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C. Troisième Secteur: le sud-ouest. — i. Passage du Bourg

vers la rue Fiante, voir p. 445. L'annexe du Palais de Justice, touchant à l'impasse, à été. démolie et reconstruite (1909-10), d'après le style des anciens bâtiments du Franc, côté de l'eau. La maison, A. 3, est l'ancienne maison Blanfceiiberghe, citée souvent dans les documents. L'Ecole de St-Donaiien se trouvait, au XV« siècle, près de la porte orientale du Bourg; voir p. 292. — Les maisons B. 6-10, rue Haute, ont subi de profondes modifications. Voir la situation, en i562, sur Marc Glieeraerts, et, partiellement sur la grav. p. 4r. La maison B. 6 est dessinée (MG) à quatre travées. Elle en eut primitivement neuf, et deux de celles-ci ont servi à faire la porte, qui se trouvait d'abord dans l'impasse. La construction principale était la maison B. 8, dïie Sceipstale avant i3oo, nommée plus communément de :;ei'en torren, à raison des sept tourelles qui l'ornaient '. Elle fut construite, d'après la tradition, en i3io, par Wouter Bonin van den Gapere, un des hommes marquants à Bruges, au commencement du XIV« siècle. Nous avons parlé de cette maison, à la p. 346 ; et sa construction, vers i32o, dans la forme que nous connaissons par Marc Gheeraerts, est très admissible, surtout depuis les grattages faits en 1909. En 1340, on détacha la partie occidentale du terrain, aujourd'hui B. 6, oii les d'Haveskerke installèrent une brasserie, sous le nom de Casselberg. La maison des Zeven torren fut appelée Hôtel du Maie, après que son propriétaire, Jean Lopez Gallo, eût acheté la Baronnie de .Maie (1 558). On y annexa avant \b62,\ama\son à'wt de Frausche Schild, qui y touchait à l'est, — ancien hôtel du sire de Quesnoy, — pour y faire la porte d'entrée qu'on voit sur Marc Gheeraerts. La maison du coin, B. 10, dite Calix, au XVl": siècle, fut annexée à l'Hôtel de Maie, en 1654. En 1717, le commis van Steenlandt fit enlever les sept tourelles, remania la façade et construisit la porte, telle que nous les voyony aujourd'hui. La maison du coin, B. 10, fut reconstruite, en mauvais style, en 1899. — La maison des Sept tours abrita le Grand Collège des Jésuites Anglais (1762-73) '. L'Eiat belge a acheté la maison B. 8. en novembre 1908, avec l'intention d'y installer les services du Télégraphe et du Téléphone. — La maison B. 6, Casselberg, a éié restaurée vejs i85o, sous la direction du Baron Rethune-d'Ydewalle. C'est à lui que revient l'honneur d'avoir inauguré à Bruges, la restauration des belles façades, reprise seulement plus tard. Ici tut fondée la première conférence de St "Vincent de Paul, en i85i. Mgr. Sibour, archevêque de Paris, avait logé en la même maison, en 1849, à l'occasion du sacie de Mgr. Malou. Nous avons ici d'autre souvenirs, remontant au XVH'^ siècle. A la suite de sa défaite par Cromwell. i65i, le Roi d'Angleterre, Charles H, dut s'enfuir sur le continent. Il arriva à Bruges le 22 avril i656 avec Henry, duc de Gloucester, son fière, et habita pendant quelques mois, chez son ami Preston, dans une maison, rue Vieux Bourg, appartenant à un noble irlandais, le vicomte Tarah, dont la mère était flamande. Mais du 3 juin r656au 7 février i658, date de son départ pour Anvers, il tint sa cour au Casselberg^. et non pas la maison des Sept tours, comme on l'a dit. Il eut des démêlés avec le Conseil de F'iandre, à raison du culte protestant qu'il y faisait e.\ercer *. Pendant son séjour à Biuges, il assista, en i656, au Chapitre provincial des Carmes, tenu chez les Frères de N. D., et à la soutenance de la thèse sur la Ste Trinité qui y fut défendue à cette occasion ^. Il aimait bien le tir à l'oiseau. Nous le trouvons avec son frère, le duc de Gloucestei-, à la Gilde des Arbalétriers de St Georges, dont ils devinrent membres et bienfaiteurs " ; à la Gilde des Arquebusiers de Ste Barbe, avec le

T. Voir H^uv., Ai^. DucLOs, Ai /Jt;sjii';a(ù:s à BtiigrSt pi. V, n* l. ^ 2. Voir plus haut, p. 294 et AE, xxxiv. 4^ 3. Cfi. mou r« en trois ,o„i-s, i883, 77 ; RI3H, vi (1871) 194. i\A.secr. rcsolutie., 7 fév. l658, fol. 209. ^ 4. CE, vi. 442 ; AA, srci . résolu- . i658, fol. 2o5. 209 210. r et V. ^ 5. RDU, vi. 19}. ^ 6. RDH, II. 163-4 : VAN Pr*KT, Jatr-èotk Sl-Joris, 118-121.

duc de Gloucester et son autre frère le duc d'York, qui venait d'arriver à Bruges, le 23 septembre i656 ' ; à la Gilde des Archers de St Scoasiieii, avec Gloucester, où le Roi et son Frère restent en honneur. Nous parlerons laniôi des souvenirs qu'ils y ont laisses. Nous en avons d'autres, de leur séjour. Nous avons a Gruuthuse, un tableau de Jean vài\ Meunixhove représentant le Roi et ses frères, à la léie donnée en leur honneur chez les Arquebusiers de S'e Barbe ; un autre tableau du même peintre représente, par anaclironisme, le banquet off,;rt au Roi et à ses frères, dans la salle de Ste Barbe construite après 1662, ornée du premier tableau, du buste du Roi et du portrait du duc de Gloucester : toutes choses payées avec le doodschiild de ceu.\-ci. Remonté sur le trône, le Roi institua, en 1660, les Grenadiers du Roi, régiment recruté en Flandre. De plus, en reconnaissance de son séjour si agréable à Bruges, il vendit à la France la ville de Dunkcique, cl 1 amena l'etaple des laines anglaises à Bruges ^ ; il accorda aux brugeois, en 1666, des privilèges pour la pèche du hareng dans les eau.x anglaises ^. Un buste en marbre du roi Charles 11 se trouve au Musée Archéologique; et un portrait du duc de Gloucester, à Gruuthuse. — Dans la rue Haute, habitèrent, en i3o2 et i3o3, le tisserand Pierre de Coninc, chef du mouvement de i3o2, qui fut armé chevalier sur le champ Ue bataille de Groeninghe, et son fils Guillaume, qui fut dans le même cas : l'un dans la maison confisquée sur le k-liaai t Nicolas van Biervliet, l'autre dans celle conhsquée sur Jean Pelyt ■». — B. 12, reconstruit vers i65o, ancienne maison corporative des Orfèvres ^ à qui appartenait tout le pâté dont fait partie le n" 12, sauf quatre maisons, rue Haute. — B. 17, Het goiiden Schaek ; on y a trouvé, en 1901, une jolie porte, milieu du XI Vi= siècle, qui se trouve au Musée Archéologique *. — A. 19, rue des Chevaliers, coin de la Haute, den Schaepheerder, construction remaniée en 1906. — A. 35, den Appel^ack, enseigne qu'on y trouve encore sur la clef du linteau de la porte, qui est du XVI 1I« siècle. — A. 43, den Haecx, façade vers i58o, remaniée vers 1700, restaurée assez objectivement, en 1906. — Rue de rHydromel, dite Carolsttaet (1409), qu'on appelait Calissiraet et Meestraet au XVI« siècle. Le pont sur l'ancien rempart, nommé déjà pont de l'Hydromel, en 1440, était appelé Goedericx brucglie, au XUl^ et au XIV<= siècle, à raison de l'habitation de la famille de ce nom. 11 a été reconstruit par Jean van Oudenarde, en iBgo. Ces noms de Meestraat et Meebrugghe semblent mal traduits par « rue et pont de l'Hydromel «. Il y avait, il est vrai, des meestoven, brasseries d'hydromel, à Bruges ^ ; mais je n'en connais pas ici et c'est par ce pont qu'on allait à la Meedhalle, ou Halle à la garance, qui se trouvait au Steenhouifers dijk, au.x termes d'un te.xte de 141 3 *. Il faudrait donc dire : rue de la Halle à la garance. La garance servait à la teinture ?. — Rue Hertsberghe, anciennement cleen peerdenstraetken. L'antique Abbaye de Cysoing, à deu.t lieues et demie au sud-est de Lille, avait des terres au Bulscamp-velt, sur Oostcamp, du temps de Thierry d'Alsace, dans lesquelles elle fonda une Prévôté, avant 1149'". L'Abbaye de St Martin, de Tournai, avait une maison à Bruges, rue d'Hertsberghe, B. 4, derrière la maison de l'Abbaye de St Winoc, à Bergues, qu'elle vendit à l'Abbé de Cysoing, en 1 5o3, et qui servit de Refuge au.ï religieu.x de la Prévôté de St Arnould et Ste Gertrude, d'Oostcamp. Celte maison passa par vente, en 1393, à ceu.x de St-Donaiien, qui vendireni à la Prévôté la propriété conligue, à l'est, B. 6 8. Celle-ci servit de Refuge jusqu'en i663, et fut alors louée à des

1. /àiJ , 164. !|^ 2. CK. VI. 447. ^ 3. R 1903, i8-2q ; A.*, secr. resoliilir.b. 1666-7,4. fol. 2 et 17, ^ 4. Ad. Duclos, Oii-ie HtUtnvan i3oi, r é.lii. .qn!, 3.8; KDH, xvil. 193, ^ 5. Coi r.i;cz, .i la p. 396: :iu roin de l.i rue de IHydromel. ^6 Gr.iv. H«U. Militti ,/ai I. V. 340 ; Cli . AuM Hhins, Coups cCœil et Cuiifs d, plume. 11. 10,20. ^ 7. Cfr. AE, 111.I11. 71. 29,! ; GG. 892 ; IJ. 5oa. '^ «. I. V. 32b; cir. KDH, xv. 19R. ^ 9. GT, 207. ^ 10. Documents, K,1I. 240-g8.

particuliers, jusqu'à la fin du XYIIIi^ siècle. — Rue du cheval, entre la rue Haute et celle des Dominicains. Elle portait déjà ce nom au XV'= siècle ; mais s'appelait anciennement Bachteii Gmuibelels, d'un nom de famille. On l'appelait aussi Ruddersti aethin, au XVI'^ siècle. Le pont, grav. p. 1 16, reconstruit en 1642, a porté le même nom de Goudbetelsbritgge. On a supprimé; en 1862, l'abreuvoir pittoresque qui s'y trouvait. — Par la rue du Calice [Culcstraet, rue du coussin, dès le X1II« siècle), nous arrivons à la rue du Fil {Tiiinslrate, i3o2). Doit-elle son nom à la maison de la famille Twi:i, ou cette famille prit-elle son nom au tuin, ou clôiure par une haie ou par des claies d'osier tressé, qui entourait le Malleiiberg ' ? — Maison les trois rois, A. 7, grav. p. 36 1, habitée par M. Alfred Ronse, ancien échevin, qui la fit restaurer avec beaucoup de soin en 1874. Elle est ornée de bas-reliefs, dont deu.v représentent la Vanité et l'Adoration des mages. Elle porte le millésime 1628. Ferdinand Michiels obtint de la Ville 12 livresde gros, à titre de récompense pour la bâtisse de cette façade. Ses armes se trouvent sur l'écusson, tenu par le lion, posé au sommet du pignon. Les bas-reliefs avaient été couverts de plâtrage en 1796: ils auraient pu offusquer les idées de liberté d'alors; mais le plâtrage fut enlevé en 181 3. — Plus loin, bourdon de porte, lôJg, grav. p. 226. — La carte tivynstraet est devenue la rue de Middelbourg, d'après la taverne de ce nom qu'on y trouve vers i56o. Borne de juridiction, vers 1640, semblable à celle qui est représentée, la seconde, à la p. 94.

2. La Place Mallenberg- porte ce nom, avec variantes orthographiques, dans les actes notariés du XVI« siècle. Elle n'a pas d'autre nom, aujourd'hui encore, dans la bouche du peuple. S'agit il d'une réminiscence du Mallobergium de la Loi Salique, où l'on tenait les Malla, les Placiia ? Chose singulière, ce serait le seul de ces lieux judiciaires, dont le souvenir se serait conservé en Flandre. Cette place est désignée sous le nom de Place Maubert, avec toutes ses variantes orthographiques, dès 1396. On constate que mal évolue en mau, dans tous les dialectes provençau.x et français. Maubert peut venir de Malberg; mais la question reste contestable ^ — Maisons A. 43, iô33, et A. 7-1 3, bâties sur l'emplacement de la maison, dite O/i^e Vrouive van Montserrat *, reconstruite vers i35o, dont la porte a été transférée, en 1869, à l'Ecole moyenne, 1 ue du Verger. — Le c voisinage » de la Place Mallenberg possède un autel en décor, peint par Jean Antoine Garemyn, qu'on utilise lors des Processions. Le tableau est remisé au Musée Archéologique. — Rue des Armuriers {Wapeinakersstrale, iSqS). Ce nom s'appliquait, au XVIe siècle, à la rue actuelle des Armuriers et quelquefois à son prolongement, la rue de l'Outre. Cette rue doit être une des premières rues du Suburbium : les armuriers se sont naturellement fixés près du Château ou Burg.— Maison A. i3, 1640, restaurée 1879. Sur le tympan au-dessus de la porte on a découvert des peintures à la détrempe, où l'on pouvait reconnaître encore des personnages vêtus à l'Espagnole '. A. 5, de gotide cam, appartenait totalement à Jean van Oost et Gérardine, sa femme, en vertu d'un acte du i5 novembre 1617. Jacques van Oost, le vieux, est probablement né en cette iiKiison, entre lôoo et i6o5. On y a placé en iqo6, à l'occasion de la restauration de la façade, une plaque commémorative. — Rue Ste Walburge, connue par un texte de i25i : platea Sic Walburgis. Ce nom vient de la chapelle comtale dédiée à cette sainte, devenue église paroissiale, en 1239 ^. Le cimetière s'étendait jusque contre les maisons de la rue St-Jean. L'église tombait en ruines, en 1778 K Voir les gravures, pp. 32. 35. Un décret impérial

i.Cfr. VS.48;Gr, 406;IJ,3Si Flandr. eihn., 284-286 ; 514. 5i5. ij. 4. Etat ecclésiastique de cette église, en

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