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en i5()5. La partie occidentale de l'église de Ste Walburge est bâtie sur le fonds de cet Hôtel. Leur propriété s'agrandit et comprit bientôt presque tout le bloc compris entre la rue de Salomon (aujourd'hui du Chandelier), la rui du Verger, celle du Cornet (ancienne Woudestraetken) et le Quai des Teinturiers. C'est là qu'ils bâtirent l'église de St François- Xavier, aujourd'hui Ste Walburge (voir plus loin) et leur Collège, dont nous avons parlé à la p. 294. Supprimés en 1772, ils virent vendre leur propriété le 12 décem bre 1777. Le 4 octobre 1840, ils revinrent à Bruges, et habitèrent rue Haute, puis au Quai des Teinturiers, A. 18, dans une partie de leur ancienne résidence ; qu'ils quittèrent en r86g, pour prendre possession de leur Résidence actuelle. Leur église, voir Rue flamande, p. 520. — Pont des Aiigustius. — Ni us voici à l'ancien rempart. Au-delà du Rempart se trouvait le manoir des sires de Ghistelles, qui le cédèrent, en 1275, aux frères de l'ordre de St Augustin. Nous avons parlé des sires de Ghistelles à la p.'^O Le vaste immeu- -I ble des sires de Ghistelles a laissé leur nom aux rues qui l'entouraient, quoiqu'ils aieni déplacé le Ghistelhof dés 1275. Voir ci-dessus, p. 514. Les parties principales du GhistelhnJ E, 1-3, ont été rebâties vers 1843. Ce quartier était très recherché autrefois par l'aristocratie du commerce. Les riches Espagnols surtout y avaient fixé leur résidence. — Notre peintre Jean Piovost habitait VOost-Ghistelhof. Voir, p. 375-6 '. — Couvent des Frères ermites de Si Augustin. — Ces religieux s'établirent dans la rue Marael, en i25o. près de la chapelle de St Martin, qui leur servit d'oratoire. En 1275, le sire Jean de Ghistelles leur donna la chapelle de St Nicolas et les propriétés attenantes ^ Un pont fut construit par les Augustins, en 1294, pour mettre leur couvent en communication avec l'ancienne ville. Ce pont était en bois. La Ville le rebâtit en pierre 1391. tel qu'il est encore, avec ses parapets garnis de banquettes, et ses claveaux en pierres de deux couleurs. Voir grav. p. 214. Ce pont fut appelé parfois Schottenbrugge, à cause de sa proximité avec la Loge des Ecossais (Schottillepoorte, XV<= s.), qui fut plus tard transférée à la Place St-Martm. — 11 reste peu de chose du couvent des Augustins et de leui- église, dédiée à St Nicolas, évêque de Myre, qui occupaient l'emplacement de la brasserie et du c( Lion d'or «. 1 .e couvent et l'église furent construits probablement vers iSig, et leur cimetière consacré, en 1327. Grav., p. 440. Dans celte église fut échangée la paix de Bretigny, conclue le 8 mai i36o, entre Edward 111, roi d'Angleterre, et Jean, roi de France. Les marchands espagnols, ceux de Gènes, de Venise, de Pise. de Lucques, de Navarre et d'Allemagne, entre autres ceux de Nuremberg, y faisaient célébrer leurs offices. Des changements considérables furent faits à cette église, en 1450. Comme elle avait besoin d'être réparée, une loterie fut organisée en 1576 ; mais les Gueux survinrent, et toutes les richesses de l'église et du couvent devinrent leur proie. C'en était fait de l'église elle-même, si Gonsalez d'Aguilera ne l'eîit réclamée pour y déposer ses marchandises. L'église, sauf le chœur, s'écroula à la suite d'un ouragan. Elle fut mise en état, tant bien que mal, en i588, et les travaux furent repris en 1617, grâces aux libéralités d'Albert et d'Isabelle. Ces travaux ne furent complètement achevés que vers i655. Nous avons parlé du Collège des Augustins, à la p. 294. L'église, le couvent et le collège, rachetés par les Religieux, en 1797, furent vendus en i8i3. Dans le cloître des Augustins se tenait, au XV= siècle, la grande foire des tapisseï ies de haute lisse. — Dans le coin, rue Est de Ghistelles, se trouve une maison avec deux pignons accolés, très intéressants, et mur gouttereau le long du canal ■'. La restauration en est confiée à M. Hubert Hoste.
opnmé XooiU-Ghistelhof. ^ 2. M. 1. 774. ^ 3. DAF, 35 et pi. xiv, A.
7. Place vau Eych. grav, p. 333, ainsi dénommée depuis 1844. On y a placé, en i835, la statue du peintre, en marbre blanc, pai .le.in- lîoliei t Calloigne (1820). qui fut enlevée en 1872, pour la soustraire à l'érosion, et qui se tiouve aujourd'iiui dans la cour de l'ancienne Ecole Bogparde, rue Sic Catherine. Statue en bronze, par Henri Pickery, inaugurée, en présence du Roi. au mois d'août 1878. Cette place s'appelait avant cela Place de l'Académie, à raison de l'Académie des beaux-arts établie à la Ponrtersloge. en 1719. I.e peuple l'appelle Patattenmarkt. On y tient encore le marché aux pommes de terre. Elle n'avait d'autre nom anciennement que Pont St Jean. La place, en effet, n'était formée que d'un pont très large sur la Reie. Voir la gravure, p. 44. Je ne trouve le nom de Nieim'jaeibi ugge que veis l'an 1,700. Les Brugeois du troisième quart du X1X« siècle ont vu s'éteindre cette foire, la joie des enfants, où l'on vendait, le jour de l'an, de ces paillasses et moulinets bien primitifs en carton, qui faisaient leur joie, et des Spekken. qu'on ne falsifiait pas encore Ce pont St Jean, ainsi nommé au compte pour 1282, était en bois. Sa construction en pierre ne date que de i38g. et l'on y plaça alors deux statues en bois de l'Evangéliste St-Jean. 11 fut reconstruit encore, en 1444-45 ; et alors furent placées, sur chacun de ses quais, deux niches en pierre d'Ecaussines (voir grav., p. 44), qui reçurent, deux ans plus tard, quatre statues en bronze. Les textes de nos comptes sont formels '. Cependant toutes les vues anciennes, que je connais, à commencer par celle de Marc Gheeraerts, ne représentent que trois niches, qui ont très bien le caractère du XV« siècle. Une tradition, que je ne puis retrouver au-delà de Custis ^ et qui est reprise par Joseph van Praet, l'éditeur de ce chroniqueur ^, dit que dans ces niches se trouvaient trois statues, enlevées à Liège, avec le Perron, en 1467. Le dernier de ces écrivains, qui les avait vues, dit que c'étaient celles de St-Iean. de St Georges et de St Lambert, et qu'elles étaient en laiton. Je ne puis concilier ces affirmations avec le texte de nos comptes ; mais je sais que les statues se trouvaient encore sur le pont, en 1765. lors de l'édition des Jaei -liiiecken de Custis ; et qu'elles avaient été enlevées, de nuit, l'on ne sait pourquoi, et fondues, quelques années avant que Joseph van Praet imprimât son .hter-Boeck àe. St Georges, qui porte le millésime 1786 4. Venaient-elles réellement de Liège? Aucun document ne vient le dire. Le Pont St-Jean fut démoli, en 1787, et une portion de la rive gauche de la Reie fut comblée alors : ce qui donna à la Place ses dimensions actuelles. — POORTERS- LOGE. Ce bâtiment fut ramené par L. Delacenserie à ses proportions anciennes et restauré avec soin (1899- igo3). Nous avons parlé de sa construction, à la p. 348. Le bâtiment et la tourelle sont probablement de 1417. Au XIVc siècle, il servait de lieu de réunion des bourgeois, sous le nom de Poorters-Loge. La société de joiite de l'Ours blanc y avait son siège. L'ours {1417), emblème de la Gilde, qui a été restauré en 1899, se trouve dans la niche au coin vis-àvis de la rue Espagnole, grav.. p. 219. Cet ours est encore notre Pasquino : on l'appelle Heertje van de Loge, et nous le saluons comme v le plus ancien bourgeois de Bruges )i. La société noble et chevalière de l'Ours blanc, Gheselscip van den bere, figure au compte delà Ville pour 1394-95. Elle tombait en décadence vers 1430. et sa dernière joute est de 1487 ^ — La ville racheta la Poorters-Loge tn 1441 42 et y fit des restaurations. Le local servit à divers usages. De i5io à 1717, une société d'escrime se réunissait à l'étage. Voii p. 437. La société de rhétorique du St- Esprit y eut son local ; voir p. 425. En i665, la Chambre do Conunerce quitta le Makelaers Heester pour tenir ses séances ici. En
I I. V ,Î20. 7,2,. ^ 2 J„f,-h,ckc;, u .M. ^ 3. J.i'rb.dey... Gil.lev.vt .. Sl-J.,ris, 6t. ^ 4. /bid., Ai. en note ^ 5.
1719, le Magistrat autorisa l'érection, dans ce local, de l'Académie de dessin et de peintiiie — voir p. Syg. — Celle-ci organisa ici son Musée, appartenant aujourd hui à la Ville et installé lue Ste Catherine. Voir p. 484. La façade principale fut allongée, en 1818, de deux tiers, démolis aujourd'hui, et la façade latérale vers le nord fut garnie, vers 1837, d'un lourde balustrade en faux gothique et de quelques statues médiocres. — L'incendie du 29 3o janvier 1755 ne fut pas très grave ; mais il valut la construction de la porte, grav., p. 349, donnant en chronogramme, la même année 1755. La maison attenante de la rue de l'Académie avait été annexée à l'Académie des beauxarts, en 1842. L'Administration Communale à cédé au Gouvernement, en 1896, l'ancienne Poortei s Loge, pour l'installaiion des Archives de l'Etat. Le transférement se fera au mois d'aoïit 1910. — Il est regrettable qu'en ramenant la Poorters Loge à son état primitif, le projet de restauration n'ait pas compris la réouverture de la partie du canal de la Grue, qui longe le bâtiment, au sud. La tourelle, restauiée en igoB, a été construite pour se mirer dans l'eau. Est-il absurde, ce jardinet dans un puits ! Au-lieu de faire une balustrade ajourée de chéneau. portant sur le trottoir, on aurait dû reconstruire les murs de quai à banquettes et à niches. Mais m'est-il permis d'avoir des idées aussi vieux-jeu?... — Au côté nord de la Place, se trouve un pignon de grandes dimensions, construit en pierre blanche, en 1477, et restauré, en 1878. Jadis le GRAND TONLIEU y était établi. Voir p. 40. Le droit des sires de Ghistelles passa par mariage dans la famille des sires de Luxembourg. Pierre de Luxembourg bâtit le local du Tonlieu tel qu'il existe encore. Le petit porche, si gracieux, qui porte ses armes et quartiers avec les insignes de la Toison d'or, a été construit après le 2 mai 1478. La date 1477, que l'architecte y a mise, est donc fautive. Le bâtiment du Grand Tonlieu s'appela 's Kovings kantoor, depuis le rachat du Tonlieu du duc de Vendôme par Charles-Quint, en 1549 ; et c'est sous ce nom qu'on le connut jusque vers 1870. Voir la grav., p. 3g. — La petite logea côté du porche est un local des pj-nders ou portefaix, construit vers 1470. Les culs-de-lampe représentent des portefaix. — Un poids public e.\istait près du Pont St-Jean, dès 1282 '. Les souterrains du Tonlieu servirent de poids public, depuis 1641. Voir p. 40. Cette destination fit donner à tout le bâtiment le nom de SiutJans Weeghtiiis, c'est-à-diie poids public dans la section St-Jean. — Le Tonlieu fut vendu, sauf le rez-de-chaussée, en 1837, et devint une habitation particulière. La Ville l'a rachetée en 1876. Les Balances publiques furent transférées au Bassin, au Beuterliuis el à l'Abattoir, en 1866. Le gîtage qui couvrait le local, fut remplacé par une voûte, en 1889 ; et l'on en fit, au rez-de-chaussée, une remise pour le matériel des pompiers, en i883. — La BIBLIOTHÈQUE DE LA VlLLE, commencée en 1798, à l'abbaye des Dunes, fut transférée à l'étage de l'Hôtel de Ville, en 1819, et au Grand Tonlieu, en i883, où elle fut ouverte, le 4 août 1884. Elle contient des milliers de volumes imprimés et 562 manuscrits. Belle collection d'incunables, entre autres une série de Colard Mansion (Bruges, 1475-84). — La maison en briques rouges, à côté du Tonlieu, 't We:[el/iiii, incorporée à cet édifice peu avant 157g, fut reconstruite par L. Delacenserie, 1878. Les autres façades attenantes ont été restaurées, en cette même année, à l'occasion de l'inauguration de la statue de Jean van Eyck. Remarquez la maison 't Zwaentje, F. 3, marquée du millésime i652 ; la façade de la boulangerie, F. 5, de witte Lelie, i632, un des derniers types du style brugeois ; F. 6, ancienne école Macquet où fut établie en i865, l'école de filles, à laquelle le nom de la Place fit donner
I. I, I. 12. V. 2i3; CE, V. 56, GE.S?, ix, a toit de la mettre a la Place St-Jean,
53o NOS PLACES ET NOS RUES; MONUMENTS ET
le sobriquet de Patatteiischool. Cette école fut transférée à la rue St Jacques, à Pâques 1867. La jolie façade F. 7, est datée 1557. Ses curieux réseaux se reproduisent sur la façade de la maison attenante, F. i-3 Cour de Gand. Même rue F. 7, l'un des deuxpignons en bois qui nous restent '. La maison F. 7, de Roode steen, grav. p. 333, qui fait le coin du qitai du Miroir et de la Cour de Gand, restaurée, 1876, date de la fin du XVI^ siècle ; mais les substructions, surtout du côté de la Cour de Gand, sont du XIII« siècle. La Ville a fait reconstruire, 1906, la façade attenante, rue Cour de Gand. au Roode Steen. Celui ci fut acquis par la Ville, et est destiné à devenir un Musée d'art industriel brugeois. — PLACE DES BiSCAYENS. Hôtel des Biscayens, voir p. 333. La reconstruction date de i838. Les caves des maisons A. i -3 renferment encore des parties très anciennes, construites avec de grosses mouffes rouges de o.32 sur o.o85 à 0.10; et ces mêmes briques se retrouvent dans les parties inférieures de la maison A. 1 : ce qui prouverait qu'il y a eu là des constructions importantes bien antérieures à l'Hôtel des Biscayens. Faisons remarquer que partout, dans cet antique centre du commerce brugeois, comme dans la rue Espagnole, aux divers Quais, de part et d'autre de la Reie, au Quai du Miroir et au Quai Spinola, nous voyons des maisons construites sur hautes caves, dont toute la partie inférieure jusqu'aux premiers seuils de fenêtres est appareillée en pierre de taille, et dont l'appareillage indique le XIV^ siècle. — Visà-vis de l'emplacement de cet hôtel on voit encore la maison « den Struys », bâtie vers i5io, restaurée en 1869. C'est dans la maison au nord de celle-ci, de Groer.e Wj-ncle, qu'habita Hubert Goltzius. Né à Wurtzbourg, le 3o octobre i526, il habita Liège, où il devint élève de Lambert Lombart, se fixa à Anvers en 1546, parcourut l'Europe et arriva à Bruges, le 14 aoiit i558. Il s'occupa en notre Ville à dessiner les médailles formant la collection de Marc Laurin, partit en voyage scientifique le 17 novembre i558 et rentra à Bruges, le 14 novembre i56o. On dit qu'il s'établit rue Neuve; mais il est de fait qu'il acheta de Groene Wyncle. C'est là qu'il éiablit l'imprimerie célèbre, où, sous les auspices de Marc Laurin, parurent tant d'ouvrages importants sur les médailles grecques et romaines. 11 faut regretter qu'il ait souillé ses presses par ses pamphlets contre le frère Corneille de Dordrecht ^ Goltzius mourut à Bruges le 24 mars 1 383, et fut enterré à St-Donatien. — Rue de l'outre, appelée Zacwynstrate et Wyn^acstrate aux registres des Sesiendeelen. Le \Vj'?i:;ac est la <( chausse » à travers laquelle on passe le vin pour le clarifier. — Maison A. 2, de Croone. vers i5oo. La charpente des combles date de l'époque de la construction. Au coin, un statuette ancienne de la Vierge.
— PLACE ST-JEAN, ainsi appelée de l'église de St-Jean- Baptiste — voir grav. p. 53 et MG, — qui s'y trouvait déjà au X11I« siècle. Cette église ^ qui dépendait du chapitre de St-Donatien, et qui peut lui avoir servi de baptistère, n'est pas mentionnée en 1 127. Mais la partie inférieure de la tour (MG) paraît romane. Elle fut pour ainsi dire reconstruite en 1430-34, et était un centre vers lequel convergeaient les pèlerins. La tour s'écroula en 1611. L'église fut démolie alors et remplacée par une chapelle, construite en 1612, qui fut démolie vers la fin de l'année 1786. La nation Anglaise, avant son départ de la Place St-Jean, y fit ses offices. La chapelle fut mise à la disposition des Protestants en 1578. Mais les Jésuites, qui l'avaient utilisée depuis 1374, y 'entrèrent de 1584 à 1396.
— La pompe, qui a remplacé, vers 1786, le puits primitif, a été restaurée en 1877. — Maison de Lèche, voir p. 357 et MG. C'est une ancienne maison consulaire des Anglais, qui
ition des farades en bois. ^ 2. AE, mvil, 2R7. 289. Hi ^ 3.RI)H, iiv. 2J3-43, j.inv-fév. 1894 ; , où il est question des lombes peintes y découvertes à cette époque.
TRÉSORS ARTISTIQUES; SITES ET SOUVENIRS. 53i
la vendirent aux Jésuites, en 1574. L'Institution, puis Collège St-Louis y fuient établis de 1842 jusqu'aux Pâques 1861. Acquis par le B" de 't Serclaes, l'immeuble fut reconstruit par lui, en 1862. On voit son blason au-dessus de la porte et ses initiales partout. Voir grav. p. 487. Les Dames de St- André y furent installées depuis le mois de novembre 1870. Le B" Bethune dirigea la construction de leur chapelle (1872). Les nouveaux bâtiments dans la lue des Armuriers furent constiuits par M. Joseph Coucke (1883-84), et sont d'un bon style du XVI1« siècle. Les Dames d'Hemelsdale remplacèrent les Dames de St- André, à Pâques 1878. Voir p. 524. Elles apportèrent ici le tabernacle de leur ancienne église, qui est de 1716. — F.nlre la Place de la Grue et celle de St-Jean, au côté méridional, se trouvait, au XIV*-' siècle, l'F^ere/z Weeghuits, ou Poids d'Espagne, qui fut transféré au XVI<; siècle, à la rue Espagnole. — Rue St-Jean. Remarquez les pignons A. 8 et suiiout A. 10, vers 1620, où l'on trouve un détail spécial, signalé plus haut, p. 362. — La maison à porte cochère, A. 14, se trouve sur l'ancien emplacement du consulat des Turcs. — Les Portugais avaient leur consulat au coin nord-est de la rue, partie de .\. i5, appelée en 1579 Oiidt Inghelant, mais auparavant de Ruo Schilt. Les murs de la maison A. 1 5 ont été décrépis en 1908. On a pu constater alors que toute celte façade a appartenu à un bâtiment, remontant peut-être au XIV^ siècle ou même au XI 11^ siècle.
8. Spcghclreie ou Quai du Miroir est le nom donné au XVI^ siècle aux deux côtés de la Reie. Le marquis de Spinola, qui enleva Ostende à Maurice de Nassau, en 1604, après un siège de trois ans, ayant habité une des grandes maisons entre la Place van Eyck et la rue Anglaise, son nom passa à tout ce côté du Quai du Miroir. — L'autre côté, rive septentrionale, a conservé le nom. Il y a de ce côté plusieurs façades anciennes, assez intéi essanles. Signalons F. 6; puis, de Witle Muenijnck, E. 11, façade construite par M. Hubert Hoste (1906); F. i3, dont la partie inférieure date de i565, restaurée en 1870. — Ecole moyenne des filles, F. i5, depuis novembre 1881. Cette propriété est connue sous le nom rffH z/;^e/ic/R';j i/ee^e/, avant 1 386, et en 1447 Le comptoir des Anglais fut tenu de 1487 à i558, à Calais. En 1559, les Anglais rebâtirent ici leur Consulat de Bruges ; mais il passa au Seigneur de Moerkerke et fut appelé Hôtel de Moerkerke et Hôtel de Richebourg. Il est donné en bail, en novembre 1674, à l'étaple des laines anglaises. Les Jésuites anglais ', qui avaient depuis i5g3 un Collège à S!-Omer, furent obligés de quitter la F'rance, et vinrent fixer leurs cours inférieurs dans l'ancienne maison consulaire des Anglais, en 1763. Henri Pulincx reconstruisit la maison, telle que nous l'avons encore, en 1768. Ils avaient la section supérieure dans la maison des Sept tours, rue Haute. Ils avaient l'intention de réunir tous leurs cours au Marché du Vendredi, voir p. 460, quand, en 1772, la suppression de la Compagnie est survenue. Le Gouvernement imposa alors comme professeurs les Dominicains anglais, de Bornhem, qui continuèrent les cours pendant peu de temps ; mais les parents retirèrent leurs enfants. Les bâtiments abritèrent l'école des orphelines, dite de Ste Elisabeth, de 1781 à 1802. L'Etablissement pour sourds-muets de M. le chan. Carton y fut ouvert en i836. Les aveugles y furent reçus, dès l'année suivante. Cette école fut transférée rue Snaggaerts en 1870. Les Hospices Civils y installèrent alors leurs bureaux (1870-82) et l'école ellemême fut occupée de nouveau par l'orphelinat des filles jusqu'en 1884. — F", 17, façades restaurées et ornées par L. Delacenserie, 1899 ; F. 24, belle façade en pierre bleue, "t ^j^ar/e /eeM^/H (1579) construite par les Carmes vers 1495, restaurée, 1875-83. —
Nous avons parlé, à la p. 244, d'une intéressante fête de tir, organisée en i535, entre le pont St-Jean et celui du Roi. Ce pont du Roi i^ro opère potitis régis, 1288) fut bâti en pierre en i332-33. Tel encore nous le montre MG. Il ne prend pas son nom de la rue qui y mène ; car celle-ci ne fut nommée rue des Rois que très tard. — Cour de Gaiid. On s'est livré à des considérations assez saugrenues pour e.vpliquer ce nom '. qui dans sa forme actuelle, remonte au Xlll« siècle. Aussi, la maison marquée F. 23. était déjà connue sous le nom de Genthof, en 1299, et portait encore ce nom en 1 579. C'était une construction à tourelle, en i562. Remarquez la maison à tourelle F. 11, (F. 9 de la Place Memlinc) reconstruite partiellement en iSay. Voir MG.
9. Place Memlinc, nom donné à cette place, en 1871, à raison de l'inauguration, le 3 septembre, de la Statue en marble blanc de Hans Memlinc (Henri Pickery). Elle s'appelait Oosterlynghenplaetse depuis 1458, quand on abattit pour la faire, les maisons de François Doom, dont les fondations furent retrouvées en mai 1871, alors qu'on fit l'excavation pour le piédestal de la statue. Elle s'appelait aussi Coolplaetse, en i362, même jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, à raison du marché au charbon de bois qu'on y tenait, à cette époque. Nous la connaissons encore sous le nom de Marché du Mercredi, parce qu'elle est encore le centre du marché, qui se tenait, à ce jour, dans tout ce quartier, bien avant 1604, où l'on donna ordre au canllonneur de jouer, à son occasion, de dix à onze heures. — SŒURS NOIRES, dites de Béthel. Cette communauté, fondée en i36i, dissoute en 1792 ^, se reconstitua et se fi.xa ici au commencement du XIX" siècle. La façade date de i56i ; elle a été restaurée en 1871 ; mais le pignon oriental, reconstruit alors, est troptrapu. Il manque au moins une assise à chaque gradin. — Objets d'art. Chandelier en cuivre, partiellement doré et argenté, XI I« siècle, très intéressant. — Deux volets de retable : l'Eglise et la Synagogue ; sur les revers, l'Annonciation. Deux autres volets sans doute du même retable, avec huit épisodes de la légende de Ste Ursule. Les revers de ceux-ci sont ornés de grisailles représentant les évangélistes et les quatre docteurs latins. — Ces panneaux sont extrêmement intéressants. L'attribution à Memlinc ou à Thierry Bouts n'est pas soutenable. Ils sont l'œuvre d'un maître Brugeois, qui travaillait vers 1465, et les revers en grisaille sont très apparentés avec les volets de bibliothèque (1480) de l'Abbaye des Dunes, que nous verrons au Séminaire diocésain. On désigne provisoirement l'auteur de ces peintures par le maître Brugeois de la légende de Ste Ursule. Notez que Memlinc n'a rien emprunté à ces panneaux. — S. Jérôme méditant, genre Quinten Metsys. — Tableau de l'autel : le Christ en croix, Jacques van Oost, le vieux. — Panneau de diptyque : St Nicolas de Tolentin ; sur le revers, Roger de Jonghe, de l'ordre des Ermites de St Augustin, prieur du couvent de Bruges, confesseur des Sœurs Noires, Jécédé en 1579. — Autre panneau représentant le même religieux, sur son lit de parade. — Hôtel des Orientaux, Maison de la nation teutonique, Oosterlinghen liuus. Voir ci-dessus. Hanse teutonique, p. 46. Les Oosterlinghen ou cooplieden van den roomscken rike vaii der duutscher tonglie (1359), sont cités comme établis à Bruges, dès le XIII« siècle. Ils avaient de nombreuses maisons, dans le centre de la ville, au XIV^ siècle. La Ville payait un bail, en 1438, pour une maison au Cromme Ghentliof, qu'elle avait mise à leur disposition. En 1438, la Ville leur céda des terrains étendus, et le célèbre Jean van de Poêle construisit le magnifique Hôtel, dont nous donnons la gravure, à la p. 46. Mais dès i533, les Osterlings s'établirent à Anvers. Leur Hôtel de Bruges, oi!i ils avaient un concierge, fut négligé,