1888. Elles ont ajouté aux bâtiments une espèce de décor de iliéàire en ciment, alors qu'elles auraient pu s'inspuer des gravures de la Cour dii Prince, que nous possédons. — Le Cai refour Net gmideii ktissen. empiimie son M(jm à l'enseigne de la maison, D. 41. Cette sculpture est de 1684. — Rue cotn te d' Ai ^''iit, D. :, ancien couvent ou Hospice van Boonem. fondé en 1349 ; D. 5, la poite de l'iiôiel de Pai ijsclie Halle, la Halle de Pans, où la Ihirgeisgilde a son siège, depuis juillet i883. et le Daridsfonds depuis le mois d'août de la même année. Ce local était déjà en 1373 le principal établissement consulaire des négociants de Paris en notre ville. On y trouve un pignon du XVJi^ siècle, grav. p. 427, et, à l'intérieur, une salle qui a conservé les pierres de suppoit des poulies, de la môme époque, ornées du blason de la ville de Paris. — Rue d'Argent, nous voyons la façade postérieure de la maison des cordonniers ; mais la porte, suinioniée de la boite couronnée a été démolie récemment. Plus loin, une maison. 1) 11, vers i65o, décorée de médaillons représentant les Evangélistes. — Couvcui des .loséfliines '. Ces sœurs sont arrivées à Bruges, en i838. En i8i5, les Colettines avaient acquis l,i chapelle des peintres et deux maisons attenantes. Elles resièrent dans ce couvent provisoire jusqu'en 1841 ^ ; et le vendirent alors au.\ Sœurs Joséphines. Les 1 eligieiiscs utilisent l'ancienne chapelle des peintres et selliers, bâtie en 1451 et cunsaciée en février 1452. On y a trouvé des tombeaux peints ^ Cette jolie chapelle renferme une cioi.x triomphale, provenant de l'ancienne cathédrale de St Donatien, à laquelle Pierre de Corte, premier évêque de Bruges, l'avait léguée. Deux beaux vitraux qui décoraient autrefois cette chapelle, sont au musée de la Société Archéologique. Philippe le bon ordonna, en 1455, de transférer la messe fondée en expiation de la mort du sire de l'Ile Adam ■», en cette chapelle, « en laquelle, disait-il, nos genz, <ifliciers et serviteurs domestiques, quand nous sommes en cette nostre dicte ville, vont chascun jour le plus oyr la messe ». Accordons, en passant, un souvenir et une prière à Memlinc, Gérard David et autres grands peintres, qui ont fréquenté cette chapelle de leur corporation. ^ La maison D. 37. belle construction en pierre blanche, du XVh siècle, restaurée en 1880-81. formait avec les bâtiments attenants occupés par M. van de Vyvere Petyt (voir Marc Gheeraerts -^), le refuge de l'Abbaye de St Pierre à Gand. — Les bâtiments du collège St-Louis, qu'on voit ici, D. 38, sont l'ancien refuge de l'abbaye d'Oudenburg. La porte date de la reconstruction sous Pierre Diericxen. en 1766. Voir gravures, p. 293, 296. La propriété achetée par l'Abbaye d'Oudenbuig. en i..|66 (v. s.) était alors une auberge à l'enseigne de Hemehyke, ayant une sortie rue Traveisiére. Les moines malades venaient ici, et on les enterrait à St-Sauveur, où ils avaient un caveau. — La façade D. 40, en pierre blanche, est des plus jolies ; elle a éié restaurée en 1876. Elle porte le millésime 1468 et la devise A bon compte avenir, celle de Jean Vasque, qui la fit édifier. Jean Vasque était secrétaire d'Isabelle de Portugal. troisième femme de Philippe le bon et mère de Charles le téméraire. Une plaque de cuivre, que nous avons vue à la Cathédrale, remémore les fondations de Jean Vasque et de sa femme Marguerite van Ackere. — La rue du Chameau, appelée Lippen Hoedenaystraetkin, a pris son nom actuel, au XVI^ siècle. La maison du coin, dans la rue des Pierres, D. 68, portait l'enseigne du Chameau.
I. Histoire lie leur fondation, Re.mbrv, Bekcnde Pastors fan St-Cillis, 5oo. ^ 2. RDH, iv. 38o. ^ i. RDH, iiir. 3j5 ; plus haut. p. 367. ^ 4 Voir Porte de la Bouveiie,
B. Deuxième Secteur : le nord hk la ville. — i. Rue piiiUp-
stock, — appelée de \elversmidstrate. dans les actes émanant du chapitie de St-Donatien, jusqu'en 1499, année à la quelle je trouve : in de \eh'eismedstrate modo dicta Pliilipstocksti ate '. Puis la forme Sleepstocstraie, Sleip- et Slipstoc se perpétuent, et ce n'est que vers i635 qu'apparaît la forme actuelle. — l,es maisons marquées 5 et 7 sont construites sur l'ancien Pont du Change^. Le pont St- Pierre \ t.\istait en II 27, à la sortie septentrionale du Bourg; mais, en 1292, le pont au nord de la Walerhalle était désigné sous ce nom, et des pièces du XVI« et du XVI I* siècle disent : Sint Pietersbiugghe ghe\eit de Wisselbrttgghe. — Sur l'ancien Galgeveld, au nord du Bourg, Robert le Frison avait fondé, en 1080, une chapelle en l'honneur de St Pierre, au-dessus de la crypte de Ste Catherine, dite in den Ci og. Sous la chapelle se trouvaient déjà, vers i3oo, des boutiques de potiers de terre, dont Ste Catherine était la patronne. Les Arbalétriers firent usage de la chapelle de St Pierre, à paitir de i32i. Incendiée, en iSSg, elle fut reconstruite peu après, telle qu'on la voit sur la gravure, p. 41. Acculées au nord de la chapelle de St Pierre, se trouvaient anciennement deux chapelles, celle de Ste Barbe ei celle de St Martin. Sur le fond de celle-ci les fabricants de chandelles hà'irent leur maison, en i6i5-i6. Elle e.\iste encore en partie, et les ancres donnent le millésime i6i5. En 1723 on démolit la chapelle de St Pierre st une partie de celle de Ste Catherine ; un nouvelle chapelle fut immédiatement construite, qui e.xiste encore, et dont les fabricants de chandelles firent usage. De là son nom de 't Keers/cen. Remarquez, conire le rempart du Bourg, ces chapelles en l'honneur de quatre des Saints les plus vénérés en Flandre au moyen âge. — Place Mallenberg, voir plus loin, 5"'« Secteur, n" 2. — Rue des Cordouanieis, Cai deiuanieistrate (i3o5), Cordeiyaniersstrate (1447). Ce nom indique la rue des Cordonniers. Le cuir de Cordoue étant le plus apprécié, le nom de Cordouan était appliqué à tout cuir. — Façade A. 5, i5i8, avec l'enseigne den Stuer ; A. i3, ancienne enseigne Couden brouc, rébus. L'enseigne montre deux femmes tenant {'k lioud] les culottes, tandisque l'inscription signifie « culottes froides n. La maison était déjà appelée Coudebroiic, au XV<= siècle. Façade A. 11, du type de la façade du Jambon, rue Espagnole, amenée au style du XVI 1« siècle, en 190g.
2. La Rue Flamande s'est toujours appelée depuis le XI 11"= siècle, rue des Flamands : Vlaming.sirate, viens Flamingoium. Elle se terminait pi imitivement au Pont des Flamands, où il y avait la Viamincporte, Porta Jlamingorum (textes de 1268 a i3i8j, sur l'ancien rempart. La rue entre la Place delà Bourse et le pont des Flamands, s'appelait Coite Vlamiiicstraet ; celle au delà de la porte, buten Vlainincpoi te, foras piirtam flamiiigorum (1268) On avait aussi une Kettelwijkpooi te (var. : Cutelwyc, Coetéltviich, Ketelwiic^), de ce côté de la ville. Est-il exact de l'identifier avec la Viamincporte 1 Je ne le crois pas. Un texte vers I2g3, nomme ensemble les trois portes des Baudets, des Flamands et du Cutehvyc. Je ciois qu'on avait établi sur la dérivation de la Boterbeke, qui deviendrait, en 1 297, le rempart de la grande enceinte 5, un pont et une porte, d'abord à l'emplacement de la porte actuelle des Baudets, puis à l'endroit où elle coupait la rue buten Viamincporte et le Kelteldreve, aujourd'hui Dulleweg, sa continuation, prolongée par le Dijk, chemin large et bas, le long duquel nous trouvons St- Pieters op den Dijk et Sl-Jan op den Dijk, paroisse ruinée par les Gueux. Ce chemin aboutissait à Blankenberghe. Voir la Carte du Franc de Pourbus-Claeissins. Lorsqu'on
I, AA EvèchéZii^r c'farum n" 5, fui. 149 V. j^2. Voir p. 48. j^ 3. GP, ^i ; VS, 45. ^ 4- La io'^e KeUhuiinc CE, v 14, est sans doute due à une niattention du copiste, ijj 5. Plus haut, p. 2jo
5i8 NOS PLACES ET NOS RUES; MONUMENTS ET
creusa la grande enceinte, à la fin du XIII'- siècle, on ne fit pas de porte à l'issue de la Vlamincstrate; mais on dût y établir un dam ou batardeau, pour empêcher l'eau de découler dans les rues plus basses que le rempart '. Voir MG. Nous devons nous souvenir ici de deux choses. Les terres, au Minneifiiter, sont basses ; et l'on voit leur côte s'abaisser de plus en plus, quand on fait le tour de la ville, par le rempart de 1297, depuis la porte des Maiéchaux jusqu'à la sortie de la Reie. en aval de la ville. On avait sur l'ancien rempart trois portes entre celles du Sablon et le pont actuel de la Main d'Or, où il n'y avait pas de porte. Celles-ci sont : celle du Wulfhaghe, celle de St Jacques, celle des Flamands. Une seule issue fut maintenue, en 1297, celle qui se trouvait sur le prolongement de la rue de St-Jacques, la porte des Baudets. C'est sans doute le coût trop grand des terrassements qu'il aurait fallu faire au bout de la rue des Bouchers, de la rue St-Georgeset derrière Ste-Claire, qui a empêché de faire là des portes. Mais pour éviter le déversement de l'eau du rempart, dont le plan d'eau était encore supérieur à la côte des rues aboutissantes, on fit des ouvrages de protection contre l'inondation, qui furent le Wiilfhaghendam ", au bout de la rue des Bouchers, le Vlamincdam ■*, au bout de la rue des Flamands, le Clarendam + derrière Ste-Claire; comme on fit V Ysenbardsdam à<.\ côté de la Porte de Ste-Croi.\, au fossé extérieur ^ Quiconque a lu les documents s'abstiendra d'attribuer le nom de Vlamincdam à un chemin commençant à la Grand' Place et allant jusqu'à Blankenbeighe. Le chemin qu'on voudrait ainsi dénommer se prolongeait, avant qu'on creusât l'enceinte de 1297, jusqu'à Blankenberghe, c'est vrai ; et l'on peut encore le suivre, en bien des endroits, même depuis le canal d'Ostende, où il s'amorce vis-à-vis de l'emplacement du Vlamingdam. Mais il s'appelle Ketteldreve et Blankenbetgsche dijk. C'est un chemin large et en contre-bas des champs, un dijk, comme le Proostdijk à Pervise, le long duquel se trouve St Pierre op deii Dijk et se trouvait anciennement St-Jean, op deii Dijk. Mais ce chemin n'a jamais été une digue, élevée pour contenir la marée. — On a élargi l'entrée occidentale de la rue Flamande, en 1849-50, faisant ainsi une trouée dans la Grand'Place. Alors disparut une belle façade, celle du Ramoii *, une de ces anciennes Wijntaveernen, où le Magistrat se réunissait, et l'on peut admirer l'art prétentieux de l'époque, dans les façades construites alors. Façade E. 11, fin XV' siècle, de Munte, taverne dans le genre du Ramon. Voyez hélas ! la façade E. i5, qui est de 1904 ! E. 17, par Ch. De Wulf, 1901 ; E. 23, le Pélican, 1672, dont le rez-de-chaussée fut gâté en 1906, grav. p. 446. — A droite, maison du coin, vers i585 ; voir la grav. p. 142 ; E. 22, façade vers 1575, restaurée avec soin, 1907, grav. p. 336. — Place de la Grue, ainsi nommée parce que la Ville y avait établi une grue colossale, avant 1292, reconstruite plusieurs fois, depuis lors. On peut en voir uue représentation sur le grand triptyque de Hans Memlinc, à l'hôpital, 1479; sur' un tableau de Pierre Pourbus à l'Académie, peint en ij5i, grav. p. 53 (voir aussi notre gravure, à la p. 38); sur la carte de la ville de Bruges gravée par Marc Gheeraerts, en i562, grav. p. 41. — Le pont de la Grue fut reconstruit en pierre en 1391 et en 1445. La Reie a été voûtée, depuis son entrée au sud de cette place, jusqu'à la Place van Eyck, vers 1787. Les constructions nouvelles entre les vieux pignons, montrent quelle largeur elle avait. — Nous avions ici, au moyen âge, un quartier des plus animés. On y trouvait des maisons de poids publics, des loges de portefaix, des bureaux seigneuriaux, d'autres de
, III. 33 (1382-83); 353 (1354-96). ^ 3. /i/./., m. 33. 354. ^ 4. Voir les textes IJ. 34S i remp.->rt, que île lecreiiser un cours A\:m existant. ^ 5. IJ, 375. ^ 6. V.SA, pi. XI.,
TRESORS ARTISTIQUES; SITES ET SOUVENIRS. 5i
la Ville. Les ruelles, si étroites et enclievêtiées, démolies vers 1866, en vue de la construction du Théâtie, démontrent l'activité qui devait régner ici. Alors a disparu l'Hôtel de la Fleur de Blé, où Louis XVIII logea, le 23 mars i8i5. avec sa famille, et où les cours normaux pour garçons furent installés provisoirement de 1861 à i865. — Acôléde l'Hôtel du Koonibloem, on avait construit une peiiie « Salle de spectacle u en lyiô. — Les vieux Brugeois se rappellent encore l'ancienne boutique à tabac, dont l'enseigne de Hii^ai \ qui remonte au temps de .ioseph II, se trouve aujourd'hui au Musée archéologique. — Emplacement, F. 38, de l'ancien nieu»' Casteel, plus tard Bieivliet, qui devint le Gmote Thol ou Balance de la Majesté : le Craneweeghuys. — Le Théâtre fut construit en 186G Dg ; et l'on donna alors au.\ rues qui le côtoient, au sud et au nord, les noms de Nicolas Despars ' et d'Adrien Willaert ". — Rue des Tonneliers, connue sous le nom de Cuperstrate dès le XII1<= siècle. Les Tonneliers y avaient leur maison corporative, qui a disparu lors de la construction du Théâtre. — Bazar-Tietz, E. 9, laide construction de goût anversois, datant de igoS, sur l'emplacement de l'ancien Externat A' Hemelsdaele (1845-1879). — Maison, E. 23, construite vers 1480, grav. p. 60. Remarquez l'éteignoir ancien à la porte ^. Cette maison n'est pas l'ancienne Halle de Valenciennes, qui se trouvait dans la ruelle de la Fleur de Blé, puis au côté Oriental de la rue des Tonneliers, dans la zone démolie en 1866 4. E. 27, gr. p. 269, façade de la tin du XVi= siècle. La Pharmacie centrale des pauvres fut érigée ici, en i85o, dans l'ancienne maison-Bogaert, où fut fondée la Galette van Brugge '.
3. PI.ACE DE LA Bourse. — gravure dans Sanderus. — La Bourse, comme place publique, figure dans nos comptes, dès 1292. — La maison de Croate Veronica appartenait pour une part au peintre Ambroise Benson, en 1548. Le cleene Veronycke était au nord de cette maison. — HALLE AUX SERGES, ancien Hôtel ou Natiehiius des marchands de Gènes, consti uit, en 1 Sgg, par les négociants de cette nation, sur un tei rain que la commune de Bruges leur avait concédé, en 1396-97. Voir p. 348. Le couronnement de la façade, en doucine, a remplacé, vers 1720, un second étage, qui avait deux fenêtres à arc brisé et se terminait par une ligne de créneaux. Lire plus haut p. 348. Dans le tympan de la porte d'eiUiée, grav. p. i3i, autour de la figure de St Georges terrassant le dragon, patron de la ville de Gènes, se trouvent cinq écussons, qui sont probablement ceux des fondateurs de l'édifice. L'un des sculpteurs de notre Hôtel de Ville, commencé en 1376, pourrait bien avoir travaillé à la façade qui nous occupe. Les clochetons appliqués à la porte ont une analogie frappante avec ceux des portes de l'Hôtel de Ville*. La maison attenante, rue des Pelleliers. dite het Kruisken. Au blason de Gènes qui l'orne, bâtie en 1441, était l'habitation du consul de Gènes. Elle fut incorporée plus tard au bâtiment principal. Les Génois quittèrent Bruges pour Anvers, où ils avaient déjà un siège, depuis i522 ; et la Ville céda le revenu de la Loge aux Ecoles pauvres, en 1578. Le local servit à toutes sortes d'usages, puis, en 1637, aux fabricants de Serges de Hondschote ; et, en 1664, le nom de Witte Saeihalle fut appliqué au bâtiment. Il est inscrit dans le cartouche qui couronne le pignon. — Il fut vendu en 1782. On y a installé en 1843 une société dite Burgerifel^ijn, qui y tint des expositions d'industrie locale. Depuis 1897 y est établi le Syndicat du Commerce et de l' Industrie, une institution très prospère, qui contribue beaucoup au développement de l'esprit d'initiative de nos jeunes générations. — Rue des Pelletiers, dite, vers 1400,
Poterie. ^ ï. Plui haut, p, 414. ^ l. Cfr, ^ 6. Corap.-irez avec la gr.iv., p. i3o.
Graujverkerstraet wilen de Zacu^ijnstrale ' ; ce dernier nom se trouve encore vers i55o. — Au coin opposé de la Saaihalle se trouve l'ancienne maison de la famille van der Buerse, E. 33 et 37. Cette famille a emprunie son nom à la place où elle habitait ; et son nom se rencontre dès 1257. La maison nommée en 1379, d'Où Je Buerse ofie de Veneeische Loidge, parce que la nation de Venise l'a occupée pendant un certain temps, été construite, en 1453, par Jean van der Buerse. Les façades de cette maison ont été gâtées en i8J8 ; alors aussi l'on commença à dégrader l'intérieur. Ce travail fut continué en 1879 et consommé en 1907. La partie essentielle de la façade et le côté latéral fourniraient des données suffisantes pour une restauration extérieure. Le Musée archéologique possède des débris de l'ornementation intérieure. Dans les pierres de la plmthe on voit encore quelques marques de tâcherons. Dans le trumeau est encastrée une enseigne sculptée, du métier des maréchaux ferrants. On y voit un grand S, auquel sont suspendus, par une chaîne, un grand et un petit fer à cheval. Dans le corps de la grande lettre sont taillées les lettres, )) |) u ce qui veut dire : S(medeii), Y{^er) H{oudt) W[asl). Plus bas, la date 1453. Quel est le sens de cette fantaisie ? La Bourse de commerce se tenait devant cette maison, depuis un temps immémorial, et jusqu'en i665. Le nom de la famille, disions-nous, se rencontre dès 1257. Elle a fourni des Magistrats importants a la Ville. No'ons un détail typique. Au compte de la Ville de 1435-36 ^ nous trouvons que .lacques van der Buerse avait été envoyé en mission à Anvers. Pendant son absence, pour honorer la femme de son ambassadeur, le Magistrat lui offrit chez elle, un banquet, auquel il assista. — La maison était occupé par une pharmacie, vers 1539-42. Charles Ryelandt, maire de Bruges, au temps de la Révolution française, qui appartenait à une famille établie à Bruges dès le XI1I« siècle, et qui était pharmacien, habitait la partie attenante à l'est, au bâtiment principal, E. 37. — La Log-e des Florentins, qui était une construction grandiose (voir Marc Gheeraerts), flanquée dt quatre tourelles, se trouvait au coin opposé. Voir ce que nous en avons dit à la p. 346. La Loge des Florentins fut vendue en 1637. La construction a été gâtée à la fin du XVIe siècle, puis en i658, au XVIIl' siècle, et enfin, en 1907.
A la suite de la révolte de Liège, Charles le téméraire confisqua, en 1467, les privilèges de cette Ville et le^e/vo/j qui en était le symbole ^. Ce perron en cuivre fut amené à Bruges, au mois de décembre et placé, au commencement de l'année 1468 sur un piédestal en pierre d'Ecaussines, orné de lions ■* au milieu de la place de la Bourse. Après la mort de Charles, grâce à Marie de Bourgogne, le perron fut rendu au.\ Liégeois, au mois de juin 1478 ^
4. Rue Flamande (suite). — Cette section de la rue des Flamands, dite Corte Viainincslrate,a[i \\V<^ siècle, nous rappelle le séjour de Louis Vives, l'ami de Thomas Morus, qui I habita ° ; et le souvenir du peintre Adrien Ysenbrant, qui y demeurait, E. 67. — Maison. F. 58, 1899. — Eglise des Jésuites, par L. Pavot, 1879-83 ; flèche de la tour, 1903. — E. 55, magnifique façade en pierre, vers i5io, dont le rez-de-chaussée oHre un excellent modèle pour la conception de vitrines. — Grout Vlaenderen, façade de 1716. Contre le pont, F. 76, maison habitée en i5i4 par Herman van Oudvelde, doyen, des 01 lèvres, qui fut autorisé, le 18 juillet de celte année, à construire la petite tribune suspendue, éclairée de trois côtés, pour y établir sa table de travail '. Ce bijou
I. Voir pl.is loin, y,,^ de lOnlie. ^ 2. AA, c, 1435 3o, fol. 59 V. ^ 3. .Senlenfe du 18 iiov. 1407, Gachard, Ctllect. de diiciim. inédils.... Il (i»J4) p. 4.17. ^4. I, v. 556-? ; prav. AE, vl. 2S4 ^5, Voir Aon. de Vbierv liusco (contemporain) ap. Mar- TtNB et IJURAND, Atlipl. Cû/l.,lv. 1067.^6. V, vlll. 3oû, OÙ il yaeireiirde tia.liiction du nom de la rue, dans la note 3 ».r E. Kemiiry, Bekende Pastors vaii St Gillis, 714. ^ 7. F, n. 307-8,
arcliiiectural fut lesiaiiré .uix fiais de la Ville en 1877. — Rue Fourbus, nom donné en 1900, sans rime ni raison, à la rue connue en 1496 sous le nom de Peerdestraetkin et, au XVIi^, sous celui de K<>eistt\'rlstract, d'après l'ensciyne d'une Hôtellerie qui s'y trouvait alors. — Nous avons ici deux façades lypiques — hélas, si négligées, par leur propriétaire. Celle marquée R. 5 fut bàiie vers i53o. E. 7, porte le millésime i53o, grav. p. 36o. Voir ce que nous en avons dit p. 302. — Pont des Flamands, Vlamingbi ucghe ;i3o3), pont de la porte flamande, voir ci-dessus, p. 5 18, reconstruit en pierre en i33i par Jean Peiyt, Jean et Arnold van Huutkerke, ensemble avec le pont de Wulfliaghe et les quais entre ces deux ponts ' : remarquez les banquettes et l'alternance de claveaux blancs et bleus, aux arcs. — Vers l'ouest, nous voyons un des bastions de fortification de la première enceinte de la ville '. Au XV' siècle un homme de goiit l'avait converti en kiosque surmonté d'un campanile. Voir la carte de Marc Gheeraerts. La vaste habitation avec jardin, E. 3i, rue Pourbus, — aujourd'hui l'Hôtel de M. le Comte Visart de Bocarmé, Bourgmestre de la Ville, qui en fit restaurer 1899 ^ une façade ancienne remontant aux environs de i53o — était, en 1570, la piopriéié et l'habitation de don Francisque de Puebla. dont la fille et unique héritière épousa Clément de Castiile, seigneur de Moeikeike. Celui-ci fit acquisition, en i588, de la maison attenante à l'est, dans la rue Pouibus. Vers 1618, le kiosque fut approprié en oratoire par Marie de Puebla, restée veuve sans enfants. Elle venait de faire donation aux Pères de la Compagnie de Jésus, qu'elle avait accueillis chez elle, lors de leur arrivée en ville, de toute sa propriété urbaine, se réservant l'usage de la mai.son E 5. Celle-ci fut vendue avec la maison attenante, en 1654. t.a partie basse seule du kiosque tut conservée 4. — Rue St- Georges. La rue depuis le pont des Flamands jusqu'au rempart, fut désignée jusqu'au XIX« siècle, sous le nom de Vlamiiigdam, parce qu'elle aboutissait à ce travail d'art hydraulique. Avant l'agrandissement de la ville (1297), on l'appelait Buten Vlaluincpoorle, nom qui se conserva au XI V« siècle. Les Gildes fameuses de St Georges ont donné leur nom à la rue, vers l'époque où leur gloire allait sombrer. — A gauche s'entassent les souvenirs artistiques. La maison du coin, quai des Auguslins, fut habitée par Antoine Claeissins ; une des premières, à droite, dans la rue Jean Marael, par Pierre Pourbus ; puis, viennent trois maisons rue St-Georges, (E. 2-6) qu'habita Gérard David ; entre les numéros E. i 2 et 26, nous avons : Guillaume Vrelant, le miniaturiste ; les maisons de Memlinc, avec sortie dans la rue Jean Marael (partie de E. 20) ; plus loin la maison qu'habita Lancelot Blondeel. — Au détour du Pottevijutje, rue latérale à droite, à la maison du coin se trouve un souvenir de la cessation du fléau de la peste =. Le tableau en porcelaine émaillée est de 1900. L'ancien tableau de 1811, restauré en 1866, mais très-délabré déjà, avec le chronogramme FLaGELLVM PESTIs DeVs A'Vfereb.AT, se trouve au Musée Archéologique. Voir la grav. p. 224. — Sinl-Vincents orphanage, fondé en 1854, par cet excellent Arthur Robinson, qui mit sa fortune et toute sa vie à la disposition des orphelins anglais, qu'il recueillait chez lui, et mourut, en réputation de sainteté, le 3o juillet 1893. — E. 33, Jonc Hof, Cour des jeunes Arbalétriers de St Georges. Façade méridionale (1541), septentrionale (1903), grav. p. 343. Voir aussi la gravure de Sanderus. Le « Jeune Serment » des Arbalétriers de St George figure déjà dans les documents, en i3g7. Détaché alors du Vieux serment, il se fixa dans 1' Hof van Ternant, où il resta jusqu'à ce qu'il reintégra le Vieux serment, en 1768. Un décret impérial de cette année °, érigea une fabrique de filets
de pêclie. uettebi eieiie, dans l'ancien local ', qui éiait encore connu sous le nom de Netliinis, il y a quelques années. — Au Nord du Jane Itof. avant d'anivei- à la rue du Chaufour. se liouvair, avant iByi. le local des Hallebardiers ou escrimeurs; d'où le nom de Rachtcn schei met s qu'on trouve alors et pendant le XVI<= siècle. Celte Gilde était encore florissante vers la tin du XVII^ siècle 2. — La rue actuelle des Arbalétriers s'appelait i\onc Bachieit sclio mers, ou encore Jaii Nuj-tsstraet/iiii (XV<= siècle), dans sa pailie méridionale, allant vers sHeer Bouiiistract, au nord des Carmes déchaussés. Mais sa partie septenti ionaje s'appelait achter schotters galeye, et elle passait sous les buts des arbaléiiiers de St Georges, du vieux seiment. 'Voir MO. Toute la rue toutefois s'appelait déjà Calcliovcn, au XVI<^ siècle. Dans cette rue, nous trouvons au côté occidental, l'ancien Ciilcliofen, qui était en iSyg, 1 ECOLE L.M'INE, appartenant, avec d'autres propriétés rapprochées, à Maitre Jacques Ciuucke. Lire à la p. 2g3 et 427. L'Ecole latine, encore comme sous ce nom, était habitée à la fin du XVIII>= siècle, par l'Abbé Louis Donciie. C'est dans cette maison qu'il cacha le St Sang, du 8 novembre 1797 jusqu'au 9 mai 1812 ^ Voir ci-dessus. Rue Noid du Sablon p. 5 12. Une plaque commémorative, placée en 1892, rappelle ce souvenir. En i833. l'Ecole latine était devenue une distillerie. — Les ThÉRÉSIENNES 4 s'étaient établies à Bruges, dans la maison de Beur^^e, place de la Bourse (1626-27), puis ^^ Vieu.x Sac, dans l'immeuble de Pedro de Vaiencia (1627-32). à la maison de Fiennes, rue des Aiguilles (i632-68). Elles achetèrent une propriété, rue des Baudets, en 1667, y bâtirent leur couvent dont elles prirent possession, en août 1668. L'église fut bâtie en 1684. Elles furent supprimées par le décret de Joseph IL du 17 mars 1781. Leur couvent fut occupé par les Apostolines, et, après le délogement de CïUes-ci, servit d'Hôpital militaire, de caserne etc. Leur église fut affectée au culte anglican, vers 1817. Elles se reconstituèrent à Toihout. en i8i5, prennent possession d'une mai.son. à Ter Balie, à Bruges (1816], vont au Val des Roses ii8]g\ En mars 1824 elles habitaient la maison de Watervliet, rue de la Main d'Or ; mais ayant acheté l'Ecole latine, le (j mars i833, elles s'y fixèrent immédiatement. Leur chapelle (1877) ne manque pas d'aspect, surtout depuis qu'on y a placé un maître autel, par M. Stolzenberg d'Amsterdam (1879) et que M. Ghislain Janssens l'a décorée ,1904). Elles possèdent un bel ostensoir espagnol donné en i582 à Ste Thérèse par don Manso, chanoine de Burgos 5. — Rue St- Georges (suite). Ecole 7wimale, magmf[(\iis construction en style brugeois gothique du XVN siècle, par Louis Delacenserie, 1880- 1883, sur l'emplacement de l'hôtel de l'ancienne Gilde des arbalétriers des SS. Georges et Denis, Oiid Hof, dont l'existence en 1 32 1 est certaine, et qui fut réorganisée en 1400". L'escalier voûté, bâti entre i5io et i5i3 et qui est très remarquable comme construction, a été conservé jusqu' ici et devrait être incorporé aux constructions nouvelles. Espérons que la Commission royale des Monuments ne laissera pas commettre l'acte de vandalisme de le déiiuire. La société de St Georges a été dissoute vers 1870. Le registre des confrères porte les signatures de Jean sans peur, Charles le téméraire, Maximilien, Philippe le beau, Charles II, roi d'Angleterre, etc. Le roi d'Angleterre Charles II, assista ici au tir solennel à l'oiseau, en i656, et décora lui-même le gagnant, Pierre de Pruyssenaere, de l'oiseau d'or. On en dressa acte 7. La démolition des vieux bâtiments a été commencée le 12 mars 1879. L'Ecole normale primaire pour garçons y fut installée aux Pâques 1884 et celle ci étant fondue avec celle de Gand, par arrêté royal du 10 septembre 1888, les écoles nor-
I. Voir ci-dessus, p. 299. jfes. RDH, i. Jj?. *3. RIiH, m. 203. 23o ; vli..h2. ^4. Voir le dian. llas.-iiREVEr., Etablislement et dêbnts des Cannes déchaussés à liiugos (Soc d'Emul., Mélau^es, lu). S 41. ^ .s, Sou liistone. dans KDH, ix, 81. A 6. Plus haut. p. i37- * -• RDH, 11. 164; K. 1873, 52-56.
maies pour filles de Gaiid et Je Bruges, réunies également, furent installées ici par arrêté du même jour. — Un peu plus loin dans la rue, du même côté, au sud du couvent des Carmélites de Sion, se trouvait, dès i55o, le local de la Confrérie de Ste Baibe, dite de Busse. Les Couleuvriniers, busseschieters ou Colvenieis, formaient la Gilde des arquebusiers de la Ville. On possède la liste des membres de 1517 a 1713. Le Roi d'Angleterre Charles II visita aussi leur local, en i656. Un tableau peint par Jean van Meunixhove, en 1671, représente le roi d'Angleterre dans le jardin de la Cour Ste- Barbe, suspendant l'oiseau d'or au cou du Duc d'York, son frère, plus tard roi sous le nom de Jacques II, en présence du duc de Gloucester et des autres confrères. Un tableau du même peintre reproduit le banquet offert aloi s au roi et à ses deux frères, dans la salle qui ne fut bâtie qu'après 1662. — Couvent des Carmélites de Sion, fondé en 1488, l'un des plus renommés de la ville de Bruges, dont il ne reste plus rien. Voir la carte de Marc Gheeraerts. Ce couvent échappa au.\ Gueux, avec les nombreux objets d'art qu'il renfermait, grâce à l'intervention de Jacques de Chantiaines, dit Broucqsaulx, frère de la prieure d'alors. Ce couvent était un vrai centie d'art '. A l'époque de la suppiession par Joseph II, en 1783, le mobilier fut dispei se. Depuis lors, le bâtiment a servi à toutes choses, entre autres d'hôpital mililiiiie, jusqu'à ce que Sir John Sutton l'acquit en 1868, ensemble avec la Cour des Couleuvriniei s, pour y établir un Séminaire Anglais. Une partie des bâtiments a été restaurée par ce noble anglais ; mais, après la mort de celui ci, en 1873, les travaux furent suspendus. Toute la propriété fut vendue le f avril 1886 et le i3 juillet i88g. Tout fut abattu, même la belle église des Carmélites de Sion, bâtie i49)-qq, et partiellement restaurée par le Baron Bethuned'Ydewalle, en i8go; et le terrain vendu en lots. On y a construit quelques maisons à bonnes façades. — Revenons par le côté Ouest de la rue. Vis-à-vis des Carmélites de Sion, se trouvait un petit manoir (MGj. C'est l'Hôtel de la Motte, dit ter Walle. Les Frères Xavériens s'établirent ici en 1841 '. Ils vendirent la propriété aux Dominicaines, en 1861 ^. Ces Dominicaines y construisirent le couvent qu'elles appelèrent ENGELENDALE, en souvenir des anciennes Jacobines brugeoises ■•, et y entrèrent le 29 avril 1867. Elles possèdent deux belles .statues de la Sie Vierge, dont nous avons donné la gravure aux pages 283 et 285. — Comprise entre la rue St Georges et la rue Ste Claire, au sud de la rue de la Chapelle (élargie) se trouvait la vaste propriété des Courtiers, avec leur maison corporative et leur chapelle, comprenant le Makelaars heester, auberge encore connue, rue Ste Claire. Voir MG. La chapelle fut construite vers i333% reconstruite au XV<= siècle et démolie en 1784 ^'. 11 existait là, déjà en i332, un Hospice pour prêtres pauvres, dit de N.-D. de Bethléhem '.
5. Nous reprenons au carrefour Ter Balie. Une étuve (E. 45, formant le coin sudouest des rues St Georges et du Chaufour) portait cette enseigne, au XV'= siècle *. Aurions nous ici et à la rue de la Barrière, joignant St-Gilles au couvent de Ste Claire, le souvenir de la barrière, délimitant le fief d'un seigneur Guydulf, en 12979? — Rue Ste Claire, connue sous ce nom avant i3o2. A notre droite s'ouvre la rue de l'Amiral {Jaiis Maraelstraelkin, 1327; Ser Jans Maraels strate, 1341) dont le nom commence à se corrompre dès le XVI<= siècle. Ce Jan Mirael (Meracl) était un homme fort riche qui prêtait de l'argent à la Ville, à la fin du XIII'^ siècle. L'autre rue, qui s'amorce ici, et va vers l'est, la rue des Ecrivains, est connue sous le nom de Pieter sGrisenstrate (i32i). — A notre droite, nous avons les Petites sœurs des Pauvres. Fondées à
,497. ^ 3, Voir lliistoire de ce nouvel En<;eienHale, Remrrv, Btktudc PasI. van i „ot,et.o,s,éu.e secteur ,1e la ville. * 5. P.euves. F. «n .35-6 * 0 GK.. 3.14.
Voir
plus
haut, p.
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