‹ BrugesChapitre 14 sur 137 · I. VS.AE.xxvii. il · texte numérisé non relu

I. VS.AE.xxvii. il

il ne semhie pas exagéré de dire qu'à l'époque de la grande prospérité de la ville, il put y avoir dans l'échevinage de Bruges cinquante mille persoit tisserands, soit foulons,

xportalion ; par sa siiuation.

GRANDEUR ET DÉCADENCE. Sg

Sans vouloir faire remonter l'importance de notre draperie aux étoffes de laine et aux serges [saaie) des anciens Morins, à l'époque de la domination romaine, nous constatons que, dès le XHI'^ siècle, Jeanne de Coiistantinople fit tout ce qu'elle put pour aitiier les tisserands en Flandre ', et qu'au Y^W'^ siècle la draperie éiait florissante à Ypres, Poperinghe,Gand et Bruges. La draperie resta la grande indiisiiie flamande, au moyen âge.

L'impoiiance absolue des métiers au WV<^ siècle ressort de toute la lutte menée contre la Fiance; et s'il fallait un fait topique, pour moiiUer combien celte nnporlance était considérable, il suflirait de due que le comte Robert ue Béihune ne piii fane la paix d^QC eu.\, en i3o8, qu'après bien des pourparlers -.

Les corps de métiers, à cette époque, jouissaient d'une large autonomie ; mais ils étaient des sous-vassau.x de la commune, envers laquelle ils avaient des obligations comme de vassal à seigneur, et sous les règlements de laquelle ils vivaient. Mais les lèglements se faisaient du consentement commun du prince, des échevins et du conseil de la corporation ■'. Le bourgmestre du corps de la ville et ses conseillers les sui VL'ill.iieni ,

Nous ne pouvons surcharger notre te.\te des références, pour lous les détails qui suivent; mais nous analysons les documents ■*. Le doyen et les ViiiJers ou conseilleis jurés du métier étaient réélus par la corporation, tous les ans. Le doyen devait être né à Bruges ; le droit de bourgeoisie, fùt-il acquis par achat, suffisait pour les autres. Le doyen et les Vinders doivent être maîtres jurés oli compagnons jures. Dans chacune des quatre sections (/îoe/f^H) de certains grands métiers, les compagnons eliseni lieux maîiies, et les maîtres, deux compagnons. Sur ces huit maîtres et huit compagnons, les Echevins choisissent la moitié de chaque classe, de manière à ce que chaque section ait ses propres chefs; et, parmi ceux qui sont ainsi désignés, les échevins choisissent le doyen. C'est une élection à deux degrés.

Le pouvoir des neuf grands doyens ou chefs des membres de la Ville était grand. Chacun d'eux avait une clef du coffre aux privilèges, abrité derrière les quatre portes en fer battu, qu'on voit encore au second étage du Beffroi, dans la pièce qu'on appelait la Trésorerie ou comptoir secret. La dixième clef était confiée au bourgmestre de la commune. Le grand sceau aux obligations de la ville était conservé dans le coffre aux privilèges, et les corporations avaient ainsi une surveillance efficace sur les actes de l'administration, qui devaient être authentiqués par le sceau.

En 1448, il y avait dix-huit grands doyens; nous constatons qu'en 1412, il y avait, à Bruges, cinquante-quatre doyens de métiers.

Les métiers choisissaient leurs représentants pour le corps des cent-hommes devant lesquels se rendaient les comptes de la ville. Puis, ils firent partie, en corps, du Troisième banc de la commune.

En i3o4, les gens de métier élisaient 9 des i3 échevins et g des i3 conseillers. Les hommes des métiers pouvaient faire partie du magistrat; mais, dans ce cas, ils ne pouvaient assister aux réunions de leur corporation, ni y prendre part aux votes pendant toute la durée de leur mandat.

Le métier a droit de bannière et droit de sceau, deux droits seigneuriaux.

Les six chefs-hommes et les cinquante-quatre doyens pouvaient, en tout temps, charger un mandataire pour faire valoir leurs vœux auprès des magistrats de la com-

issiin ; ^ EB. 1. 2 Cliiirle des pijnde

GRANDEUR ET DECADENCE

mune '1477). On tenait donc des réunions plénièies de tous les doyens, au sujet desquelles Marie de Bourgogne prit des dispositions, en la même année. Nous parlerons de l'organisation militaire des corporations, quand nous traiterons de l'armée brugeoise.

Voici quelques renseignements si

On payait un droit pour deveni

également sa franchise. L'on ne pou ■ai

r I organisation intérieure des corps de métiers, apprenti; l'apprenti devenant maître, achetait devenir franc-maître avant un certain âge. Dans certains métiers, comme celui des tisserands (ordonnance de 1465), on ne pourra être admis à l'apprentissage qu'à quatorze ans; on fera quatre ans d'apprentissage ; alors on devient compagnon; on fera le compagnonnage pendant au moins un an avant de pouvoir acheter sa franchise de maître. 11 y avait là donc trois degrés. Les fils de francs-maîtres

k^iS^t^ ilif T IM I 1^-^ ' *""* dispensés du compagnonnage.

» wÊ lî' llf'r 'il r* ■ ^fH L'homme de métier était justi-

^„J-^^\ 'P - HFf Hpf? ^T' ciable de ses doyen et jurés, pour

^ i#r I liFf Ht l^ .HTF' 'ÎH[ ix la qualité de sa marchandises ou de

son travail.

La keure des foulons et un projet de keure pour les tondeurs de draps et de serges, de i3o4, nous apprennent encore quelques détails qui ï- appliquent aussi à l'organisation intérieure d'autres corps de métiers.

Le terme en-déans lequel l'ou- \rage doit élre aciievé, est stipulé.

I.on ne peut excéder, en un jour, une certaine quantité du travail.

Les pièces d'étoffe ont une longueur légale et doivent être poinçonnées.

L on ne peut entreprendre qu'à la journée, à moins que maître et garbitie vers 1480, çon ne soieiit sans ouvrage. Ceu.v

qui gâtent méchamment leur ouvrage — la presse contemporaine appelle cela du sabotage — sont punis par les jurés du métier. Des dispositions très précises garantissaient le payement du salaire de l'ouvrier. Tout foulon peut faire tisser à quatre métiers.

Quand on est flamand et qu'on fait preuve d'avoir terminé son apprentissage dans une ville de Loi où e.xiste une Keure pour la draperie, on peut être admis par les jurés, à moins d'avoir été renvoyé d'une autre ville, pour inconduite.

PhuL.gr.

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cinq sous vaillant de vêtements; qui avaient escroqué des fourniqui tiennent gargote, ceux qui

Keiire, sauf son métier à autoiu' de la de nuit est réunion du

Ne pouvaient être admis ceux qui n'avaient pas pou celui qui était de mauvaises mœurs ou excommunié; ceu tures ou des vivres; ceux qui jouent avec des dés pipés usent de violence ou jouent sur la place publique.

Chaque homme de métier avait le privilège de son genre d'ouvrage. L'on ne pouvait cependant réunir plus d'une maîtrise; ni refuser l'ouvrage reconnu par exceptions stipulées. L'homme de métier de Bruges pouvait exercer a us Sliiiis; mais à part cela, il ne pouvait l'exercer dans un rayon dune iiei ville. L'on ne travaille pas après l'heure, sauf exceptions, et le liav entouré de précautions '. Le samedi après midi, on chôme pour aller à corps.

Les doyens et les prud'hommes, en eflet, chaque samedi une des quatre sections, poiii « taire loi et justice «, et les absents sont punis d'amende.

Les amendes se partagent par tiers entre le Comte, la Ville et la Corporation ; sauf quelques-unes qui passent entièrement soit à la Corporation, soit aux prud'hommes du métier.

Le doyen et les receveurs, comme aussi le chapelain, le cnape jouissaient d'une idemnité et de livrées. Beaucoup de métiers avaient des ménestrels attitrés.

Les Keiirbesoeken et le Kenrgherecht réglaient les difficultés ^.

Chaque métier avait sa maison corporative. Nous en signalerons plusieurs, qui sont très luxueusement construites, dans nos promenades à travers la ville. Nous y rencontrerons aussi des chapelles de corporations, quoique la plupart aient disparu. Les grandes corporations seules avaient leurs chapelles à elles. Les autres avaient l'usage d'une chapelle ou d'un autel, dans l'une ou l'autre des églises paroissiales ou religieuses de la ville.

Telle est, en gros, roigaïusaiion d'une de nos grandes corporations. Les autres en avaient une semblable, modifiée, de temps en temps, d'après les circonstances.

Nous y voyons comment le moyen âge résolvait la question de l'organisation du travail. Au X'Vl 11^ siècle, la liberté du trav. est tombée à la révolution française.

des métiers s'élargit ^ Cette organisation

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