I. IJ. -Uo. ^ 2. Voir plus haul, rue neuve de Garjd, p. 5oo
hypothèque et enfin vendu en 1769. — Cromme Ghenihqf, ainsi déjà nommé en l'iqS, désigné avant cela par le nom de la maison de Jean fils de Gabriel (1291. 1294). — Pont de la Tour. Voilà le nom très moderne du pont de St-Gilles, appelé 5/- G?7//5frr!/cg/ie à paitir du XIV<= siècle. Il fut reconstruit en pierre par Jean van Oudenaerde, en 1390. Il a été exhaussé" en i64i.Onya placé, en 1904, un candélabre pour gaz, avec plaque indicatrice, qui est assez réussi. — Rue de la main d'Or. Elle s'appelait déjà Sint Gillis nieustraei tn 1 398 ; mais au commencement du XI V^ siècle, on trouve in novo rico bachten torre, et thon estrate figure encore en 1403. Elle a emprunté le nom de rue de la Main d'Or, qu'elle portait au XVI II« siècle, à l'enseigne d'une maison. Au bout de cette rue, au côté nord-Ouest, se trouvait l'Hôtel de Watervliet, qui avait succédé, au XV« siècle, à la maison consulaire des Autrichiens, et que Marc Laurin transféra, au XVI'= siècle, au Vieu.x Bourg. Au côté sud de la rue, à l'ouest de E. 6, se trouvait une maison que Jean van Eyck acheta en 1432 '. Il est vrai qu'aucun document n'affirme que le célèbre peintre ait liabité celte maison ; mais il n'y a aucun argument formel pour dire qu'il n'a pas habité la seule maison qu'il possédait à Bruges. L'on objecte qu'il fut enterré à St-Donatien et non à StGilles. Mais comme varlet du Duc, il était paroissien de St-Donatien. Je crois, jusqu'à preuve du contraire, qu'il habita cette maison, depufs l'année 1432 jusqu'à sa mort (9 juillet 1441). Un enfant lui naquit, en 1434. et Philippe le bon accepta d'en être le parrain. Le Magistrat de Bruges visita son atelier, en 1432. — Le pont contre la Reie, au-dessus du vieu.x rempart, permettant la communication de la Cour de Gand avec la rive gauche de la Reie, s'est appelé pont de Jean Gabriëls (1291), plus tar A poni àtXdi iom {de brucghe daer Jan van den Thorre besiden ifoont, i33i). Cette famille van Aen Torre a sans doute pris son nom à la tour delà maison qu'elle occupait, au coin de la Reie, marquée E. 2 (voir MG), reconstiuite en 1904. Ce pont qui était en pierre, a été remplacé par un pont tournant, en 1854-55. Nous sommes ici au quartier deSt-Gilles, qui est cette terre de Praet et le hameau du wijlc, le long de la Reie, dont nous avons parlé au.\ pp. 92 et 278. St- Gilles a été désigné sous le nom de Bachten )fijc, bien avant dans le XIV« siècle. Ce nom Rétro wic était celui d'une terre que Philippe de Ram tenait en fief de Baudouin de Praet. et dont il donna une partie, en 1240, pour la fondation de St-Gilles ». Ce quartier annexé à la ville par la construction de la grande enceinte, à la fin du XI 1 1« siècle, est très bas ; ce qui l'a fait appeler encore au XVIII« siècle, St-Gillis waterland. Voir p. 23 24. II contenait prifnitivement de vraies wastines, des prés et des terrains vagues, dont le Freren Acker, et les Esselcttes, qu'on y trouve au XIV'^ siècle K La population afHuant, on parla de St-Gillis dorp (i3o2). Mais les Raeiiistraten que nous avons ici, empruntent-elles leur nom à ces esselettes? Ces noms ne dériveraient-ils pas du vicus Henrici Rams, mentionné en 1288 ? Puisque nous y sommes, rectifions un nom : celui de Rue Colard Moise, où l'on a fondu ensemble l'ancien nom Bollaertstraetkin avec l'enseigne den Moyses {XVI« siècle), qui touchait aux jardins de l'Hôtel de St-Pol, le Mont-de-piété actuel. — ST-GILLES, grav. p. 3i2. Origines, voir p. 278. On trouve Sygerus et Johannes, aç^e.\és presbyter sti Egidii Brugis, le premier en 1268, l'autre en 1285 *. Construction, pp. 322. 335. Les dallages du chœur et des chapelles avaient été exhaussés en 1671, et celui de la nef, en 1680. — La restauration de cette église, de construction fort irrégulière, comme on le comprend, s'est faite d'une manière très intelligente, sous la direction d'Auguste van Assche. A ce point de vue seul, l'église de St Gilles mériterait déjà
r p, 370. ^ 2. 11, m. 588. ^ 3. Voir p. 3o. ^ 4. Carliil. Diineii., 608. 640,
une visite de l'amateur. Le dallage a été rétabli à son ancien niveau, en 1872. La voûte du chœur, plafonnée vers i8ig, a été rétablie en bardeaux, en 1879. — Tableaux : Ecce homo et Muter dulorosa en buste, deux petits panneaux achetés, en 161 3, à la veuve d'Antoine Claeissins, pour 6 livres de gros : ils paraissent être de l'école de Jean Provost. Ils se trouvent dans la chantrerie Torremans. — l,a Cène, i5q3, Antoine Claeissins. — Ste Trinité, .lacques van Oost, le vieux, restauré par Jean-Antoine Garemyn. — Chapelle absidale sud. Sur l'autel : très beau polyptyque de Pierre Pourbus, 1564, signé : scènes de l'enfance de Jésus, donateur, donatrice et patrons. — Six tableaux relatifs à l'institution de 1 Ordre de la Trinité et au rachat des esclaves, dont trois de Jean- Antoine Garemyn, 1777-83, grav. p. i83. — Sacristie. Reliquaire de St Gilles, en forme de bras, iSgS. Dans celte église et dans son cimetière furent enterrés les peintres Hans Meinlinc, Jean Provost et Lancelot Blondeel, ainsi que la veuve de celui-ci et leur fille, veuve de Pierre Pourbus. 11 paraît probable que Pierre Pourbus, y fut également enterré.
10. dUAI DE [.A Poterie, grav. p. 256. — Lire, pp. 11.42-43. — Pont des Carmes. Ce nom s'introduit, dès 1282, pour désigner le pont connu sous le nom de Raimond Blancard, en 1265, 1270. Ce pont fut construit en pierre, i332-35. On y fit un pont tournant, en i855, et alors on supprima la communication, sous la rue, des caves-magasins de la maison F. 28, avec la Reie. Depuis les temps les plus reculés, on tenait un marché au lait, près de ce pont. — Couvent des Carmes chaussés, dits Frères de N.-D., construit dans le faubourg, en la paroisse de Ste Croix, en i265 '. Voir p.32i. Il fut pillé par les Gueux et l'église fut vendue pour démolition, en i58i. Le Couvent fut reconstruit en 1606-9, et l'église, en deux fois, soit en 1608 9 et complétée en 1644-52, année de sa consécration ^. Les Français vendirent le couvent et il fut démoli, en 1797. On en fît une Brasserie, de Brandhaek. Le terrain servit, en grande partie, à y installer le Séminaire Anglais (voir p. 291), puis l'Institution St-Léon, en 1890 (voir p. 295). Ce couvent a joui d'une grande réputation. Adrien Aernout, l'un des pères, qui y fit sa profession, en 1483, devint Evèque de Rose et auxiliaire de Cambrai (i5i7-36). St Simon Stock vint à Bruges, probablement l'année avant sa mort, en 1264, dans le but, sans doute, de contribuer à l'érection du couvent. En 1297, St Albert, alors provincial de Sicile, y assista au Chapitre général de l'Ordre. Le B'' Jean Sorelh, Général de l'Ordre, le visita, en 1453 et en 1468. Plusieurs chartes, conservées au Couvent des Carmes déchaussés, ont été signées de sa main, pendant ce double séjour. Le Roi d'Angleterre Charles II y assista au Chapitre provincial de l'Ordre, en i656, et à la défense de thèses sur l'Unité et la Trinité de Dieu. Rappelons encore ce que nous avons dit plus haut, p. 425, de la Chambre de Rhétorique du St Esprit. — Remarquez, rue des Carmes F. II, 1673, avec des œils de bœuf ; et A. 36, de drie ^aiaentkens, i632, avec basreliefs et tympans à écailles. — Derrière les Carmes, ac/j^er iCarweri c/joor (1579), rue Elisabeth Zorghe, ainsi dénommée du nom de la fondatrice (i632) de maisons-Dieu, auxquelles trois nouvelles furent ajoutées en 1897. — Ryke pyndersstraet, voir p. 175. Chapelle de St Erasme, de la corporation des scieurs (1420-1580). — Speelmansstraat, voir p. 415. Cette rue est doublée en longueur, vers le nord. La partie derrière Spermalie s'appelait Stuivenberg. Là se trouvait la chapelle dite Hemelrj-cke (voir MG), à l'angle nord-est \ — Couvent des Chanoinesses de St-Augustin, dites DAMES ANGLAISES; affiliation détachée, 1629, de la maison que les chanoinesses expulsées d'Angleterre,
, MG. ^ 1. Grav. GRP, 53. ^ i. RDH, v. 386. «6a.
avaient érigée à Louvain, au temps de la persécution. La propriété qu'elles occupent avait été donnée par testament aux Jésuites anglais, par Mary Louell, et lut rétrocédée aux chanoinesses, le i8 septembre 1629 '. Le couvent a conservé le nom de Nazareth, ancien hospice poui- voyageurs indigents, à ce que l'on dit, transféré d'ici au Marché au fil, où on le trouve déjà en i334. — Eglise, lySôSg, d'après les plans de Henri Pulincx. Le maître-autel est en marbres rares et antiques de la Perse, de l'Egypte et de la Giéce; il fut exécuté à Rome; on l'a complété vers 1880. L'autel latéral est également remarquable pour le choix des matériaux. La décoration de la chapelle date de 1872 ; elle est conçue dans le goiàt... parisien. Une supérieure, enterrée à Ste- Croix, au cours du XIX« siècle, était de la parenté du bienheureux Thomas Morus. On conserve dans le couvent quelques tableaux de valeur, ainsi que le chapelet de Catherine de Bragance, deuxième femme de Ciiarles II, roi d'Angleterre, décédée en 1705. — Attenant à cet établissement, au côté oriental, et séparé seulement du rempart par un jardin, se trouvait le couvent de Béthanie, qui acceptait des pénitentes. Il est connu sous le nom de Ste Marie Madelaine et de Maegdendal, et les religieuses suivaient la règle de St Augustin. La fondation est de 1439 ^ ; la suppression fut décrétée par Joseph II, en 1782. — Du côté méridional de la rue, en face du Couvent Anglais actuel, se trouvait le Couvent des Pénitentes d'Aardenburg, dites Maegdelijke Penitenten, du tiers ordre de St François. Elles durent quitter Aardenburg, quand cette ville fut prise par les Réformés ; et vinrent à Bruges, où elles vécurent dispersées. Elle purent acheter, le 27 mars 1614, l'ancien Refuge de l'Abbaye de St Nicolas, rue des Carmes, bâtiment à tourelle (MG). Leur église fut consacrée le 20 août 1628-'. Elles avaient obtenu de résider à Bruges, par lettre des Archiducs, en date du 18 mars 1609. Le 8 juin 1784, leur couvent devant être supprimé le i5, on transféra à St-Donatien, les ossements de Servais de Quinquere, évêque de Bruges, qui avait été leur confesseur, et qui était enterré dans leur église 4. — Au bout de la rue, CONFRÉRIE DE ST SÉBASTIEN, de Ghildebroedeis myns heeren Siiite Sebastiaen, Schottershof vati den Handboglie. Il n'est pas certain, avons-nous dit 5, que la Gilde ait existé avant 1396. Nous croyons cependant que les Ghesellen metten handboghe, du compte communal de 137g °, formaient déjà Gilde : le nom Ghesellen semble l'indiquer t. La Gilde était fixée, depuis 1454, au Lombaerds Heester, au sud du Rolleweg, contre le rempart, dans une propriété qu'elle obtint de Pierre Adornes *. Cette propriété fut vendue, par parties, en i586 et iSgi «. La Confrérie, vu l'état délabré de son local, acheta, en iSyS, une vaste propriété comprenant ujie maison avec tourelle, construite avant i562, au sud de la rue des Carmes, contre le rempart ; et elle en prit possession, le 4 mai 1574. La tourelle, grav. p. 2o3, n'est plus celle que dessina Marc Gheeraerts. Elle a été reconstruite, vers 1570, et sa tièche fut renouvelée en i6i3 '". On a restauré les façades et la tourelle en 1899-1900. La Chapelle " ne datait que de i685 : avant cela, et sans doute depuis 1396, la Gilde célébrait ses services religieux chez les Frères Mineurs. Elle fut démolie, en 1900. La galerie couverte dans le jardin et les buts sont de 1579. — Charles II, roi d'Angleterre, et son frère le duc de Gloucester s'amusaient, pendant leur exil, à tirer ici au but ". On conserve encore une flèche en argent, avec inscription et le millésime i656, portant les armoiries du duc, qui en fit don à la confrérie. Le roi d'Angleterre figure au registre des admissions, au 3 août i656. La salle de réunion actuelle a été construite en 1662,
;vêché, Actes épisc, à cette date. ^ 4. fini., Reg. ;5. iol.99.^ 5. Plus . (Db MeïBr), Jaeri. St Sebast., 53. ^ 9. litd , soo ^ [O. AA, c i6i3, 2 et (Db Meïer), Jaerb. St SelasI.. 2:2-16. ; K. 1903. 18-29.